1 octobre 2013 / 05:35 / il y a 4 ans

Première mesure en 15 ans pour contenir la dette du Japon

Etal dans Tokyo. Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a annoncé un relèvement de la taxe sur la valeur ajoutée de 5% à 8% à partir du 1er avril 2014 afin d'améliorer les finances publiques. /Photo prise le 30 septembre 2013/REUTERS/Yuya Shino

par Tetsushi Kajimoto et Stanley White

TOKYO (Reuters) - Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a annoncé mardi une décision qu‘aucun de ses prédécesseurs n‘avaient osé prendre au cours des 15 dernières années : le relèvement du taux de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) afin de commencer à reprendre le contrôle de finances publiques à la dérive.

Dans la foulée de la publication par la Banque du Japon (BoJ) d‘une enquête trimestrielle montrant que les grandes entreprises n‘ont jamais été aussi optimistes depuis six ans, Shinzo Abe a précisé que la TVA passerait de 5% à 8% à partir du 1er avril 2014.

Encouragé par cette enquête de la Banque du Japon - connue sous le nom de Tankan - et par une série d‘indicateurs montrant que la troisième économie mondiale est sortie de sa léthargie depuis son arrivée au pouvoir fin 2012, Shinzo Abe a décidé de passe outre le traumatisme de 1997.

La décision du Premier ministre de l‘époque - Ryutaro Hashimoto - de faire passer le taux de TVA de 3% à 5% avait été suivie peu de temps après d‘une sévère récession pour le Japon.

Ce tour de vis fiscal n‘a jamais été considéré par les économistes comme le seul élément déclencheur de la récession - il y avait également la crise financière en Asie puis les difficultés du secteur bancaire japonais - mais cela n‘a pas empêché toute hausse de la TVA de devenir un sujet tabou pendant des années.

Pour minimiser les risques de voir une TVA plus élevée peser sur la croissance retrouvée du Japon, Shinzo Abe compte d‘ailleurs annoncer un nouveau plan de relance budgétaire représentant quelque 5.000 milliards de yens (37,6 milliards d‘euros).

La hausse de la TVA est censée augmenter les recettes fiscales de l‘Etat de 8.000 milliards de yens par an.

PAYS DÉVELOPPÉ LE PLUS ENDETTÉ

L‘endettement du Japon représente aujourd‘hui plus de 200% du produit intérieur brut (PIB), ratio, de loin, le plus élevé parmi les pays développés. Et le déficit budgétaire est de l‘ordre de 10% du PIB, proportion particulièrement élevée pour une nation qui a été relativement préservée de la crise financière de 2007-2009.

La semaine dernière, Standard & Poor’s avait dit que le Japon pourrait voir sa note abaissée s‘il ne réduisait pas le déficit de l‘Etat.

Certains économistes pensent que, malgré la décision annoncée mardi, le gouvernement aura du mal à atteindre son objectif de diviser par deux le déficit - hors service de la dette - d‘ici fin mars 2016 puis d‘arriver à l‘équilibre primaire cinq ans plus tard.

Shinzo Abe fait en effet le grand écart entre des mesures de relance monétaires et budgétaires - son premier objectif économique affiché lors de son arrivée au pouvoir a été celui de sortir le Japon de la déflation - et la pose de fondations permettant une reprise en main des finances publiques avant qu‘il ne soit trop tard.

Même si elle a effacé une bonne partie des gains accumulés en séance après la publication du Tankan, la Bourse de Tokyo a quand même terminé en hausse de 0,20% dans la foulée de l‘annonce du relèvement de la TVA, les économistes saluant le fait que Shinzo Abe soit allé au bout du son projet fiscal.

Certains notent que le plan de relance actuellement en préparation - qui comprendra des dépenses publiques en vue de la préparation des Jeux Olympiques 2020 récemment attribués à Tokyo - devrait ajouter entre 0,5 et 0,6 point de PIB à la croissance de l‘exercice fiscal 2014-2015.

Une partie des mesures de relance profitera aux particuliers, comme le coup de pouce prévu à ceux qui veulent acheter une maison, mais l‘essentiel du dispositif a été pensé en fonction des entreprises.

Comme la hausse de la TVA touchera, elle, directement les consommateurs, certaines voix critiques ne manqueront pas de s‘élever pour dire que les mesures du Premier ministre, résumées sous le terme “Abenomics”, favorisent le patronat au détriment du salariés.

Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par Véronique Tison

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