28 septembre 2013 / 15:01 / il y a 4 ans

Les républicains inflexibles, fermeture d'administrations en vue

par Thomas Ferraro

Vue du Capitole, siège du Congrès américain à Washington. Les républicains de la Chambre des représentants tenant bon samedi sur une condition-clé qu'ils posent au vote d'une extension du financement de l'administration américaine, la perspective de la première fermeture des services fédéraux en 17 ans se dessine de plus en plus. /Photo prise le 27 septembre 2013/REUTERS/Larry Downing

WASHINGTON (Reuters) - Les républicains de la Chambre des représentants tenant bon samedi sur une condition-clé qu‘ils posent au vote d‘une extension du financement de l‘administration américaine, la perspective de la première fermeture des services fédéraux en 17 ans se dessine de plus en plus.

Le débat budgétaire se double en outre d‘inquiétudes liées au plafond de la dette autorisée -16.700 milliards de dollars- qui, selon le secrétaire au Trésor Jack Lew, serait atteint au plus tard le 17 octobre.

Bien qu‘une solution provisoire, prévoyant une prorogation de dix jours du financement des administrations ait été évoquée vendredi, aucun signe ne permet de penser qu‘un accord pourrait être trouvé d‘ici la date-butoir du 1er octobre, début de l‘année fiscale, entre les démocrates, majoritaires au Sénat, et les républicains, majoritaires à la Chambre.

La dernière fermeture des services administratifs, du 16 décembre 1995 au 6 janvier 1996, était due à la guérilla budgétaire entre l‘administration démocrate de Bill Clinton et les républicains, conduits par le président de la Chambre des représentants d‘alors, Newt Gingrich.

Sans surprise, le Sénat a adopté vendredi et transmis immédiatement à la Chambre des représentants un projet de loi destiné à assurer jusqu‘au 15 novembre le financement des administrations fédérales, afin d‘éviter leur fermeture, ou “shutdown”.

Les républicains de la Chambre entendent l‘amender en y incluant plusieurs dispositions controversées, notamment dans le but d‘empêcher le financement pendant un an de la nouvelle loi sur l‘assurance santé, l‘un des textes emblématiques de l‘administration Obama.

Le représentant républicain Tom Graves a annoncé vendredi que lui et 61 de ses collègues parlementaires allaient insister pour que le financement de l’“Obamacare”, qui doit être lancé au 1er octobre, soit retardé d‘un an.

Si les républicains mettent à exécution leur menace d‘amender le projet en privant l‘Obamacare de financement, il y a tout lieu de penser que le Sénat rejettera la nouvelle mouture du texte. Et si le Congrès n‘adopte pas un texte de loi d‘ici lundi en fin de journée, l‘administration Obama ne sera plus en mesure de débloquer des fonds pour faire marcher au quotidien certains de ses services.

CHÔMAGE TECHNIQUE

Les dépenses pour les services jugés essentiels, comme ceux touchant à la sécurité nationale, continueront d‘être assurées, de même que celles de la sécurité sociale et des caisses de retraite, mais des retards dans les remboursements seront sans doute à prévoir.

Huit cent mille fonctionnaires fédéraux seront mis au chômage technique, avec, en toile de fond, par exemple, la fermeture des musées et des parcs nationaux du pays, ce qui saperait l‘image des Etats-Unis auprès des touristes.

Les demandes de passeport de dizaines de milliers d‘Américains ne seraient plus traitées, de même que les demandes de visa d‘étrangers désireux de se rendre aux Etats-Unis, ce qui affecterait par contrecoup les compagnies aériennes.

De nombreuses agences fédérales seront de leur côté priées de réduire le champ de leurs activités. Les services de justice pourraient être affectés dans une certaine mesure.

Pour les marchés financiers, l‘un des aspects visibles de cette paralysie serait le report de la publication d‘un certain nombre de statistiques, qui priverait les investisseurs d‘informations cruciales.

Dans son allocution hebdomadaire, Barack Obama a accusé les républicains de chercher à “apaiser une faction extrémiste de leur parti” désireuse de déclencher “une crise qui fera du mal aux gens dans le seul but d‘appliquer des projets idéologiques”.

Vendredi, il avait appelé le camp républicain à la Chambre des représentants à cesser de “faire l‘intéressant” pour permettre l‘adoption d‘un texte de loi.

Le président américain et le camp démocrate ne sont pas les seuls à se lasser de ce feuilleton. La Chambre américaine du Commerce a ainsi exhorté le Congrès à adopter au plus vite une loi de financement pour éviter tout risque de “shutdown” et à relever le plafond de l‘endettement.

Les craintes alimentées par les discussions budgétaires ont pesé vendredi sur le dollar, tombé en séance à un plus bas de sept mois et demi contre le franc suisse et sous 1,35 dollar contre un euro. Parallèlement, le coût de l‘assurance contre un défaut de la dette américaine a progressé à un plus haut sans précédent depuis mai.

Avec Mark Felsenthal, Susan Heavey, Rachelle Younglai et David Lawder; Marc Angrand, Nicolas Delame et Eric Faye pour le service français

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below