26 septembre 2013 / 08:01 / il y a 4 ans

Alitalia n'a guère de chances de survie sans Air France-KLM

Cinq ans après avoir été sauvée de la faillite, Alitalia est à nouveau au bord du gouffre et pourrait devoir mettre la clef sous la porte si elle ne parvient pas à convaincre Air France-KLM, son principal actionnaire avec 25% du capital, du bien-fondé de sa nouvelle stratégie. /Photo d'archives/Charles Platiau

par Agnieszka Flak

MILAN (Reuters) - Cinq ans après avoir été sauvée de la faillite, la compagnie aérienne italienne Alitalia est à nouveau au bord du gouffre et pourrait devoir mettre la clef sous la porte si elle ne parvient pas à convaincre Air France-KLM, son principal actionnaire avec 25% du capital, du bien-fondé de sa nouvelle stratégie.

Depuis son rachat par un consortium d'investisseurs italiens au début de 2009, le transporteur a cumulé une perte nette de 840 millions d'euros, est endetté à hauteur d'environ un milliard et va rapidement se retrouver à court d'argent.

Le projet d'Alitalia de devenir un acteur régional de premier plan a échoué sous les coups de boutoir de la concurrence, d'une part, des compagnies à bas coûts telles Ryanair et EasyJet et, d'autre part, des trains à grande vitesse entre Rome et Milan, route qui était autrefois hautement lucrative pour l'ancien monopole public.

Le nouvel administrateur délégué d'Alitalia, le spécialiste du redressement d'entreprises Gabriele Del Torchio, a déjà élaboré un plan visant à développer les lignes long-courrier d'Alitalia, segment plus rentable que le court et moyen-courrier.

Mais, pour ce faire, Alitalia a besoin des financements nécessaires à l'achat d'avions capables de réaliser des vols intercontinentaux.

Selon l'entreprise, cette nouvelle orientation de ses activités lui permettrait d'atteindre l'équilibre en 2015 et de renouer avec les bénéfices l'année suivante.

Lors d'une réunion du conseil d'administration prévue ce jeudi, Gabriele Del Torchio devrait demander le feu vert à une augmentation de capital de 200 millions, qui serait peut-être souscrite par Air France-KLM, ont dit des sources proches du dossier.

Ces dernières ont ajouté que l'administrateur délégué solliciterait par ailleurs l'approbation pour un nouvel emprunt, qui devrait également être de l'ordre de 200 millions d'euros.

Alitalia, dont la perte a été multipliée par quatre en 2012, a annoncé il y a deux mois avoir besoin d'une injection d'argent frais de 300 millions d'euros pour continuer à fonctionner.

POSITION ATTENTISTE D'AIR FRANCE-KLM

Air France-KLM, qui devrait accuser en 2013 son sixième exercice fiscal de pertes, a déclaré lundi attendre davantage d'informations de la part d'Alitalia pour statuer sur un éventuel relèvement de sa participation.

Le ministre italien des Transports, Maurizio Lupi, a déclaré lundi que l'Italie ne s'opposerait pas à ce qu'Air France-KLM porte à 50% sa part dans Alitalia.

Mais, selon les analystes financiers, la compagnie franco-néerlandaise ne s'engagera pas davantage dans le capital d'Alitalia sans un certain nombre de conditions, notamment en ce qui concerne la dette du transporteur italien.

"Alitalia n'est "reprenable" que si la totalité de la dette est effacée. Je peux comprendre que les Italiens cherchent désespérément une solution avant le dépôt de bilan mais je ne suis pas sûr qu'ils y arriveront", a noté une source bancaire.

"J'imagine que, pour des raisons évidentes, Air France-KLM a fait savoir très tôt qu'il était hors de question qu'elle consolide la dette (...)."

En outre, Air France-KLM pourrait avoir un mot à redire au sujet de la stratégie long-courrier de Gabriele Del Torchio, qui est susceptible d'entrer en collision avec des propres ambitions sur ce segment.

Selon les analystes financiers, Air France-KLM pourrait être tentée de suivre l'exemple de Lufthansa, qui utilise Vienne et Zurich pour canaliser les voyageurs vers ses vols long-courrier partant de ses plates-formes de correspondance ('hubs') que sont Francfort et Munich.

Alitalia pourrait, de la même manière, servir de point d'entrée aux deux principaux "hubs' d'Air-France-KLM, reliant ainsi Rome à la côte Est des Etats-Unis et à certaines parties d'Afrique.

"A mon avis, Air France-KLM envisage plus ou moins la même stratégie (que Lufthansa) : les aéroports Roissy-Charles-de-Gaulle et Schiphol (à Amsterdam) restant les principaux hubs, une partie du réseau de la compagnie pouvant être exploité par Alitalia sur des vols point à point", note Yan Derocles, analyste chez Oddo Securities.

"C'est la seule solution pour Alitalia."

Avec la contribution de Matthias Blamont, Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Nicolas Delame

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