4 septembre 2013 / 07:59 / il y a 4 ans

Ryanair avertit sur ses résultats, le titre plonge

Ryanair a averti mercredi que son objectif de résultat net pour l'exercice serait difficile à atteindre du fait de la concurrence qui l'oblige à maintenir des prix bas tandis que les politiques d'austérité en Europe et la dépréciation de la livre affectent la demande. /Photo d'archives/Albert Gea

par Conor Humphries

(Reuters) - Ryanair, la première compagnie à bas coûts européenne, a averti mercredi que son objectif de résultat net pour l'exercice serait difficile à atteindre du fait de la concurrence qui l'oblige à maintenir des prix bas tandis que les politiques d'austérité en Europe et la dépréciation de la livre affectent la demande.

La compagnie aérienne irlandaise, qui dépassait habituellement le consensus ces dernières années, dit s'attendre désormais à un bénéfice net situé dans le bas de la fourchette précédemment évoquée de 570 à 600 millions d'euros, voire en-deçà si la tendance actuelle se maintient l'hiver prochain.

Si les prix restent bas jusqu'à la clôture de l'exercice en cours en mars 2014, les profits "pourraient même être légèrement inférieurs", a déclaré Michael O'Leary, le directeur général de la compagnie.

A la Bourse de Dublin, l'action Ryanair plongeait de 13,04% à 5,895 euros vers 12h45 GMT, à un plus bas de cinq mois, entraînant dans sa chute l'ensemble du secteur européen.

Bien que plusieurs indicateurs économiques récents aient conforté le scénario d'une sortie de récession de la zone euro, Ryanair a fait état d'un recul sensible des réservations pour les mois à venir. La baisse de la livre sterling a affecté la demande tout en augmentant les coûts opérationnels en Angleterre, où le groupe réalise un quart de ses facturations.

Le directeur financier de la compagnie, Howard Millar, a précisé que la baisse du sterling aurait un impact négatif sur les profits annuels à hauteur de 50 millions d'euros.

PRESSIONS SUR LES PRIX

"Je n'ai aucun doute que le marché sera plus déprimé dans les prochains mois que ce à quoi s'attend l'industrie et nous répondrons à cela en étant les premiers à réagir et étant offensifs sur les prix", a déclaré Michael O'Leary.

Il est trop tôt pour dire que le ralentissement constaté chez Ryanair concerne l'ensemble du secteur, ont toutefois souligné des analystes.

"Les concurrents de Ryanair n'ont certainement pas indiqué qu'ils constataient une faiblesse de cette nature mais Ryanair a plutôt anticipé les tendances dans le passé", a déclaré Stephen Furlong, analyste chez Davy Stockbrokers.

Pour Michael O'Leary, les analystes étaient devenus trop confiants au fil des années et de résultats qui ont toujours dépassé leurs anticipations.

Le consensus des analystes réalisé par Reuters avant ces annonces anticipait un bénéfice net de 645 millions d'euros pour l'exercice en cours contre 570 millions au titre de l'exercice précédent.

En 2009, en pleine récession mondiale après l'éclatement de la crise financière, Ryanair avait déjà averti que ses profits se situeraient dans le bas de la fourchette annoncée. La compagnie avait d'ailleurs publié des profits en recul au titre de cet exercice.

"C'est un communiqué qui surprend et qui est en contradiction avec les annonces d'autres compagnies aériennes et des déclarations de Ryanair elle-même lors de sa journée de présentation aux investisseurs en juin", a relevé Donal O'Neill, analyste chez Goodbody Stockbrokers.

En réponse à la baisse des réservations, la compagnie à bas coûts va réduire ses capacités à 81 millions de sièges sur l'exercice en cours, soit 500.000 de moins que prévu jusqu'à présent. Elle va proposer en outre des "promotions agressives", notamment au Royaume-Uni, en Scandinavie, en Espagne et en Irlande.

Michael O'Leary a dit disposer d'éléments montrant que des compagnies comme Norwegian, Aer Lingus et Easyjet avaient baissé leurs prix, ce qui a entraîné "une chute visible" du revenu moyen par passager transporté pour les mois de septembre, octobre et novembre.

En début de journée, avant l'annonce de Ryanair, UBS a réduit sa recommandation sur la valeur à "neutre" au lieu d'"achat", avec un objectif de cours ramené de 7,60 à 7,30 euros.

Véronique Tison et Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand

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