21 août 2013 / 16:54 / il y a 4 ans

Berlin et la BCE calment le jeu sur un 3ème plan d'aide en Grèce

Jörg Asmussen, membre du directoire de la BCE, à Athènes. Joignant sa voix à celle de l'Allemagne, la BCE s'est efforcée mercredi de calmer les spéculations sur l'éventualité d'un troisième plan d'aide à la Grèce, tout en réaffirmant qu'Athènes pourrait compter sur le soutien de la zone euro tant qu'elle respecterait ses engagements. /Photo prise le 21 août 2013/John Kolesidis

par Harry Papachristou

ATHÈNES (Reuters) - Joignant sa voix à celle de l'Allemagne, la Banque centrale européenne (BCE) s'est efforcée mercredi de calmer les spéculations sur l'éventualité d'un troisième plan d'aide à la Grèce, tout en réaffirmant qu'Athènes pourrait compter sur le soutien de la zone euro tant qu'elle respecterait ses engagements.

S'exprimant dans la capitale grecque au lendemain des déclarations du ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, sur un possible troisième plan d'aide, Jörg Asmussen, membre du directoire de la BCE, a déclaré que cette question n'avait pas été évoquée dans ses discussions avec les responsables politiques grecs.

Il a préféré mettre l'accent sur la promesse faite l'année dernière par la zone euro de soutenir la Grèce jusqu'à ce qu'elle puisse retourner sur les marchés pour se financer, à condition qu'elle respecte les obligations contenues dans les programmes d'aide et qu'elle dégage un excédent budgétaire primaire (hors services de la dette).

"C'est une décision qui a été prise en novembre dernier, c'est de notoriété publique et il n'y a rien de neuf et rien à ajouter", a dit Jörg Asmussen.

"Nous ne saurons pas avant le printemps prochain si le pays a dégagé un excédent primaire sur une base annuelle."

Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, avait déclaré plus tôt que l'éventualité d'un troisième plan n'était pas exclue, tout en disant qu'il existait d'autres options.

"La soutenabilité de la dette peut, par exemple, être renforcée par l'allongement de la durée des prêts", a-t-il précisé dans un entretien publié par le journal finlandais Helsingin Sanomat.

En pleine campagne pour les élections du 22 septembre en Allemagne, Wolfgang Schäuble a pour la première fois publiquement déclaré mardi que la Grèce aurait besoin d'un troisième plan d'aide, en plus de 240 milliards d'euros prévu dans les deux programmes couvrant la période 2010-2014.

PAS DE DÉCISION AVANT LA MI-2014, DIT BERLIN

Son ministère a souligné mercredi que la zone euro ne prendrait une décision sur l'avenir du plan d'aide qu'à la mi-2014 et que Berlin n'avait pas connaissance de discussions sur la structure d'un éventuel nouveau plan.

Mardi, un responsable du ministère grec des Finances avait dit à Reuters qu'un éventuel troisième plan d'aide pour la Grèce servirait à boucler le plan de financement du pays sur la période 2014-2016.

Il avait ajouté que, le cas échéant, les sommes en jeu n'auraient rien à voir avec celle déjà précédemment engagées. Le mois dernier, le Fonds monétaire international (FMI) a estimé à 10,9 milliards d'euros les trous dans le plan de financement de la Grèce sur 2014-2015.

En attendant cet éventuel troisième plan d'aide, Jörg Asmussen doit évaluer si la Grèce a accompli suffisamment de progrès dans la mise en oeuvre des mesures exigées par la BCE, l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) pour être éligible à la nouvelle tranche, d'un milliard d'euros, prévue en octobre dans le cadre des plans actuels.

Cet automne, la troïka (FMI, BCE et Union européenne) retournera en Grèce pour déterminer si Athènes doit procéder à des économies supplémentaires afin de remplir les objectifs budgétaires 2015-2016.

Le produit intérieur brut (PIB) grec a affiché un recul de 4,6% sur un an au deuxième trimestre, une contraction inférieure aux attentes, mais qui n'en signifie pas moins que le pays connaîtra en 2013 sa sixième année consécutive de récession.

De ce fait, les recettes fiscales continuent de ressortir à un niveau en-deçà des objectifs, ce qui plombe le budget.

Sur le marché obligataire, le rendement des obligations souveraines grecques à 10 ans était de nouveau orienté à la hausse mercredi, à 10,144% en fin de journée. Il reste toutefois nettement inférieur à son niveau de début juillet, proche de 11,7%.

Benoit Van Overstraeten et Nicolas Delame pour le service français, édité par Marc Angrand

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