23 juillet 2013 / 06:04 / dans 4 ans

KPN vend sa filiale allemande à Telefonica Deutschland

KPN a officialisé la cession de sa filiale allemande E-Plus à Telefonica Deutschland pour 5 milliards d'euros en numéraire et une part de 17,6% dans l'entité fusionnée. /Photo d'archives/REUTERS/Vincent Boon

par Robert-Jan Bartunek et Clare Kane

BRUXELLES (Reuters) - KPN a officialisé mardi la cession de sa filiale allemande E-Plus à Telefonica Deutschland pour 5 milliards d‘euros en numéraire et une part de 17,6% dans l‘entité fusionnée qui la valorise à 8,1 milliards d‘euros.

Selon KPN, cette transaction, qui doit encore recevoir le feu vert des autorités de régulation et des actionnaires, est de nature à créer de 5 à 5,5 milliards d‘euros de synergies dans la téléphonie en Allemagne.

KPN, contrôlé par l‘homme d‘affaires mexicain et première fortune mondiale Carlos Slim, entend désormais se recentrer sur ses marchés clés, les Pays-Bas et la Belgique.

“Comme nous l‘avons dit depuis de nombreuses années, nous sommes disposés à vendre des actifs au bon prix”, a déclaré Eelco Blok, directeur général du groupe néerlandais. “Beaucoup de gens prédisaient ce rapprochement depuis longtemps et nous sommes très, très heureux d‘être parvenus à un accord.”

KPN a expliqué qu‘il utiliserait le produit de cette vente, dont la finalisation est attendue pour le premier semestre 2014, pour améliorer son bilan.

Vers 9h45 GMT, l‘action KPN prenait 3,44% à 1,862 euro à Amsterdam, loin de son plus haut du jour à 2,039 euros. Le titre Telefonica gagnait 2,34% à 10,295 euros à Madrid tandis que celui de Telefonica Deutschland perdait 1,98% à 5,58 euros à Francfort.

Le marché allemand est l‘un des plus disputés à l‘échelle européenne, mais le renforcement de la concurrence a eu un coût élevé pour KPN qui y a vu son bénéfice courant plonger de 30%, en données ajustées des éléments exceptionnels au cours du deuxième trimestre, essentiellement en raison d‘une baisse des prix.

Au niveau du groupe, le bénéfice courant, après éléments exceptionnels, a reculé de 11% sur la période d‘avril à juin pour ressortir à 1,08 milliard d‘euros, un montant supérieur aux 991 millions anticipés en moyenne par les analystes interrogés par Reuters.

Dans le même laps de temps, Telefonica Deutschland a réalisé un bénéfice d‘exploitation avant dépréciations et amortissement en baisse de 7,2% à 294 millions d‘euros.

UNE OPÉRATION SURVEILLÉE

Sa maison mère Telefonica a assuré mardi que cette opération ne remettrait pas en question son objectif se ramener son endettement sous 47 milliards d‘euros d‘ici la fin de l‘année.

Telefonica Deutschland, détentrice de la marque O2 et introduite en Bourse en octobre dernier, va s‘employer de son côté à lever 3,7 milliards d‘euros pour racheter E-Plus par une augmentation de capital à laquelle Telefonica participera à hauteur de 2,84 milliards d‘euros.

Avec cette acquisition, Telefonica Deutschland détiendra environ 30% du marché allemand de la téléphonie mobile, ce qui le rapprochera de ses deux concurrents Deutsche Telekom et Vodafone qui en contrôlent 35% chacun.

Cette opération est la dernière en date d‘une longue série dans le secteur mondial de la téléphonie, avec le récent rachat de Sprint Nextel par le japonais Softbank mais aussi avec l‘annonce, mardi également, de l‘ouverture de négociations entre Vivendi et Etisalat sur la vente de la participation majoritaire que le français détient dans Maroc Telecom.

L‘envergure de la vente de E-Plus à Telefonica Deutschland devrait cependant inciter la Commission européenne à se pencher sur cet accord, notamment en raison de ses implications transfrontalières et de son impact pour les consommateurs et sur la qualité du réseau allemand.

Le rachat d‘Orange Austria par Hutchison, qui a eu pour conséquence de faire passer de quatre à trois le nombre d‘opérateurs autrichiens, s‘était heurté aux griefs de la Commission qui a exigé en contrepartie un certain nombre de concessions de la part de l‘acquéreur.

“Dans cet environnement dans lequel la consolidation du marché est très étroitement surveillée, nous pensons qu‘un tel accord risque de devoir surmonter un certain nombre d‘obstacles, sans même parler des concessions”, a souligné Ulrich Rathe, analyste de Jefferies.

Nicolas Delame pour le service français, édité par Véronique Tison

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