19 juillet 2013 / 07:19 / dans 4 ans

La reprise au menu d'un G20 aux économies contrastées

par Douglas Busvine et Lidia Kelly

Le ministre russe des Finances Anton Siluanov. Réunis à Moscou, les ministres des Finances et les banquiers centraux du club du G20 vont devoir se confronter à la nouvelle donne économique mondiale qui montre des disparités de plus en plus nettes sur le front de la reprise et à une volatilité qui reste forte sur les marchés financiers. /Photo prise le 19 juillet 2013/REUTERS/Grigory Dukor

MOSCOU (Reuters) - Réunis à Moscou, les ministres des Finances et les banquiers centraux du club du G20 vont devoir se confronter à la nouvelle donne économique mondiale qui montre des disparités de plus en plus nettes sur le front de la reprise et à une volatilité qui reste forte sur les marchés financiers.

Tandis que l‘économie américaine montre chaque mois de nouveaux signes de reprise, l‘Europe reste la région malade de la planète avec un chômage endémique et elle a toutes les peines du monde à sortir de la récession.

Les difficultés du Vieux Continent ont désormais des répercussions sur la Chine dont l‘économie, essentiellement tournée vers la demande extérieure, a une nouvelle fois ralenti lors du dernier trimestre.

La perspective de voir la Réserve fédérale américaine amorcer le dénouement de sa politique de soutien à l‘économie sera sans doute au menu de la réunion du G20 moscovite, témoignant là encore des disparités économiques mondiales alors que les banques centrales européennes sont toujours sollicitées.

“Nous avons longtemps pensé que dès que la situation économique serait stabilisée, nous aurions moins de volatilité sur les marchés financiers et sur le marché des changes”, a souligné Ksenia Oudayeva, une “sherpa” russe.

“Ce que nous avons vu récemment montre que nous n‘avons pas forcément moins de volatilité. Nous en aurons même probablement beaucoup.”

Les déclarations du président de la Fed Ben Bernanke, sur le calendrier d‘une diminution des achats obligataires de soutien de la banque centrale américaine, ont en effet montré que les marchés semblaient préférer une poursuite des injections de liquidités à vil prix aux signes de reprise économiques qui justifieraient une amorce de retrait.

Les tensions sont depuis quelque peu retombées dans la foulée de déclarations de Ben Bernanke jugées rassurantes par les investisseurs, satisfaits d‘entendre que le banquier central américain ne comptait pas verser de sitôt dans l‘orthodoxie monétaire.

UNE REPRISE DICTÉE PAR LA DEMANDE

Sur le front budgétaire, l‘amélioration de la situation américaine est essentiellement imputable à une meilleure croissance et les Etats-Unis espèrent convaincre que c‘est cette voie qui est à emprunter face à une Allemagne qui fait au contraire de la maîtrise des déficits un élément préalable à la reprise .

Les débats des délégations des pays du G20 porteront également sur la crise à double tranchant qui déchire l‘Europe, celle de la dette, qui s‘éternise, et celle de l‘emploi, qui ne connaît aucun répit.

“Nous avons déjà souligné que l‘Europe doit se concentrer sur ce qu‘elle doit entreprendre pour faire redémarrer le moteur de la croissance”, a déclaré le secrétaire américain au Trésor Jack Lew à Bloomberg Television. “Le monde a besoin d‘une Europe en croissance.”

Il a par ailleurs insisté pour que la Chine accélère les réformes afin que son économie se tourne de plus en plus vers la demande intérieure. D‘autres pays, comme le Japon, entendent demander à Pékin comment la Chine entend résorber la bulle spéculative de son secteur bancaire occulte.

Lazlo Andor, le commissaire européen à l‘emploi, a dit partager l‘opinion de Jack Lew sur les moyens de la reprise, expliquant à Reuters qu‘investir dans l‘emploi était crucial pour maintenir la cohésion sociale et sortir de l‘austérité.

“Si, au nom de la compétitivité (...), vous vous contentez de comprimer les salaires en permanence, vous allez tuer la demande et tuer la reprise. Nous sommes en faveur d‘une reprise davantage dictée par la demande”, a-t-il dit.

Un dossier semble avoir d‘ores et déjà avancé, celui de la lutte contre l‘évasion fiscale. Le G20 a avalisé un plan élaboré par l‘Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) destinée à empêcher les multinationales de transférer des bénéfices dans des paradis fiscaux.

Ce plan constate que le système actuel ne fonctionne pas, surtout lorsqu‘il s‘agit de taxer des sociétés qui font du commerce en ligne.

Les ministres du Travail du G20, qui se sont vus jeudi, tiendront une séance commune vendredi avec les ministres des Finances, pour évoquer la crise de l‘emploi en Europe.

Nicolas Delame pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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