18 juillet 2013 / 09:04 / dans 4 ans

Le taux du livret A sera abaissé à 1,25% le 1er août

par Emmanuel Jarry

LE TAUX DU LIVRET A

PARIS (Reuters) - Le taux du livret A et du livret de développement durable (LDD) sera abaissé à 1,25% le 1er août, au lieu de 1,75% actuellement, pour tenir compte du ralentissement de l‘inflation en France, a annoncé jeudi le ministre de l‘Economie et des Finances.

Pierre Moscovici a également annoncé une baisse de 0,8 point pour les 12 prochains mois du taux d‘intérêt des prêts à très long terme de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) aux collectivités locales. Il a dit en attendre “un choc d‘offre” et un supplément de soutien à l‘investissement et à l‘activité.

“J‘ai décidé de fixer (le taux du livret A) à 1,25% à partir du 1er août”, a-t-il dit lors d‘une conférence de presse. Il s‘est ainsi conformé à une proposition de la Banque de France.

C‘est le plus bas niveau du taux du Livret A et du LDD depuis quatre ans. Il est cependant supérieur d‘un quart de point à ce qu‘il aurait dû être (1,0%) si le gouvernement s‘en était tenu à la formule qui préside normalement à son calcul.

Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, avait jugé cette variation trop forte et recommandé de déroger à la stricte application de la formule, bien que l‘inflation était en juin de 0,8% sur un an en France.

Pierre Moscovici a invoqué des circonstances exceptionnelles liées à la crise économique. Le taux de 1,25% “permet de garantir le pouvoir d‘achat du livret A en le maintenant à un niveau supérieur à celui de l‘inflation”, a-t-il expliqué.

Il a cependant estimé que la baisse de 0,5 point permettait de réduire le coût des prêts de la CDC aux collectivités locales et bailleurs sociaux et, plus généralement, d‘envisager une baisse du coût des crédits bancaires.

COUP DE POUCE À L‘INVESTISSEMENT PUBLIC

Il a évalué à près de 600 millions d‘euros l‘économie en année pleine que cela représentera pour le logement social, à l‘heure où le gouvernement s‘efforce de relancer ce secteur.

Selon la ministre du Logement, Cécile Duflot, cela représente “les fonds propres nécessaires à la construction de plus de 30.000 logements sociaux”.

Parallèlement, le gouvernement a décidé d‘abaisser à 2,25% au lieu de 3,05%, à compter du 1er août et pour un an, le coût des crédits à plus de 20 ans accordés aux collectivités locales par la CDC pour financer leurs infrastructures.

Cette mesure concerne les crédits alloués dans le cadre d‘une enveloppe de 20 milliards d‘euros sur cinq ans, puisés dans l‘épargne réglementée et dédiés à ces investissements.

Cécile Duflot a annoncé deux mesures complémentaires en faveur des investissements en matière de logements sociaux.

Les fonds d‘épargne gérés par la CDC accorderont entre le 1er août et le 1er février 120 millions d‘euros de primes aux bailleurs sociaux pour accélérer le lancement de chantiers.

“Cela permettra aux bailleurs sociaux de prendre des décisions très rapides dans un contexte difficile et donc une accélération des projets de construction”, a dit la ministre.

Par ailleurs le taux d‘intérêt appliqué au financement des travaux de rénovation énergétique sera divisé par deux - 0,5% au lieu de 1,0% - pour les six prochains mois, a-t-elle ajouté.

MARGES ÉTROITES

La fixation du taux du livret A, instrument d‘épargne le plus populaire en France (63,3 millions de livrets ouverts fin 2012) est toujours une question sensible.

La formule actuelle, la troisième depuis 1999, laisse peu de marge au gouvernement, pris entre souci de préserver le pouvoir d‘achat de cette épargne et volonté d‘encourager l‘économie.

Une taux relativement élevé de l‘épargne réglementée pénalise le financement de l‘activité en renchérissant les ressources des banques, obligées d‘aligner autant que possible la rémunération de leurs livrets ordinaires et dépôts à terme.

Le maintien d‘un livret A nettement au-dessus de l‘inflation serait aussi préjudiciable au financement du logement social.

Cécile Duflot a rappelé que 70% du financement de la construction de logements sociaux était financé par des emprunts auprès des fonds d‘épargne alimentés par les livret A et LDD.

En 2012, ces fonds ont permis de débloquer 14,9 milliards d‘euros de prêts au profit du logement social.

Les banques doivent reverser à la CDC 65% des sommes placées par les épargnants sur les livrets A et LDD, ce qui les empêche de les comptabiliser dans les ratios de solvabilité imposés au niveau international, des ratios renforcés ces dernières années.

Selon des informations publiées par la presse, le gouvernement pourrait décider de leur reverser 25 milliards d‘euros. Pierre Moscovici a refusé de le confirmer.

“Mes services travaillent à une réforme de l‘épargne réglementée qui, compte tenu des ratios de liquidité qui s‘appliquent aux banques, leur permettrait de trouver des ressources supplémentaires”, a-t-il expliqué.

“Nous sommes en dialogue. Demain la Fédération des banques françaises rencontrera le président de la République. Ça peut être un moment important”, a-t-il ajouté.

Avec Jean-Baptiste Vey, édité par Sophie Louet et Gilles Trequesser

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