9 juillet 2013 / 13:33 / il y a 4 ans

EDF s'envole en Bourse, porté par la hausse des tarifs

L'action EDF s'envole de près de 8% mardi à la Bourse de Paris, portée par l'annonce d'une augmentation des tarifs de l'électricité pour les ménages français en 2013 et en 2014 afin de couvrir la hausse des coûts du groupe. /Photo d'archives/Philippe Wojazer

PARIS (Reuters) - L'action EDF s'envole de près de 8% mardi à la Bourse de Paris, portée par l'annonce d'une augmentation des tarifs de l'électricité pour les ménages français en 2013 et en 2014 afin de couvrir la hausse des coûts du groupe.

Vers 15h10, EDF s'envole de 8,59% à 19,28 euros tandis que le CAC 40 progresse de 0,77%. Cette hausse porte à près de 38% les gains accumulés par le titre depuis le début de l'année, après une perte proche de 26% en 2012.

Le nouveau ministre de l'Energie, Philippe Martin, a annoncé lundi soir que le gouvernement proposerait une hausse moyenne des tarifs de l'électricité pour les ménages de 5% le 1er août 2013 puis de 5% le 1er août 2014.

Ces hausses, les plus fortes appliquées aux particuliers depuis dix ans, seront soumises au Conseil supérieur de l'énergie et à la Commission de régulation de l'énergie (CRE) pour des avis consultatifs.

Dans un rapport sur les coûts d'EDF et leur évolution depuis 2007, la CRE avait estimé début juin qu'une hausse de 6,8% à 9,6% pour les ménages était nécessaire pour couvrir les coûts de l'électricien en 2013, mais le gouvernement avait immédiatement rejeté cette perspective.

Le gouvernement n'avait en fait d'autre choix que de s'engager sur un échéancier de hausse des tarifs sur plusieurs années afin d'éviter des recours en justice des concurrents d'EDF et de maîtriser le rythme des fortes augmentations qui s'imposent pour faire face au renchérissement des coûts de l'électricien public, notamment dans le nucléaire.

L'Association nationale des opérateurs détaillants en énergie (Anode), qui regroupe les rivaux de l'opérateur historique, avait en effet fait savoir qu'elle pourrait accepter un lissage des hausses nécessaires à condition qu'elles soient garanties.

"L'Anode salue cette décision du gouvernement d'entamer le rattrapage tarifaire. C'est un bon signal, à la fois en termes de visibilité pour les consommateurs sur la réalité de l'évolution des coûts et des prix de l'énergie et sur la nécessité et la volonté affichée du gouvernement de respecter le principe de couverture des coûts", a déclaré à Reuters son président, Fabien Choné.

"UN PREMIER PAS"

L'Anode a ajouté que, si les futurs arrêtés tarifaires correspondaient effectivement aux annonces, elle ne déposerait pas de recours devant le Conseil d'Etat contre la décision du gouvernement.

"C'est vrai que nous souhaitions avoir de la visibilité sur trois ans, mais c'est déjà un premier pas très significatif (...). Nous resterons vigilants à faire en sorte que, dans les trois ans qui viennent, il y ait bien une couverture définitive des coûts, notamment la troisième année", a cependant déclaré Fabien Choné.

Les décisions du gouvernement n'ont en outre pas d'incidence sur le recours de l'Anode contre le plafonnement à 2% de la hausse survenue en 2012 - soit un écart de 7,4 points de pourcentage avec ce qui aurait été nécessaire -, qui pourrait entraîner un rattrapage sur la facture des ménages.

Après les annonces du ministre, UBS a relevé son conseil sur EDF de vendre à neutre avec un objectif de cours porté de 14 à 18 euros.

Le broker a souligné que les augmentations de tarif étaient supérieures à celles des années passées et jugé la prolongation des centrales nucléaires très probable parce qu'il n'y a pas d'"alternative réaliste" et qu'un amortissement sur 10 ans supplémentaires ajouterait 5,7 euros par action EDF.

Il a toutefois ajouté que cela ne constituait pas une solution structurelle aux cash flows négatifs et à la progression de l'endettement du groupe.

Pour limiter l'impact sur les ménages, le gouvernement a notamment fait savoir qu'il revoyait à la baisse le coût des abonnements de faible puissance et qu'il lancerait dès la rentrée un groupe de travail visant à relancer les tarifs dits à effacements, qui différencient les consommations en période de pointe et celles en période creuse.

Raoul Sachs, Benjamin Mallet et Gilles Guillaume, édité par Jean-Michel Bélot

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