28 juin 2013 / 09:52 / il y a 4 ans

Le marché des fusions et acquisitions au ralenti en Europe

par Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - Le marché des fusions et acquisitions est resté léthargique en France au cours des six premiers mois de l'année, à l'image de l'état de santé de l'économie française, signant même son pire deuxième trimestre de ces dix dernières années malgré quelques opérations dans le capital-investissement.

Sur fond de déprime de la zone euro, l'Europe dans son ensemble tourne au ralenti, alors qu'aux Etats-Unis les transactions restent soutenues après un début d'année tonitruant avec le rachat de Heinz et l'offensive sur Virgin Media.

D'après les données Thomson Reuters, les opérations de M&A (fusions et acquisitions) impliquant une entreprise française ont atteint, en volume, 33,4 milliards de dollars (25,7 milliards d'euros) au premier semestre 2013, en repli de 31% par rapport à un an plus tôt. Au deuxième trimestre, elles se sont élevées à 16 milliards de dollars contre 19,1 milliards un an auparavant.

En Europe, les volumes de fusions et acquisitions ont fondu de 43% entre janvier et juin par rapport à la période correspondante de 2012, à un plus bas de 16 ans, alors qu'ils ont crû de 34% aux Etats-Unis sur la même période.

Au niveau mondial, les volumes ont baissé de 9% au premier semestre, la plus faible performance enregistrée depuis le premier semestre 2009.

"Aux Etats-Unis, le marché reste animé par de grandes opérations de M&A. Mais en Europe, le rebond n'est pas encore intervenu et on constate la poursuite de la tendance baissière, en ligne avec 2012", souligne Nicolas Darius, responsable du M&A pour la France, le Belgique et le Luxembourg chez Barclays.

"Pourtant les conditions sous-jacentes sont positives : les taux restent faibles, les sociétés ont beaucoup de cash au bilan, les valorisations restent raisonnables", note pour sa part Gilberto Pozzi, patron du M&A chez Goldman Sachs pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique.

DES PORTEFEUILLES QUI TOURNENT

Dans cette morosité ambiante, les banquiers d'affaires peuvent néanmoins se consoler avec les fonds d'investissement qui ont ces derniers mois fait tourner leurs portefeuilles en cédant ou rachetant des entreprises.

Axa Private Equity a ainsi lancé avec le conglomérat chinois Fosun une OPA sur Club Méditerranée. Les fonds Apax et LBO France sont de leur côté entrés en négociations exclusives avec Bain Capital pour lui céder l'enseigne d'ameublement et de décoration Maisons du Monde.

D'autres transactions comme la vente de Nocibé ou du groupe de pompes funèbres OGF devraient prochainement aboutir.

"Soutenu par un marché du financement favorable, notamment sur le segment high yield (haut rendement, NDLR), le marché du private equity repart lentement", relève Nicolas Darius, chez Barclays. "C'est un changement par rapport aux années précédentes."

"On va continuer à en avoir car beaucoup de sociétés rachetées par des fonds il y a cinq ou six ans arrivent à la fin de la période d'investissement", complète Gilberto Pozzi, chez Goldman Sachs.

REPRISE DES IPO ?

Fait marquant de ces derniers mois, le regain d'activité chez les fonds a remis les introductions en Bourse d'actualité. Des sociétés comme Numericable, Elior et Moncler, détenues par des fonds, pourraient ainsi prendre ce chemin.

"Après des années de fermeture du marché primaire actions, le marché des IPO (introductions en Bourse) semble se rouvrir et la Bourse redevient une option de sortie crédible", souligne Catherine Soubie, coresponsable de la banque d'investissement chez Barclays à Paris.

A charge toutefois pour les marchés financiers de confirmer leur rebond pour attirer les investisseurs. Après un bon début d'année, les indices boursiers européens sont repartis à la baisse la semaine dernière, plombés par la perspective d'une réduction dès cette année des rachats d'actifs par la Fed.

"La reprise des IPO va dépendre de comment évoluent les indices jusqu'à la fin de l'année", remarque Stéphane Bensoussan, responsable des activités M&A de HSBC France. "On voit que les indices sont très sensibles aux politiques des banques centrales. La reprise des marchés n'est pas totalement installée."

Edité par Dominique Rodriguez

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below