16 juin 2013 / 08:11 / il y a 4 ans

Survol de l'A350 et envol de la production au menu du Bourget

Le futur long-courrier A350, dont le premier vol réussi vendredi matin à Toulouse a ouvert un nouveau chapitre de l'histoire d'Airbus, pourrait bien s'inviter au-dessus du salon du Bourget, qui débutera lundi au nord de Paris pour une semaine dont les trois derniers jours seront ouverts au grand public. /Photo prise le 14 juin 2013/REUTERS/Jean-Philippe Arles

par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - C‘est le rêve des passionnés d‘aéronautique qui vont se presser au salon du Bourget la semaine prochaine : un survol de l‘A350, le dernier né d‘Airbus, qui résumera la priorité du secteur : bien gérer la production des programmes d‘avions plutôt que de chercher à battre à tout prix des records de commandes.

“Le Bourget, cette année, c‘est une célébration d‘un retour à la croissance”, s‘enflamme Tom Captain, responsable mondial de l‘aérospatiale et de la défense au sein du cabinet Deloitte, qui estime à 16% la croissance du chiffre d‘affaires des grands groupes d‘aérospatiale civile au cours des 12 derniers mois, après des années de rythmes moins soutenus.

“Les commandes sont bien réelles et elles arrivent maintenant au stade de la production, commençant enfin à se traduire en revenus”, ajoute-t-il.

Le futur long-courrier A350, dont le premier vol réussi vendredi matin à Toulouse a ouvert un nouveau chapitre de l‘histoire d‘Airbus, pourrait bien s‘inviter au-dessus du salon du Bourget, qui débutera lundi au nord de Paris pour une semaine dont les trois derniers jours seront ouverts au grand public.

La principale filiale du groupe européen d‘aérospatiale et de défense EADS fera ainsi un pied de nez à son grand rival Boeing, dont le 787, que l‘A350 est destiné à concurrencer, vient à peine de reprendre ses vols commerciaux après avoir été cloué au sol pendant plusieurs mois en raison d‘inquiétants problèmes de batteries.

“Boeing avait un problème et l‘a résolu. La valeur démontrée est bien supérieure à la perturbation momentanée qu‘il a causée”, résume Damien Lasou, responsable mondial de l‘aérospatiale et la défense au sein du groupe de technologie et de conseil Accenture.

“On est dans une industrie de très long cycle avec des paris technologiques importants. Le succès se juge sur 30 ans”.

Boeing pourrait d‘ailleurs créer l‘évènement en annonçant une version améliorée de son 777, baptisée 777X, qui compte attaquer de front l‘A350-1000, la plus grande des trois versions de la famille A350.

Airbus, qui prévoit toujours une entrée en service de l‘A350-900 - la version intermédiaire - au second semestre 2014, suscite des interrogations sur le bien-fondé de l‘A350-800, la plus petite version, en partie cannibalisée par l‘A330, pourtant déjà ancien mais qui conserve une belle vitalité commerciale.

LA FIN PROCHAINE DU DUOPOLE INCONTESTÉ

L‘avionneur européen, qui assure l‘essentiel des résultats d‘EADS, cherchera en outre à obtenir quelques unes des commandes d‘A380 qui lui manquent pour assurer son objectif d‘équilibre financier du programme prévu en 2015.

Le très gros porteur, qui a connu une gestation difficile dont Airbus semble avoir tiré les leçons pour l‘A350, a été lui-même victime l‘an passé de problèmes de microfissures dans ses ailes, compliquant la tâche du directeur commercial du groupe, l‘Américain John Leahy.

Il ne faut donc pas compter cette année sur une répétition de l‘avalanche de commandes des versions améliorées des court-courriers des deux géants mondiaux - l‘A320neo au Bourget 2011 et le 737 MAX de Boeing en 2012 au salon de Farnborough, près de Londres.

Ce succès commercial, qui a alimenté la crainte d‘une bulle aujourd‘hui dépassée tant la demande devrait rester forte dans les années à venir, a donné des sueurs froides à la chaîne de fournisseurs, déjà obligée de suivre une spectaculaire montée en cadence des rythmes de production - de 36 à 42 par mois en quelques années chez Airbus.

Mais cette bataille aura au moins eu un mérite pour les deux géants : assécher le plus possible un marché que lorgnent le canadien Bombardier avec son C-Series, et le chinois Comac, avec le C919.

Après un duopole mondial incontesté depuis une quinzaine d‘année, Airbus et Boeing le savent : au début de la prochaine décennie, ils ne seront plus deux, mais trois voire, quatre, sur le marché des court-courriers.

Alors autant déplacer la lutte commerciale sur le long-courrier, un segment où ils conserveront encore longtemps une longueur d‘avance, comme l‘ont montrés les récents programmes A380 et 787 qui, malgré leurs retards, ont réussi à s‘imposer auprès des compagnies aériennes et des loueurs d‘avions.

Et comme va devoir le prouver l‘A350, après avoir salué la foule au-dessus du Bourget.

Edité par Jean-Michel Bélot

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