24 mai 2013 / 13:28 / il y a 4 ans

L'UE invitée à éviter une supervision bancaire à deux têtes

par Martin Santa et Huw Jones

L'Autorité bancaire européenne (ABE) doit être dotée de pouvoirs plus étendus que prévu pour l'instant afin que la régulation du secteur en Europe ne soit pas divisée entre deux systèmes concurrents, a déclaré vendredi Jacques de Larosière, l'un des architectes de la réforme en cours. /Photo d'archives/REUTERS/Thierry Roge

BRUXELLES/LONDRES (Reuters) - L‘Autorité bancaire européenne (ABE) doit être dotée de pouvoirs plus étendus que prévu pour l‘instant afin que la régulation du secteur en Europe ne soit pas divisée entre deux systèmes concurrents, a déclaré vendredi Jacques de Larosière, l‘un des architectes de la réforme en cours.

L‘ancien gouverneur de la Banque de France et ex-directeur général du Fonds monétaire international (FMI) a estimé que l‘octroi à la Banque centrale européenne (BCE) d‘un rôle pivot dans la future union bancaire européenne risquait d‘aboutir à un “duopole”.

La BCE et l‘ABE, qui continuera de superviser les banques des pays extérieurs à l‘union bancaire, formeraient “un duopole de fait”, a dit Jacques de Larosière lors d‘une audition publique à Bruxelles, évoquant le risque d‘un “too big to cooperate”, en référence au risque de “too big to fail” généralement accolé aux banques d‘importance systémiques.

L‘ABE, a-t-il jugé, doit voir son indépendance renforcée afin de préserver le marché unique.

La création en 2011 de l‘ABE, basée à Londres, et d‘autorités équivalentes pour les marchés de titres à Paris et pour les assureurs à Francfort, s‘est faite sur la base d‘un projet coordonné par Jacques de Larosière.

Son audition vendredi s‘inscrit dans le cadre d‘un processus d‘évaluation de ces autorités et de réflexion sur l‘évolution du système de supervision avant que la BCE ne devienne le superviseur bancaire unique des 17 pays de la zone euro.

Pour Jacques de Larosière, la zone euro doit notamment éviter une situation dans laquelle la BCE et l‘ABE soumettraient les banques à des tests de résistance (“stress tests”) différents.

“Nous ne voulons pas de deux catégories de tests en Europe, avec le risque que l‘un des deux soit jugé plus faible que l‘autre”, a-t-il dit.

De son côté, le commissaire européen au Marché intérieur et aux Services, Michel Barnier, a souligné que l‘union bancaire devait éviter de laisser les intérêts nationaux dominer les activités des organes communs de régulation.

Il a aussi souligné que l‘octroi à la BCE d‘un rôle central de supervision ne remettait pas en cause l‘utilité de l‘ABE, bien au contraire.

“La mission d‘assurer la cohérence réglementaire entre les 28 Etats membres de l‘Union restera toujours aussi importante. Si les 17 Etats membres de la zone euro étaient seuls à abriter des centres financiers importants, cela se saurait !”, a-t-il dit.

Marc Angrand pour le service français, édité par Marc Joanny

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