15 mai 2013 / 14:33 / il y a 5 ans

La BPI défend sa doctrine d'investissement

PARIS (Reuters) - La Banque publique d‘investissement (BPI) exclut d‘intervenir seule au secours d‘une entreprise en difficulté et n‘investira qu‘exceptionnellement dans un grand groupe français à des fins de protection de son capital, a déclaré mercredi son directeur général, Nicolas Dufourcq.

Auditionné par trois commissions de l‘Assemblée nationale, il s‘est défendu en outre des accusations lancées par Ségolène Royal, la vice-présidente de la BPI, sur les coûts d‘installation de la nouvelle banque.

Réunissant les services d‘Oseo, du Fonds stratégique d‘investissement (FSI) et de CDC Entreprises, la BPI doit opérer sous ses propres couleurs à partir de début juin, une fois que les comités d‘entreprise des trois établissements auront été consultés sur leur rapprochement.

Nicolas Dufourcq a indiqué que la BPI prévoyait d‘investir sur la période 2013-2017 9,2 milliards d‘euros en direct dans des entreprises et 2,7 milliards via des apports à des fonds d‘investissement spécialisés.

Sur les 9,2 milliards en direct, 1,7 milliard est prévu pour le pôle PME, 0,5 milliard pour le capital risque et le pôle innovation, le reste, 7,0 milliards, devant être consacré aux grosses PME ou aux entreprises de taille intermédiaire.

Conçue pour remédier à l‘insuffisance de fonds propres des entreprises françaises, la BPI ne s‘interdit d‘entrer au capital des grands groupes si celui-ci était sous pression, comme le FSI l‘a fait dans Danone ou l‘équipementier automobile Valeo.

Le plan stratégique présenté au deuxième semestre prévoira à ces fins la prise d’“un ticket très significatif, de plusieurs centaines de millions d‘euros, dans une entreprise de très grande taille tous les ans, ou au minimum tous les 18 mois”, a expliqué Nicolas Dufourcq.

Des divergences de vues se sont fait jour sur la nature “offensive” ou “défensive” des investissements de la BPI. Le directeur général s‘est attiré les foudres de Ségolène Royal en déclarant que des dossiers comme les hauts-fourneaux de Florange (Moselle) ou la raffinerie normande de Petroplus, en voie de fermeture, n‘étaient pas un “bon business” pour la banque.

“UNE BANQUE FRUGALE”

Nicolas Dufourcq s‘est efforcé de clarifier ses propos devant les parlementaires en concédant d‘abord que le terme employé à cette occasion n‘était pas heureux.

Puis il a rappelé que la BPI avait vocation à n‘agir qu‘en tant qu‘actionnaire minoritaire, alors qu‘une opération sur une “entreprise en retournement” suppose d‘en prendre le contrôle.

Elle implique aussi, selon lui, des décisions difficiles en termes notamment d‘emploi, avec une “pression (qui) serait telle sur la puissance publique que les risques de perte en capital seraient considérables”.

Pour ces raisons, il a fait état d‘un consensus, au sein du gouvernement comme chez les élus régionaux qui superviseront le travail de la BPI, pour estimer qu‘elle ne peut intervenir seule dans ce genre de dossier mais aux côtés de repreneurs éventuels ou via le financement de fonds spécialisés dans le retournement.

Le directeur général n‘a évoqué qu‘un seul cas où la BPI pourrait être majoritaire au capital d‘une société, celui où les fonds qu‘elle accompagne sortiraient d‘une entreprise française prometteuse avec le risque qu‘elle passe sous contrôle étranger.

“A ce moment-là, on peut imaginer de prendre temporairement la majorité du capital de cette entreprise pour refaire un tour de table français et redevenir minoritaire au bout d‘un an”, a-t-il dit en soulignant qu‘une telle opération devait être “rare” et ne serait entérinée qu‘après un débat avec les actionnaires que sont l‘Etat et la Caisse des dépôts.

Nicolas Dufourcq a enfin répondu à Ségolène Royal qui s‘inquiétait que la BPI n‘ait “le train de vie d‘une banque privée” en critiquant la rémunération du directeur général, les frais d‘installation de la banque et le coût de son logo.

Sur le premier point, il a répondu qu‘il n‘avait pas négocié son salaire, fixé à 450.000 euros annuel - le maximum prévu dans les entreprises publiques -, quand le poste lui a été proposé.

Sur le second, il a fait valoir que les travaux d‘aménagement du siège de la BPI Ile-de-France étaient à la solde du bailleur et que le regroupement sur un seul site des équipes du FSI, d‘Oseo et de CDC Entreprises permettrait d‘économiser 1,5 million d‘euros par an.

“Nous sommes une banque frugale”, a-t-il assuré.

Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

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