23 avril 2013 / 13:58 / il y a 4 ans

Le logement a enrayé sa chute au premier trimestre

Chantier de construction d'un immeuble d'habitation à Marseille. L'immobilier résidentiel a sans doute touché le creux de la vague au premier trimestre 2013 en France mais le secteur de la construction continuera de souffrir en raison de la faiblesse de l'accession à la propriété. /Photo prise le 15 février 2013/Jean-Paul Pélissier

PARIS (Reuters) - L'immobilier résidentiel a sans doute touché le creux de la vague au premier trimestre 2013 en France mais le secteur de la construction continuera de souffrir en raison de la faiblesse de l'accession à la propriété.

Le tableau de bord trimestriel de l'Observatoire Crédit logement publié mardi montre une nette atténuation de la baisse en volume de la production de prêts à l'habitat par rapport au rythme de 2012 : -8,7% par rapport au quatrième trimestre 2012 contre une chute de 26,4% sur l'ensemble de 2012.

Comparée au premier trimestre 2012, la baisse reste néanmoins importante (-18,8%).

Mais la production s'accompagne d'une hausse sensible (+5,1%) de l'endettement moyen des ménages qui contractent un prêt habitat, ce qui fait que le nombre de crédits accordés connaît une légère hausse par rapport au trimestre précédent après près de deux années de baisse continue.

"On est sur un sentiment global sur le marché qu'on a très certainement atteint le creux de la vague", a déclaré l'économiste Michel Mouillart lors de la présentation du tableau de bord de Crédit logement.

Cette stabilisation à un bas niveau reflète toutefois des situations contrastées pour l'immobilier neuf et l'ancien.

Le premier subit de plein fouet les effets de l'arrêt, fin 2012, du dispositif Scellier pour l'investissement locatif et surtout des nouvelles modalités du PTZ+ (prêt à taux zéro) pour les primo-accédants modestes.

Selon Michel Mouillart, cette réforme, qui fixe des plafonds de ressources pour l'éligibilité au PTZ en fonction de la localisation du logement, a virtuellement fermé aux ménages les plus modestes les zones où l'immobilier est le moins tendu - B2 et C dans la nomenclature officielle -, pourtant des cibles privilégiées des jeunes ménages.

DU MIEUX DANS L'ANCIEN

"Cinquante pour cent du marché s'est évaporé pour eux", dit-il. La conséquence en est que la proportion du nombre d'emprunteurs de moins de 35 ans sur le marché du neuf a chuté de 52,5% en 2012 à 45,3% depuis début 2013.

De même, la part des ménages gagnant moins de trois fois le smic est passée dans le même temps de 40,1% à 34,2%.

Au bout du compte, la production en volumes de crédits immobiliers pour le marché du neuf a chuté de 32,6% sur le trimestre (-11,3% sur un an).

L'ancien connaît par comparaison une embellie après un exercice 2012 marqué par une chute de 35,5% liée à la décision du précédent gouvernement de réserver le PTZ à l'immobilier neuf. D'un trimestre sur l'autre, le volume des nouveaux crédits dans l'ancien progresse de 7%.

En nombre, la hausse est limitée à 1,4% en tenant compte de coûts d'opérations quasi stables (+0,4%) et d'un endettement moyen en croissance de 6,8%

Michel Mouillart explique la hausse de l'endettement des ménages qui contractent un crédit par le blocage du marché de l'ancien, qui rend plus difficile la revente d'un bien pour en acheter un autre, mais aussi par le niveau historiquement bas des taux d'intérêt des prêts qui pousse à investir.

En mars, les taux d'intérêt du secteur concurrentiel se sont inscrits à 3,07% en moyenne, soit 88 points de base de moins qu'en février 2012.

Pour Michel Mouillart, les conditions de crédit favorables devraient permettre de suppléer le soutien public en 2013, ce qui permettra à l'activité de se stabiliser, voire repartir.

Mais la nouvelle donne du PTZ fait que, selon lui, l'accession à la propriété risque de rester "scotchée à un bas niveau dans le neuf", avec pour conséquence que le secteur de la construction, alimenté à 65% par l'accession à la propriété, ne se redressera pas.

Là où le gouvernement s'est fixé pour objectif la construction de 500.000 logements par an, l'économiste estime "qu'on en fera pas plus de 320.000 en 2013, et encore si les organismes HLM travaillent un peu !".

Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

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