20 mars 2013 / 18:19 / il y a 5 ans

La Fed maintient le cap

par Pedro da Costa et Jonathan Spicer

Sans surprise, la Réserve fédérale américaine a l'intention de poursuivre ses rachats d'actifs pour stimuler l'économie, en mettant en avant le chômage toujours élevé et la politique budgétaire "restrictive". /Photo prise le 1er août 2012/REUTERS/Larry Downing

WASHINGTON (Reuters) - Sans surprise, la Réserve fédérale américaine a annoncé mercredi son intention de poursuivre ses rachats d‘actifs pour stimuler l‘économie, en mettant en avant le chômage toujours élevé et en se disant préoccupée par la politique budgétaire “restrictive” des Etats-Unis.

Les rachats d‘obligations du Trésor américain et de titres hypothécaires se poursuivront au rythme de 85 milliards de dollars par mois, a déclaré la banque centrale dans un communiqué publié au terme de sa réunion monétaire de deux jours.

La Fed a répété par ailleurs son engagement à maintenir le taux de Fed funds entre zéro et 0,25 tant que le taux de chômage sera supérieur à 6,5%, ce qu‘elle n‘attend pas avant 2015.

La décision monétaire a été adoptée par 11 voix sur 12 au sein du comité de politique monétaire, seule Esther George, présidente de la Fed de Kansas City, ayant voté contre en mettant en avant le risque de déséquilibres futurs.

Ben Bernanke, le président de la Fed, a indiqué qu‘un “débat approfondi” avait eu lieu sur les coûts et les risques des rachats d‘actifs, parmi lesquels des déséquilibres sur les marchés financiers et une poussée inflationniste.

“Ces coûts restent gérables mais nous continuerons de les surveiller, et nous les prendrons en compte en déterminant le rythme et la teneur de nos rachats d‘actifs”, a-t-il dit lors d‘une conférence de presse.

La Fed pourrait ajuster ses achats mensuels d‘actifs de long terme lorsque des signes d‘amélioration durable de l‘économie américaine se confirmeront, a-t-il ajouté.

PRÉVISIONS DE CROISSANCE REVUES EN BAISSE

“A mesure que nous progressons vers notre objectif ultime d‘une amélioration substantielle (du marché du travail), nous pourrions ajuster nos rachats en conséquence”, a dit Ben Bernanke lors d‘une conférence de presse.

“Nous ne le ferons pas à chaque réunion, nous ne le ferons pas fréquemment. Mais quand nous verrons que les conditions (...) ont évolué d‘une manière significative, alors nous pourrions bien ajuster le rythme de nos rachats afin que le degré de souplesse de notre politique monétaire soit en phase avec les perspectives.”

La réunion de mardi et mercredi a été l‘occasion d‘une révision des prévisions économiques pour 2013 et 2014, moins optimistes que les précédentes projections de la banque centrale malgré la publication d‘indicateurs qui semblent témoigner d‘une amélioration de la conjoncture.

Pour 2013, la Fed prévoit une croissance comprise entre 2,3 et 2,8% alors que sa précédente fourchette, annoncée en décembre, s‘étirait de 2,3% à 3,0%. Pour l‘année prochaine, sa prévision est désormais d‘une progression du produit intérieur brut comprise entre 2,9% et 3,4% contre 3,0% à 3,5%.

La banque centrale américaine a au contraire prédit une amélioration sur le front de l‘emploi, avec un taux de chômage moyen compris entre 7,3% et 7,5% au dernier trimestre 2013 (contre 7,4% à 7,7% en décembre),

En février, le taux de chômage est ressorti à 7,7% mais la Fed ne le voit pas revenir sous le seuil de 6,5% avant deux ans.

“La Fed reste très accommodante et je ne la vois pas changer d‘orientation politique dans un avenir proche”, juge Eric Stein, gérant chez Eaton Vance Management à Boston.

Ben Bernanke a redit que les coupes budgétaires aux Etats-Unis préoccupaient la Fed et il a exhorté le Congrès et l‘administration Obama à trouver un terrain d‘entente pour réduire les déficits sans mettre en danger l‘activité économique.

Le président de la Fed n‘a pas montré d‘inquiétude sur les niveaux actuels du marché boursier et a estimé que la crise à Chypre ne constituait pas un risque majeur pour les Etats-Unis.

“Chypre est une toute petite économie et je ne pense pas que ces questions, pour préoccupantes qu‘elles soient pour la population locale, aient des implications directes pour l‘économie américaine”, a-t-il dit.

“Cela ne créerait un problème que s‘il y avait un effet de contagion, si les épargnants d‘autres pays perdaient confiance, mais on n‘en voit pas le signe.”

La Fed a supprimé, dans son communiqué, la mention habituelle sur l‘apaisement des tensions financières dans le monde.

Véronique Tison et Juliette Rouillon pour le service français

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