22 février 2013 / 10:19 / dans 5 ans

La zone euro restera en récession cette année, selon la CE

La Commission européenne s'attend désormais à une nouvelle baisse de l'activité économique dans la zone euro cette année (avec une contraction de 0,3% du PIB, après -0,6% l'année dernière), qui touchera notamment les pays les plus vulnérables de la région. /Photo prise le 8 janvier 2013/REUTERS/Kai Pfaffenbach

par Robin Emmott

BRUXELLES (Reuters) - La zone euro ne renouera pas avec la croissance économique avant 2014, a annoncé la Commission européenne vendredi, renonçant à sa prévision d‘une sortie de la récession dès cette année en soulignant la faiblesse du crédit et le niveau record du chômage.

L‘activité des 17 Etats membres, qui représentent près de 20% de l‘économie mondiale, devrait se contracter de 0,3% en 2013, a précisé l‘exécutif communautaire dans ses prévisions d‘hiver. Leur deuxième récession depuis 2009 durerait ainsi une année de plus qu‘attendu initialement.

Dans ses prévisions précédentes, début novembre, la Commission prévoyait une croissance de 0,1% de la zone euro pour 2013. Mais elle explique désormais que la persistance de conditions de crédit défavorables aux ménages comme aux entreprises, les suppressions d‘emploi et le gel des investissements ont retardé la reprise.

Elle maintient néanmoins sa prévision d‘une croissance de 1,4% en 2014. L‘an dernier, le PIB de la zone euro a reculé de 0,6% selon la première estimation publiée la semaine dernière.

“L‘amélioration de la situation sur les marchés financiers contraste avec l‘absence de croissance du crédit et la faiblesse des perspectives d‘activité économique à court terme, même si certains signes de reprise sont désormais perceptibles”, explique Marco Buti, directeur général des Affaires économiques et financières de la CE.

“Cette dichotomie s‘explique dans une large mesure par l‘important processus d‘ajustement qui pèse sur la croissance à court terme.”

Dans ces conditions, le chômage devrait poursuivre sa progression cette année pour toucher 12,2% de la population active, soit plus de 19 millions de personnes.

La CE s‘attend à ce que la consommation, privée comme publique, n‘apporte aucune contribution positive à l‘activité cette année et au contraire qu‘elle pèse sur les performances économiques.

LA CE NE CROIT PAS À LA “CONTAGION POSITIVE”

Cette situation devrait particulièrement toucher les pays les plus vulnérables de la zone euro, c‘est à dire ceux qui bénéficient d‘un plan d‘assistance international.

Bruxelles prévoit ainsi pour 2013 une baisse de 1,4% du PIB en Espagne, de 1,9% au Portugal, de 3,5% à Chypre et de 4,4% en Grèce. L‘Irlande, elle aussi secourue par la “Troïka” pendant la crise, devrait en revanche bénéficier d‘une reprise de 1,1%.

En Italie, le PIB devrait se contracter de 1,0% cette année après -2,2% l‘année dernière, précise la CE, à deux jours des élections législatives et sénatoriales dans la péninsule.

Dans ce paysage l‘Allemagne, première économie de la zone, continue de se distinguer: la croissance devrait atteindre 0,5% cette année et 2,0% l‘année prochaine. Les signes d‘amélioration de la conjoncture allemande se sont multipliés ces dernières semaines; l‘indice Ifo du climat des affaires, publié vendredi, a ainsi enregistré en février sa plus forte hausse depuis juillet 2010. (voir: )

Quant à la France, elle ne devrait afficher qu‘une croissance de 0,1% cette année, nettement inférieure à celle de 0,8% prévue jusqu‘à présent par Paris, qui a admis que cette hypothèse devrait être revue.

Pour l‘ensemble de l‘Union européenne, la Commission a divisé par quatre sa prévision de croissance 2013, ramenée de 0,4% à 0,1%, mais maintient celle de 1,6% pour l‘année prochaine.

Ces perspectives contredisent le scénario de “contagion positive” de la reprise décrit ces derniers mois par Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE). Et elles devraient alimenter les spéculations sur une poursuite de la baisse des taux d‘intérêt de la BCE, une mesure susceptible de soutenir le crédit en réduisant les coûts de financement des ménages et des entreprises.

Mais une telle mesure n‘aurait qu‘un effet retardé, et sans doute limité au vu de la réticence des banques à prêter.

“Un baisse du principal taux de refinancement n‘est pas la mesure la plus efficace que puisse prendre la BCE mais c‘est un pas dans la bonne direction”, estimait la banque d‘investissement JP Morgan dans une note cette semaine.

Les nouvelles prévisions de la CE sont légèrement plus pessimistes que celle du Fonds monétaire international (FMI), qui prévoient une contraction de 0,2% dans la zone euro cette année.

Marc Angrand pour le service français, édité par Marc Joanny

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