20 février 2013 / 17:33 / il y a 4 ans

Saint-Gobain, plombé en 2012, va doubler ses économies

par Gilles Guillaume et Elena Berton

PARIS (Reuters) - Saint-Gobain a annoncé mercredi la mise en place d'un nouveau plan d'économies pour faire face à la dégradation de la conjoncture en Europe, qui a plombé ses résultats de 2012 et compromis plusieurs de ses objectifs moyen terme.

Le numéro un mondial de la production, transformation et distribution de matériaux de construction a ajouté viser un redressement au second semestre de son résultat d'exploitation, ressorti en baisse de 16,3% l'an dernier.

Après avoir réduit ses coûts de 520 millions d'euros en 2012, notamment dans le vitrage en Europe occidentale, le groupe vise 580 millions d'euros d'économies supplémentaires cette année, soit un total de 1.100 millions sur les deux années. Son objectif pour 2013 était jusqu'ici de réduire ses coûts de 250 millions.

"Dans un environnement économique mondial qui demeure incertain, malgré des améliorations attendues en Amérique du Nord et du Sud et en Asie, nous maintenons plus que jamais notre cap stratégique et conservons une extrême vigilance dans notre gestion de trésorerie", a déclaré Pierre-André de Chalendar, PDG de Saint-Gobain.

Interrogé, au cours d'une conférence de presse téléphonique, sur d'éventuelles réductions d'effectifs, il a simplement répondu que le groupe adaptait en permanence le niveau d'emploi de chaque filiale au niveau d'activité.

"Globalement, pour l'instant la France n'est pas le pays qui connaît les plus grandes difficultés, même si le niveau d'activité varie d'un secteur à l'autre", a-t-il ajouté. "Il y a un certain nombre de sites du groupe Saint-Gobain qui connaissent aujourd'hui, ou qui vont connaître dans les mois à venir (...) des situations de chômage partiel."

NOUVEAU PLAN STRATÉGIQUE D'ICI L'ÉTÉ

Saint-Gobain avait abaissé fin octobre son objectif de résultat opérationnel pour le second semestre face à la dégradation de l'environnement économique.

En 2012, le chiffre d'affaires total du groupe a atteint 43,2 milliards d'euros, en hausse de 2,6%, mais en baisse de 1,9% à taux de change et périmètre comparable, l'augmentation des prix de vente n'ayant pu compenser intégralement la baisse des volumes.

Tous les pôles d'activité ont vu leur chiffre d'affaires reculer, à l'exception de l'aménagement intérieur, soutenu par la reprise du marché du logement aux Etats-Unis et la politique d'économies d'énergie en Europe, ou de la branche conditionnement favorisée par une bonne tenue de la consommation des ménages.

Le vitrage, très dépendant du marché automobile, a vu lui son chiffre d'affaires baisser de 6,6% à données comparables en 2012.

Dans ce contexte, Saint-Gobain présentera de nouvelles prévisions à moyen et long terme dans le courant du second semestre pour remplacer plusieurs objectifs 2015 qu'il ne pourra probablement plus atteindre.

"Les objectifs que nous avions indiqués pour 2015 étaient assez nombreux, à l'époque ils étaient liés à un scénario économique qui est assez différent du scénario que nous avons aujourd'hui", a expliqué Pierre-André de Chalendar. "Il y a un certain nombre d'objectifs que nous pourrons faire, mais il y en a d'autres qui sont irréalistes, notamment un taux de croissance moyen des ventes de 6%."

Fin 2010, dans le cadre de sa stratégie de recentrage sur les métiers de l'habitat, le groupe s'était fixé pour objectifs un chiffre d'affaires de 55 milliards d'euros, soit une croissance de 38,5% sur la période, et une marge opérationnelle de 10%. Il avait également dit viser une hausse moyenne de ses ventes de 9% à 10% par an, dont 6% de croissance interne.

Cette nouvelle stratégie l'a conduit à envisager l'introduction en Bourse de son activité conditionnement en verre Verallia, suspendue brutalement en 2011 à cause de la crise de la dette de la zone euro, puis à annoncer le mois dernier la vente de la partie nord-américaine de cette activité à l'irlandais Ardagh pour 1,3 milliard d'euros.

"Sur le reste de l'activité, nous avons des positions de leader fortes, nous avons un potentiel de développement important, et je ne suis pas du tout pressé", a indiqué Pierre-André de Chalendar.

La dette nette du groupe a augmenté l'an dernier de 4,9% à 8,5 milliards d'euros, mais l'endettement après cession de Verallia serait ramené à 7,5 milliards.

Le résultat net, part du groupe, a chuté de 40,3% à 766 millions d'euros. Saint-Gobain compte verser un dividende stable à 1,24 euro par action, en espèces ou en titres.

Avant cette publication, l'action a clôturé en baisse de 0,54% à 31,41 euros, donnant une capitalisation boursière de l'ordre de 16,8 milliards d'euros. Depuis le début de l'année, le titre a perdu plus de 2%, après un gain de près de 9% en 2012.

Edité par Dominique Rodriguez et Benoît Van Overstraeten

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