7 février 2013 / 07:43 / dans 5 ans

Baisse du déficit commercial en 2012

LE DÉFICIT COMMERCIAL ANNUEL

PARIS (Reuters) - Le déficit commercial de la France s‘est contracté en 2012 d‘un peu moins de 10% par rapport au record enregistré en 2011, sous les effets de la dépréciation de l‘euro, favorable aux exportations, et de l‘atonie de l‘économie qui a contenu les importations.

Selon les données publiées jeudi par les douanes, il s‘est élevé à 67,16 milliards d‘euros, en baisse de sept milliards par rapport à celui de 2011 (74,0 milliards).

Le déficit hors énergie a quant à lui diminué de près de moitié à 15 milliards d‘euros, contre 29 milliards un an plus tôt.

Les exportations françaises ont augmenté de 3,2% l‘an dernier, à 441,657 milliards d‘euros, et les importations de 1,3%, à 508,815 milliards.

Les premières ont bénéficié de l‘évolution de l‘euro, qui s‘est déprécié de 7,6% (en moyenne annuelle) contre le dollar, “ce qui a soutenu la compétitivité-coût de la France et, dans une moindre mesure, sa compétitivité prix en raison d‘un effort de marge moins marqué des exportateurs”, a souligné le ministère du Commerce extérieur.

A l‘inverse, la baisse de la devise européenne a renchéri la facture énergétique, qui s‘est alourdie de 7 milliards d‘euros pour s‘établir à 69 milliards, un niveau record.

L‘aéronautique a été le secteur qui a le plus contribué à la hausse des exportations avec des livraisons d‘Airbus qui ont atteint un record historique en valeur (22,5 milliards d‘euros après 18,8 milliards en 2011) grâce notamment à la montée en puissance des livraisons du très gros porteur A380.

L‘excédent du secteur a atteint 20 milliards d‘euros et devance celui des produits agroalimentaires qui est quasi stable à 11,5 milliards.

En revanche, l‘industrie automobile a accusé un recul de 5,1% de ses ventes à l‘exportation, alors qu‘elles avaient progressé de 6,2% en 2011. Ce recul est lié à la déprime des économies de l‘Italie et de l‘Espagne, deux des principaux marchés des constructeurs français.

DÉFICIT DE 42 MILLIARDS AVEC LA ZONE EURO

Plus généralement, les ventes de la France vers ses partenaires de l‘Union européenne ont stagné (+0,3% après +7,2% en 2011) sur fond de faible croissance.

Mais la dépréciation de l‘euro vis-à-vis de la livre sterling a permis à l‘excédent des échanges avec le Royaume-Uni de progresser à 6,4 milliards, après 5,6 milliards en 2011.

Avec l‘ensemble de la zone euro, le déficit de la France s‘est creusé à 42 milliards d‘euros (37,7 milliards en 2011), dont 17,7 milliards avec la seule Allemagne (16,9 milliards un an plus tôt).

Dans ce contexte, l‘Asie a été pour la troisième année consécutive le principal moteur du dynamisme des exportations françaises, avec une hausse de 13%. Elles ont également augmenté de 11,5% à destination des Amériques, en particulier vers l‘Amérique du Nord.

S‘agissant des importations, leur hausse limitée reflète la stagnation de l‘économie française en 2012, des baisses étant même enregistrées avec l‘Europe hors Union européenne et le Proche et Moyen-Orient.

La ministre du Commerce extérieur, Nicole Bricq, a déclaré voir un “signal encourageant” dans l‘arrêt de la dégradation de la balance commerciale française après deux années de fortes hausses de déficits.

“Nos échanges résistent bien, il n‘y a donc pas de fatalité au déficit”, a-t-elle dit lors d‘un point de presse.

Elle s‘est déclarée “raisonnablement optimiste” pour 2013 sans pour autant se risquer au moindre pronostic, alors que le renchérissement de l‘euro par rapport au dollar et aux autres grandes monnaies est une source de préoccupation des entrepreneurs français en ce début d‘année.

Nicole Bricq s‘est contentée de réitérer l‘objectif d‘un commerce extérieur à l‘équilibre hors facture énergétique à l‘horizon de la fin du quinquennat.

La hausse du nombre d‘entreprises exportatrices (119.000 contre 116.000 en 2011), la réforme des financements à leur disposition et les efforts du gouvernement pour améliorer la compétitivité de l‘économie française sont autant de facteurs qui doivent, selon elle, y contribuer.

Yann Le Guernigou et Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

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