4 février 2013 / 07:03 / il y a 5 ans

Le Niger veut rééquilibrer son partenariat avec Areva

Le Niger entend renégocier son partenariat avec le groupe français Areva pour l'exploitation de ses ressources d'uranium dans le sens d'un rééquilibrage et cherche d'autres partenaires, a déclaré dimanche son président Mahamadou Issoufou. /Photo d'archives/Charles Platiau

PARIS (Reuters) - Le Niger entend renégocier son partenariat avec le groupe français Areva pour l'exploitation de ses ressources d'uranium dans le sens d'un rééquilibrage et cherche d'autres partenaires, a déclaré dimanche son président Mahamadou Issoufou.

L'uranium est "une ressource qui ne rapporte pas au Niger", a-t-il plaidé sur TV5 Monde. L'entretien, enregistré samedi, a été diffusé dimanche.

Son exploitation rapporte "à peine 100 millions d'euros par an", déplore le président nigérien. "Ça représente 5% à peine de notre budget, ce n'est pas admissible. C'est pour cela que j'ai demandé un équilibrage du partenariat entre Areva et le Niger".

"Il faut que ce soit gagnant gagnant, c'est la condition pour que ce partenariat soit durable", a-t-il souligné.

"Pour qu'il soit durable, nous voulons renforcer ce partenariat stratégique avec Areva, mais pour que cela puisse se faire, il faut que le Niger gagne, il faut que la France gagne", a insisté Mahamadou Issoufou.

"Les négociations sont en cours, elles ne sont pas encore terminées", a-t-il précisé, ajoutant être favorable à l'arrivée de nouveaux investisseurs, en plus de la France, premier investisseur unique dans le pays.

Interrogé sur l'intérêt éventuel de la Chine dans le secteur, il a répondu : "Notre objectif est de diversifier nos partenaires dans l'extraction d'uranium".

"Il n'y a pas de raison d'exclure d'autres pays qui souhaitent coopérer avec nous", a-t-il ajouté sans nommer de potentiels partenaires.

Contacté par Reuters, Areva s'est refusé à tout commentaire.

EXTRACTION STRATÉGIQUE

L'extraction d'uranium au Niger, qui représente environ 20% des besoins français, selon l'estimation d'une commission parlementaire, est stratégique pour Areva, tant pour l'alimentation des centrales nucléaires françaises que pour la vente de cette matière à ses clients étrangers.

Areva, qui extrait de l'uranium depuis près de quarante ans au Niger, emploie environ 2.700 salariés dans le pays, dont 98% sont des Nigériens. Une trentaine d'expatriés travaillent sur les sites d'Imouraren et Arlit.

Areva n'a pas encore publié ses résultats annuels pour 2012, attendus le 28 février, mais a annoncé la semaine dernière un chiffre d'affaires en hausse de 5,5% pour son activité d'extraction d'uranium, à 1,36 milliard d'euros.

En 2011, le résultat opérationnel de la division minière s'élevait à 287 millions d'euros, contre 204 millions d'euros en 2010. Une progression qui s'explique essentiellement par la hausse du prix de vente moyen de l'uranium et par une meilleure maîtrise des coûts de production.

En 2011, Areva a produit 8.709 tonnes d'uranium, dont l'extraction se répartit environ à parts égales entre le Niger, le Canada et le Kazakhstan.

Le Niger est l'un des dix pays les plus pauvres au monde. La majorité de la population vit avec moins d'un dollar par jour.

Selon les Nations unies et la Banque mondiale, le PIB du Niger a tout juste dépassé les 6 milliards de dollars en 2011 (4,4 milliards d'euros), soit moins de la moitié des 9,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires réalisés par Areva en 2012.

Sophie Louet, Elena Berton et Geert De Clercq, Hélène Duvigneau pour le service français

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