31 janvier 2013 / 06:43 / dans 5 ans

Aggravation de la perte trimestrielle de STMicro

STMicroelectronics a fait état d'une aggravation de sa perte trimestrielle et déclaré qu'il pourrait avoir besoin de 500 millions de dollars pour se désengager de sa coentreprise en difficulté ST-Ericsson. /Photo d'archives/REUTERS/Chip East

SAN FRANCISCO/PARIS (Reuters) - STMicroelectronics a fait état mercredi d‘une aggravation de sa perte trimestrielle et déclaré qu‘il pourrait avoir besoin de 500 millions de dollars pour se désengager de sa coentreprise en difficulté ST-Ericsson.

Le fabricant de semi-conducteurs s‘est borné à indiquer dans son communiqué de résultats qu‘il est en train de finaliser les options stratégiques concernant la coentreprise détenue à parité avec le suédois Ericsson.

Il avait annoncé en décembre son intention de s‘en désengager d‘ici le troisième trimestre 2013.

“Nos meilleures estimations actuelles sont que ST pourrait faire face à des besoins de financement (...) dans une fourchette comprise approximativement entre 300 et 500 millions de dollars au cours de 2013”, précise le communiqué.

ST-Ericsson, spécialisée dans les puces électroniques pour la téléphonie sans fil, n‘a jamais dégagé de bénéfices depuis sa création en 2009 et n‘a pas conquis assez de nouveaux clients pour compenser la forte baisse des commandes de Nokia, son principal client.

Prié de préciser les modalités de désengagement lors d‘une conférence téléphonique, le président de STMicroelectronics, Carlo Bozotti s‘est refusé à évoquer les différentes options envisagées et leur impact potentiel en termes d‘emploi.

Les analystes estiment que ST-Ericsson, qui emploie environ 5.000 personnes, pourrait être entièrement fermée ou que certaines de ses activités pourraient être cédées à des groupes comme Intel, Broadcom ou Samsung.

ESPOIRS DE REPRISE

Plombé par une provision pour dépréciation de 544 millions de dollars liée au désengagement de ST-Ericsson, STMicro a dégagé au quatrième trimestre 2012 une perte nette de 428 millions de dollars (315 millions d‘euros), à comparer à une perte de 11 millions sur la même période un an plus tôt.

Le groupe enregistre ainsi sa cinquième perte trimestrielle consécutive.

Le chiffre d‘affaires a légèrement reculé à 2,162 milliards de dollars, contre 2,192 milliards sur les trois derniers mois de 2011, mais reste légèrement supérieur aux attentes des analystes financiers qui anticipaient des facturations de 2,148 milliards dollars, selon le consensus Thomson Reuters I/B/E/S.

Sur l‘ensemble de l‘exercice 2012, la perte nette s‘élève à 1,16 milliard de dollars, après un bénéfice net de 650 millions de dollars lors de l‘exercice précédent.

Le chiffre d‘affaires net annuel a reculé de 12,8% à 8,49 milliards de dollars, “essentiellement du fait d‘une baisse des volumes qui tient à un recul marqué des ventes de notre ancien client principal”, a précisé le groupe, faisant référence à Nokia.

Carlo Bozzotti a également souligné “la morosité du marché européen” et “un deuxième semestre difficile pour le marché des semi-conducteurs”.

Dans ce contexte, pour le premier trimestre de cette année, le groupe s‘attend à une baisse d‘environ 7%, plus ou moins 3,5 points, de ses ventes par rapport au trimestre précédent.

STMicro, qui entrevoit toutefois une légère reprise du marché en 2013, a maintenu son objectif de marge opérationnelle de 10% et prévoit toujours de réduire ses dépenses d‘exploitation dans une fourchette comprise entre 600 et 650 millions de dollars par trimestre d‘ici début 2014.

“Nous voulons également maintenir notre niveau de dividende”, a ajouté Carlo Bozotti.

“Hors ST-Ericsson, la guidance de CA est une baisse de seulement 3%, meilleure que la saisonnalité traditionnelle selon le groupe”, soulignent les analystes de Natixis.

De son côté, Ericsson a fait état jeudi d‘une hausse plus forte qu‘attendu de ses résultats au quatrième trimestre grâce à de moindres pressions sur les marges et aux bonnes performances de ses activités nord-américaines.

A 10h45, le titre STMicroelectronics reculait de 1,78% à 6,017 euros, tandis que le CAC 40 cédait 0,53% au même moment. De son côté, Ericsson bondissait de 9,30% à Stockholm.

Noel Randewich, Leila Abboud et Catherine Monin, Marc Angrand pour le service français, édité par Marc Joanny

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below