4 janvier 2013 / 21:09 / il y a 5 ans

La Fed pourrait cesser ses achats d'obligations cette année

La Réserve fédérale américaine pourrait être amenée cette année à interrompre ses achats d'obligations si la situation économique s'améliore, a déclaré vendredi l'un de ses responsables, tandis qu'un autre soulignait le risque de voir l'assouplissement quantitatif nuire à la crédibilité de l'institution. /Photo d'archives/Larry Downing

par Jonathan Spicer et Pedro da Costa

NEW YORK/BALTIMORE (Reuters) - La Réserve fédérale américaine pourrait être amenée cette année à interrompre ses achats d'obligations si la situation économique s'améliore, a déclaré vendredi l'un de ses responsables, tandis qu'un autre soulignait le risque de voir l'assouplissement quantitatif nuire à la crédibilité de l'institution.

James Bullard, le président de la Réserve fédérale de Saint-Louis, a expliqué qu'une éventuelle baisse du taux de chômage à 7,1% constituerait probablement l'"amélioration substantielle" du marché du travail que cherche à obtenir la Fed.

"Si l'économie se porte bien en 2013, le Comité sera en situation de réfléchir à une pause" en matière d'achats d'actifs, une politique connue sous l'appellation d'"assouplissement quantitatif" (QE) qui se traduit par un accroissement du bilan de la banque centrale, a-t-il dit la chaîne de télévision CNBC.

"Si elle ne se porte pas très bien, alors la politique du bilan se poursuivra probablement en 2014."

Le taux de chômage américain est resté à 7,8% le mois dernier. S'il a diminué en 2012, le rythme des créations d'emploi ne semble pour l'instant pas suffisant pour permettre un recul plus marqué du chômage.

Mais les responsables de la Fed se montrent de plus en plus préoccupés par l'impact sur les marchés financiers de la politique d'assouplissement quantitatif, qui conduit la banque centrale à acheter chaque mois pour 85 milliards de dollars (65 milliards d'euros) d'obligations à long terme et de prêts immobiliers titrisés.

Le compte-rendu de la dernière réunion de politique monétaire, publié jeudi, a montré que "plusieurs" hauts responsables de la Fed souhaitaient voir le QE ralentir ou s'interrompre "bien avant" la fin de l'année, une nouveauté qui a surpris une partie des investisseurs et a favorisé la baisse de Wall Street et la hausse du dollar.

OBJECTIF : 7,1% DE CHÔMAGE

Jeffrey Lacker, le président de la Fed de Richmond, a réaffirmé vendredi son opposition au plan actuel d'assouplissement quantitatif, le "QE3".

"Il est improbable que la Réserve fédérale puisse, de manière soutenue, faire monter les taux de croissance réels nettement au-dessus de ce qu'ils seraient sans cela", a-t-il dit lors d'une réunion organisée par l'Association bancaire du Maryland.

"Au vu de l'orientation adoptée par le comité (de politique monétaire), je vois un risque accru d'émergence de pressions inflationnistes qui ne seraient pas contrées à temps", a-t-il ajouté.

Si Jeffrey Lacker est un opposant de longue date au QE, James Bullard, est considéré comme plus neutre de ce point de vue. Les deux hommes sont les premiers responsables de la Fed à s'être exprimés depuis la publication du compte-rendu du FOMC (Federal Open Market Committee) des 11 et 12 décembre.

James Bullard a dit s'attendre à la poursuite d'un reflux progressif du taux de chômage en 2013, ajoutant que la Fed pourrait réduire ses achats d'actifs si ce taux revenait à 7,1%.

"Cela constituerait probablement une amélioration substantielle et le comité pourrait envisager à ce stade une politique moins accommodante du point de vue du bilan", a-t-il dit.

Un troisième responsable de la banque, Charles Plosser, le président de la Réserve fédérale de Philadelphie, a estimé de son côté vendredi que le taux de chômage pourrait revenir d'ici la fin de l'année entre 6,8% et 7,0%.

A l'issue de sa réunion de décembre, la Fed a dit qu'elle continuerait d'acheter massivement des obligations tant qu'elle n'aurait pas constaté une amélioration "substantielle" du marché de l'emploi. Son président, Ben Bernanke, a précisé que cette amélioration devrait se traduire par une baisse "soutenue" du taux de chômage.

Alors que les taux d'intérêt de la Fed sont quasi-nuls depuis la fin 2008, les achats d'obligations sont censés faire baisser les taux à plus long terme, donc encourager l'investissement et les embauches.

avec Alister Bull, Marc Angrand pour le service français

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