14 décembre 2012 / 16:38 / dans 5 ans

Consensus prudent en faveur des marchés actions en 2013

<p>Interm&eacute;diaires financiers et soci&eacute;t&eacute;s de gestion se veulent optimistes sur les actions pour 2013 mais, apr&egrave;s plusieurs ann&eacute;es de crise, ils conseillent la prudence au moins au premier trimestre. /Photo d'archives/REUTERS/John Schults</p>

par Raoul Sachs

PARIS (Reuters) - Reprise économique aux Etats-Unis et dans les pays émergents, récession ou croissance zéro en zone euro, crise de la dette en voie de règlement, banques centrales toujours prêtes à jouer les pompiers : un consensus assez large autour de ces thèmes plaide pour un retour progressif sur les actions en 2013.

Intermédiaires financiers et sociétés de gestion se veulent optimistes pour 2013 mais, après plusieurs années de crise, conseillent la prudence au moins au premier trimestre.

Ils relèvent ainsi que si l‘horizon s‘est dégagé, des nuages demeurent : la zone euro a encore du chemin à faire pour combler les lacunes du Traité de Maastricht et, aux Etats-Unis, même si c‘est attendu, un accord budgétaire entre démocrates et républicains n‘a pas encore été conclu.

L‘absence d‘un tel accord déclencherait un mécanisme brutal d‘ajustement budgétaire qui, selon Christophe Donay, responsable de la recherche et de l‘allocation d‘actifs chez Pictet, aurait un impact négatif de 4% sur le produit intérieur brut américain et sonnerait le retour de la récession.

“Nous sommes dans le camp des optimistes mais la politique sera encore là, aux Etats-Unis mais aussi en zone euro”, a-t-il dit vendredi lors d‘une conférence de presse, faisant allusion aux nombreuses consultations électorales prévues l‘an prochain dans plusieurs pays européens, dont l‘Allemagne et l‘Italie.

La performance des actions étant historiquement liée à la croissance économique, il faudra donc attendre la fin du premier trimestre pour vérifier si le scénario de reprise aux Etats-Unis se concrétise et si, la croissance mondiale aidant, l’économie de la zone euro aura touché un point bas et pourra entrevoir un redressement en 2014.

Dans cette attente, la plupart des sociétés de gestion et des intermédiaires maintiennent une exposition aux obligations d‘entreprises (crédit corporate), la classe d‘actifs reine en 2012 qui a combiné sécurité (protection du capital) et rendement dans un environnement de taux courts nuls ou négatifs et de taux longs tombés à des plus bas historiques.

Si ces prévisions se confirment, les professionnels préconisent d‘accélérer la sortie du crédit corporate, dont les rendements sont tombés à des plus bas historiques dans le sillage de ceux des emprunts d‘Etat de référence, allemands ou américains.

Le succès du crédit corporate a encouragé les émetteurs à faire leur marché à très bon compte. De bonnes signatures comme Sanofi, noté “A2” par Moody‘s, a levé en novembre 750 millions d‘euros à cinq ans, offrant un coupon de 1%, identique à celui de l‘emprunt d‘Etat français de même maturité.

“IMPRIMER DES CONTRATS DE TRAVAIL”

“Nous sommes prudents mais pas baissiers, et nous commençons à mettre les actions sur la voie de la surpondération”, écrivent les stratégistes cross asset de Morgan Stanley dans leurs perspectives, qu‘ils ont titrées “2013 : La Transition”.

Cette transition se fera progressivement des marchés du crédit vers les Bourses qui, en Europe notamment, ont été désertées ces dernières années, l‘aversion pour le risque atteignant des sommets avec la crise financière déclenchée en 2007-2008.

Une crise financière qui reflue maintenant sous les montagnes de liquidités déversées dans l’économie par les banques centrales de part et d‘autre de l‘Atlantique.

Pour sa part, la Banque centrale européenne a pris des mesures qui, avant même leur mise en oeuvre, ont apporté un ballon d‘oxygène aux marchés obligataires des pays en difficulté de la zone euro.

De l‘avis de nombreux responsables de l‘allocation d‘actifs, 2012 aura été l‘année des banques centrales qui ont vaincu, par des moyens peu orthodoxes, la tempête financière et permis d’éviter une crise de liquidité.

“La création monétaire a fait l‘année 2012, 2013 sera l‘année de l’économie réelle”, a dit jeudi Pascal Blanqué, directeur de la gestion d‘Amundi.

L‘année 2013 devrait donc voir le retour d‘une approche plus classique liée à la conjoncture.

“L‘action des banques centrales a été décisive, mais imprimer de la monnaie est une chose, imprimer des contrats de travail en est une autre”, a dit Romain Boscher, directeur des gestions actions d‘Amundi, qui voit lui aussi une sortie prudente et progressive du crédit pour aller vers les actions.

L‘approche est un peu la même chez les responsables de l‘allocation d‘actifs de Société générale, qui sous-pondèrent les emprunts d‘Etat américains et allemands, restent surpondérés sur le crédit et conseillent de commencer à prendre des bénéfices sur cette classe d‘actifs pour investir en actions, européennes notamment.

Edité par Dominique Rodriguez

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