11 décembre 2012 / 16:33 / il y a 5 ans

Hollande et Rousseff font des appels du pied à Merkel

<p>Fran&ccedil;ois Hollande et la pr&eacute;sidente br&eacute;silienne Dilma Rousseff, &agrave; l'Elys&eacute;e. La France et le Br&eacute;sil ont fait mardi des appels du pied &agrave; la chanceli&egrave;re allemande Angela Merkel pour qu'elle prenne des mesures destin&eacute;es &agrave; relancer la croissance en Europe et se rapproche de Paris sur la r&eacute;forme &agrave; venir de la zone euro. /Photo prise le 11 d&eacute;cembre 2012/Philippe Wojazer</p>

PARIS (Reuters) - La France et le Brésil ont fait mardi des appels du pied à la chancelière allemande Angela Merkel pour qu'elle prenne des mesures pour relancer la croissance en Europe et se rapproche de Paris sur la réforme à venir de la zone euro.

"S'il y a des pays et nous les connaissons, qui doivent faire un effort de compétitivité, il y en a d'autres qui doivent réduire leurs excédents commerciaux et soutenir la demande intérieure", a déclaré François Hollande lors d'un forum auquel participait la présidente brésilienne Dilma Rousseff en visite d'Etat à Paris.

"C'est la condition pour retrouver la croissance", a poursuivi le président français pour qui construire "l'Europe de demain" ne se fera pas uniquement en réduisant les déficits publics, quel qu'en soient les effets sur la croissance.

"Je n'accepte pas l'idée qu'il y aurait en Europe un centre qui irait bien et puis une périphérie qui souffrirait et qui serait même condamnée à vivre toujours moins bien que nous", a poursuivi François Hollande, qui a vanté son propre engagement à promouvoir une politique de croissance en Europe.

Dilma Rousseff a critiqué les politiques d'austérité en Europe qui sont, selon elle, à l'origine de l'aggravation de la récession en Europe du Sud.

Celle qui a succédé à Luiz Inacio Lula da Silva a aussi proposé une vision "maximaliste" du rôle de la Banque centrale européenne (BCE), dont les initiatives pour apaiser la crise de la dette sont parfois critiquées en Allemagne.

Dilma Rousseff s'est ainsi fait l'avocat d'une "véritable union bancaire dans laquelle une banque centrale aurait les pouvoir de défendre l'euro sur tous les fronts", à la veille d'une réunion cruciale des ministres des Finances de la zone euro sur ce dossier qui divise Paris et Berlin.

La présidente brésilienne a défendu une BCE qui puisse, comme le souhaite Paris, émettre des obligations communes, ce que refuse Angela Merkel sans bond fédéral parallèle.

Face à une croissance qui s'essouffle, la Banque centrale brésilienne a mené une série de baisses des taux, cherchant ainsi à stimuler la sixième économie mondiale qui souffre du ralentissement économique mondial.

Illustration de cette période difficile, la production automobile au Brésil devrait baisser cette année, pour la première fois depuis dix ans.

Dilma Rousseff, qui a mis en oeuvre de grands travaux d'infrastructures, a salué la "voie claire" de François Hollande, constituée selon elle de réajustements budgétaires et de mesures pour promouvoir la croissance.

De nombreux économistes s'interrogent sur l'ampleur et le rythme des réductions budgétaires prévues en France, environ 12 milliards par an durant le quinquennat et estiment qu'elles pourraient entraîner une récession en 2013.

Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse

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