5 décembre 2012 / 17:53 / dans 5 ans

EADS remanie son capital et simplifie sa gouvernance

par Cyril Altmeyer

<p>EADS va profond&eacute;ment r&eacute;organiser son actionnariat, une &eacute;volution qui s'accompagnera d'un rachat pouvant aller jusqu'&agrave; 15% de ses actions pour accompagner la sortie pr&eacute;vue des groupes priv&eacute;s fran&ccedil;ais Lagard&egrave;re et allemand Daimler de son capital. /Photo d'archives/REUTERS/Tobias Schwarz</p>

PARIS (Reuters) - EADS a annoncé mercredi une profonde réorganisation de son actionnariat, permettant à l‘Allemagne d‘entrer pour la première fois directement au capital du groupe et aux Etats de réduire leur participation cumulée, même s‘ils entendent conserver une influence.

Moins de deux mois après l’échec de sa tentative de fusion avec le britannique BAE Systems, le groupe d‘aérospatiale et de défense effectue sa mue la plus spectaculaire depuis sa création en 2000 et adopte une gouvernance classique tout en préservant le sacro-saint équilibre franco-allemand.

Le groupe procèdera à un rachat allant jusqu’à 15% de ses actions pour accompagner la sortie prévue des groupes privés français Lagardère et allemand Daimler de son capital.

L‘assemblée générale extraordinaire destinée à avaliser le changement de gouvernance du groupe et le rachat d‘actions devrait avoir lieu au premier trimestre, selon des sources proches du dossier.

La France et l‘Allemagne auront chacune deux représentants au nouveau conseil d‘administration de 12 membres, a précisé une source proche de l‘Elysée.

Les deux gouvernements ont salué l‘annonce de cet accord, intensément négocié ces dernières semaines sur les bases du schéma imaginé lors du projet de fusion avorté avec BAE.

COMPTES-RENDUS RÉGULIERS À L’ÉLYSÉE

Le président exécutif d‘EADS, Tom Enders, a rencontré François Hollande mercredi matin.

“Ce fut une discussion très franche qui a duré une heure”, a rapporté une conseiller de l‘Elysée. “Le président a demandé que Tom Enders rende compte régulièrement de son action aux ministres de l‘Economie et de la Défense tous les huit mois environ”.

Tom Enders doit rencontrer jeudi matin le ministre de l‘Economie, Pierre Moscovici.

L‘accord prévoit également un dispositif permettant à la France et à l‘Allemagne de protéger leurs intérêts liés à la sécurité nationale, notamment en ce qui concerne la force de dissuasion nucléaire pour Paris.

Les négociations ont également permis de confirmer l‘implantation du siège opérationnel d‘EADS à Toulouse, aux côtés de celui de l‘avionneur Airbus, une mesure chère à Tom Enders.

La France et l‘Allemagne détiendront à terme jusqu’à 12% du capital d‘EADS et l‘Espagne environ 4%, avec des droits de préemption réciproques, dans le cadre d‘un nouvel accord qui remplacera le pacte d‘actionnaires de 2000.

Le flottant d‘EADS passera ainsi de moins de 50% à plus de 70%.

Actuellement, l‘Etat français détient 15% du capital directement et Lagardère 7,5%. Du côté allemand, le groupe industriel Daimler possède près de 15% d‘EADS et un consortium de sept banques allemandes (Dedalus) se partage 7,5%.

Daimler a d‘ores et déjà démarré le processus de sortie progressive du capital d‘EADS en vendant, selon deux sources proches du dossier, des actions à un prix compris entre 26,25 euros et le cours de l‘action, qui a clôturé à 27,23 euros à Paris mercredi, en hausse pour la troisième séance d‘affilée.

Le constructeur automobile compte céder au total 7,44% du capital d‘EADS ce mois-ci, dont 2,76% à la banque publique KfW. La vente du solde de sa participation devra attendre l‘assemblée générale extraordinaire.

Lagardère, lui, vendra 5,5% du capital à EADS lors de l‘opération de rachat d‘actions. Le groupe de médias pourra céder ses 2% restants dans le cadre de ce processus ou sur le marché.

Cette vaste réorganisation recèle également un accord distinct donnant à l‘Etat français un droit de préemption sur toute cession des 46% d‘EADS dans Dassault Aviation.

EADS devra en outre consulter le gouvernement français avant d‘exercer ses droits aux assemblées générales de Dassault Aviation, traduisant une volonté de l‘Etat d‘accroître son influence sur le constructeur des avions de combat de Rafale dont il est pour l‘instant l‘unique client.

Avec Elizabeth Pineau et Tim Hepher, édité par Jean-Michel Bélot

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