2 décembre 2012 / 13:32 / il y a 5 ans

Il sera compliqué pour Madrid de tenir ses objectifs, dit Rajoy

<p>Le pr&eacute;sident du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, d&eacute;clare dimanche qu'il sera "tr&egrave;s compliqu&eacute;" pour l'Espagne de tenir son objectif de d&eacute;ficit de 6,3% du PIB cette ann&eacute;e et n'exclut pas de demander un plan de soutien financier &agrave; ses partenaires. /Photo prise le 28 novembre 2012/Andrea Comas</p>

MADRID (Reuters) - Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, déclare dimanche qu'il sera "très compliqué" pour l'Espagne de tenir son objectif de déficit de 6,3% du PIB cette année et n'exclut pas de demander un plan de soutien financier à ses partenaires.

Dans une interview que publie le quotidien La Razon, le chef de la droite espagnole, au pouvoir depuis novembre 2011, reconnaît qu'"il est très compliqué de réduire le déficit de 2,6 points de pourcentage dans le contexte d'une récession, avec tant de problèmes sur les recettes et des coûts de financement aussi élevés".

Les finances locales et les coûts de la Sécurité sociale pourraient empêcher l'Espagne de ramener son déficit dans les limites négociées avec l'Union européenne.

"Notre objectif est de faire bien les choses et nous verrons ce qui se passera à la fin de l'année", poursuit Rajoy.

L'Espagne a bénéficié en juin d'une ligne de crédit de 100 milliards d'euros pour aider ses banques et aux autres acteurs du secteur financier. Ces derniers mois, les spéculations vont bon train sur un plan global d'aide financière à l'instar de la Grèce, du Portugal ou de l'Irlande.

"Je comprends que lorsque nous parlons d'un sauvetage, nous faisons allusion à la possibilité que l'Espagne puisse demander à la Banque centrale européenne d'acheter des obligations sur le marché secondaire", souligne Mariano Rajoy.

"Jusqu'à présent, je n'ai pas considéré que cela était nécessaire, mais si je pense à l'avenir que cela est dans notre intérêt, je n'aurai aucun doute à l'heure de me tourner vers la BCE", ajoute-t-il.

Vendredi, le gouvernement a renoncé à une promesse de campagne en annonçant qu'il n'alignerait pas sur l'inflation la hausse des pensions de retraite en 2013. L'ajustement sera plutôt de l'ordre de 1 à 2% quand l'indice des prix à la consommation est en progression de 2,9% selon les statistiques de novembre.

Cette décision, qui va toucher neuf millions de retraités, est "imposée par la réalité", justifie Rajoy. "Les retraites représentent 25% de la dépense publique et il est annoncé que le nombre de retraités sera bien plus élevé dans les prochaines années", poursuit-il.

CRISE DE CONFIANCE DANS L'OPINION

Le président du gouvernement, qui a déjà décidé d'un plan d'économies de 60 milliards d'euros dans les dépenses publiques d'ici fin 2014, n'exclut pas d'autres mesures d'austérité, au risque d'accentuer la colère et la frustration de la population espagnole.

Selon un sondage Metroscopia publié dimanche par El Pais, neuf Espagnols sur dix estiment que la situation politique est mauvaise et ils sont 85% à avoir peu ou pas confiance en Mariano Rajoy. Son action à la tête du gouvernement est désapprouvée par 71% des personnes interrogées, soit vingt points de plus qu'au mois de mars, et 68% considèrent que le gouvernement ne sait pas ce qu'il fait.

La quatrième économie européenne traverse sa seconde récession en trois ans; le chômage y atteint 25% de la population active.

Mais cette désaffection pour Rajoy et son Parti populaire (PP) ne bénéficie pas aux autres formations politiques majeures du pays: 81% des sympathisants socialistes affirment ne pas accorder leur confiance au chef du PSOE, Alfredo Perez Rubalcaba.

Si des élections législatives avaient lieu aujourd'hui, le PP se maintiendrait en tête avec 31,3% des intentions de vote - bien en deçà cependant des 46,4% enregistrés par les instituts de sondage en mars dernier.

Les petits partis ont eux le vent en poupe: la Gauche unie est donnée à 13,3% des intentions de vote (contre 7,7% en janvier) et les centristes d'Union, Progrès & Démocratie (UPyD)sont à 10,2% (contre 4,6% en janvier).

Clare Kane; Henri-Pierre André pour le service français

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