8 novembre 2012 / 09:58 / dans 5 ans

Hu Jintao réaffirme les objectifs de croissance et de réformes

par Koh Gui Qing et Aileen Wang

<p>D&eacute;l&eacute;gu&eacute;s &agrave; P&eacute;kin lors du XVIIIe congr&egrave;s du Parti communiste. La Chine va accro&icirc;tre le r&ocirc;le des march&eacute;s en mati&egrave;re de changes et de taux d'int&eacute;r&ecirc;t, augmenter ses investissements &agrave; l'&eacute;tranger et investir dans l'industrie pour conforter l'objectif d'un doublement de son produit d'int&eacute;rieur brut d'ici 2020, a d&eacute;clar&eacute; jeudi son pr&eacute;sident, Hu Jintao. /Photo prise le 8 novembre 2012/REUTERS/Jason Lee</p>

PEKIN (Reuters) - La Chine va accroître le rôle des marchés en matière de changes et de taux d‘intérêt, augmenter ses investissements à l’étranger et investir dans l‘industrie pour conforter l‘objectif d‘un doublement de son produit d‘intérieur brut d‘ici 2020, a déclaré jeudi son président, Hu Jintao.

A l‘ouverture du XVIIIe congrès du Parti communiste, au cours duquel il passera la main à une nouvelle génération de dirigeants, le chef de l‘Etat a aussi réaffirmé l‘objectif d‘un doublement en dix ans des revenus des ménages.

“Nous devons maintenir avec fermeté la priorité stratégique de soutien à la demande intérieure, d‘accélération de la mise en oeuvre d‘un mécanisme d‘augmentation sur le long terme de la demande de consommation, libérer le potentiel de la consommation individuelle, augmenter l‘investissement à un rythme approprié et développer le marché intérieur”, a-t-il dit dans un discours.

“Nous devons développer un marché de capitaux à plusieurs niveaux, prendre des mesures régulières pour que les taux d‘intérêt et le taux de change du renminbi soient davantage fondés sur les marchés et promouvoir la convertibilité du renminbi”, a-t-il ajouté.

Hu Jintao n‘a donné aucun calendrier de mise en oeuvre de ces réformes, ni précisé le montant et les modalités de financement des investissements à engager.

Mais pour les économistes, le seul fait qu‘il réaffirme ces objectifs est en lui-même important alors que la croissance chinoise ralentit depuis près de deux ans et devrait s‘afficher à 7,7% sur l‘ensemble de cette année, son plus bas niveau depuis 1999.

“Le ralentissement de la croissance en Chine fait tellement parler qu‘il était important de réaffirmer l‘objectif dans ce discours. Mais les chiffres ne sont pas nouveaux”, a commenté Tim Condon, responsable de la recherche économique Asie d‘ING à Singapour.

Depuis les réformes en profondeur engagées par Deng Xiaoping à la fin des années 1970, les dirigeants chinois affichent pour objectif de base un doublement de la taille de l’économie du pays tous les dix ans. Déjà spectaculaire en soi, cet objectif a en fait été dépassé puisque la croissance moyenne a dépassé 10% sur les 30 dernières années.

Le plan quinquennal en cours, qui s‘achèvera en 2015, prévoit une croissance annuelle moyenne de 7% et l‘objectif 2012 est fixé à 7,5%, ce qui sous-entend qu‘un ralentissement supplémentaire ne ferait pas réellement dérailler l’économie. En 2011, le PIB a augmenté de 9,2%.

LES ÉCARTS DE REVENUS, ENJEU MAJEUR

Le plan prévoit aussi une hausse de plus de 7% des revenus des ménages dans les zones urbaines et rurales, un rythme qui permettrait d‘assurer leur doublement en dix ans.

La disparité des revenus au sein de la population chinoise est devenue au fil des ans un sujet politiquement sensible, les écarts entre riches et pauvres se transformant progressivement en véritable gouffre.

Environ 13% des 1,3 milliards de Chinois vivent toujours avec moins d‘un euro par jour selon le Programme des Nations unies pour le développement et le revenu disponible moyen ne dépasse pas 21.810 yuans (2.735 euros) par an.

La République populaire compte néanmoins 2,7 millionnaires en dollars et 251 milliardaires selon l’étude annuelle de la société spécialisée Hurun.

Pour Gary Liu, directeur général adjoint du cercle de réflexion CEIBS Lujiazui Institute for International Finance, cette dichotomie des revenus, qui nourrit les tensions sociales, devrait devenir une priorité pour Pékin.

“Le défi consiste à atteindre les objectifs économiques sans sacrifier la stabilité sociale”, déclare-t-il, expliquant qu‘au-delà des écarts de revenus, les autorités doivent répondre aux difficultés héritées de l‘ancien modèle économique, comme la corruption et la pollution.

“L‘opinion publique, les gens ont l‘impression de ne pas en avoir assez tiré les bénéfices. Certes, les revenus ont augmenté, mais pas aussi vite que les coûts, ceux du logement par exemple”, explique-t-il.

“La question n‘est pas simplement de doubler les revenus: le vrai problème, c‘est de savoir si on peut améliorer le bien-être ou la satisfaction des gens”, poursuit le chercheur. “Dans la situation actuelle, les gens se sentent très frustrés par le contexte social en Chine.”

Marc Angrand pour le service français, édité par Marine Pennetier

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