24 octobre 2012 / 10:54 / il y a 5 ans

Le ralentissement en zone euro n'épargne plus l'Allemagne

LONDRES/BERLIN (Reuters) - Les entreprises de la zone euro ont connu en octobre leur plus mauvais mois depuis la fin de la dernière récession en 2009, ce qui les a conduit à réduire encore leurs effectifs, montrent mercredi les premiers résultats des enquêtes mensuelles Markit auprès des directeurs d‘achats.

<p>Les entreprises de la zone euro ont connu en octobre leur plus mauvais mois depuis la fin de la derni&egrave;re r&eacute;cession en 2009, ce qui les a conduit &agrave; r&eacute;duire encore leurs effectifs. /Photo d'archives/REUTERS</p>

La contraction des indicateurs d‘activité, qui avait commencé en périphérie de la zone euro, touche désormais la France et l‘Allemagne, première puissance du bloc, où le climat des affaires est tombé à son plus bas niveau depuis plus de deux ans et demi selon la dernière enquête Ifo.

L‘indice composite des directeurs d‘achats (PMI) de Markit a reculé à 45,8 contre 46,1 en septembre, au plus bas depuis juin 2009 et en-deçà du consensus qui était de 46,4. L‘indice végète depuis février sous la barre de 50 qui sépare contraction et expansion.

“C‘est très décevant, c‘est un scénario déprimant car la situation se dégrade”, a déclaré Chris Williamson, économiste chez Markit, pour qui ces chiffres laissent craindre une baisse de 0,6% du PIB de la zone euro au troisième trimestre et au début du quatrième trimestre, alors que les chiffres officiels annoncent un PIB en baisse plus limitée, de 0,2-0,3%.

Parallèlement, l‘indice Ifo a reculé pour le sixième mois consécutif en octobre, nouveau signe de l‘impact de la crise de la dette sur la première économie de la zone euro.

Cet indice, établi à partir d‘une enquête auprès de quelque 7.000 entreprises allemandes, a reculé à 100,0 contre 101,4 en septembre alors que les économistes l‘attendaient en très légère progression à 101,5.

Un économiste de l‘institut Ifo a cependant souligné que l‘Allemagne n’était pas en récession, tout en reconnaissant qu‘elle était menacée de stagnation au quatrième trimestre.

“Il n‘y a pas de récession en vue en Allemagne actuellement, du moment que la crise de la dette ne s‘aggrave pas”, a déclaré Klaus Wohlrabe.

Il a ajouté que l‘engagement de la Banque centrale européenne (BCE) de racheter de la dette des pays en difficulté de la zone euro n‘avait pas diminué l‘incertitude qui pesait sur l’économie réelle et il a constaté un décalage entre le sentiment sur les marchés financiers et le moral des entrepreneurs.

FERMER LES ÉCOUTILLES

Les indices PMI des directeurs d‘achats sont ressortis sous la barre de 50 pour le sixième mois d‘affilée en Allemagne et pour le huitième mois d‘affilée en France, soulevant le risque d‘une contraction de l’économie hexagonale au deuxième semestre, le chômage poursuivant parallèlement sa hausse.

Sur l‘ensemble de la zone euro, le PMI des services a légèrement augmenté en octobre, à 46,2 en première estimation contre 46,1 en septembre, mais il est inférieur aux attentes des économistes à 46,4.

Le jugement des directeurs d‘achats sur les perspectives d‘activité s‘est encore aggravé ces dernières semaines, l‘indice des anticipations reculant à 47,8 contre 49,4, son plus bas niveau depuis février 2009, au plus fort de la récession.

Le secteur manufacturier n‘a guère fait mieux, avec un indice à 45,3 contre 46,1 le mois dernier, inférieur lui aussi au consensus (46,5) et loin de la barre de 50.

Les anticipations des industriels sont tout aussi moroses que dans les services, incitant les entreprises à réduire leurs stocks au rythme le plus élevé depuis décembre 2009.

Autre signe du pessimisme ambiant, les entreprises ont réduit leurs effectifs pour le dixième mois d‘affilée, bien qu’à un rythme un peu plus limité, avec une composante emploi en hausse, à 47,1 ce mois-ci contre 46,4 le mois dernier.

“Il n‘y a pas un élément spécifique qui pèse sur le moral des entreprises, il s‘agit d‘une morosité beaucoup plus globale et généralisée”, a résumé Chris Williamson

“Les entreprises sont très engagées dans la réduction des coûts, en état de retranchement; elles ferment les écoutilles parce qu‘elles ne savent pas à quoi s‘attendre”, a-t-il ajouté.

L‘euro a touché un plus bas d‘une semaine et les Bourses en Europe se sont orientées en baisse après la publication de ces deux indicateurs.

Jonathan Cable à Londres et Christian Kraemer à Berlin, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc Angrand

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