23 octobre 2012 / 09:33 / il y a 5 ans

Airbus inaugure l'usine d'assemblage de son futur A350

par Jean Décotte et Tim Hepher

<p>Airbus a inaugur&eacute; mardi pr&egrave;s de Toulouse l'usine d'assemblage final de son futur long courrier A350, marquant une nouvelle phase dans sa lutte face &agrave; Boeing pour l'emporter sur ce lucratif segment du march&eacute; a&eacute;ronautique. /Photo prise le 23 octobre 2012/REUTERS/Jean-Philippe Arles</p>

COLOMIERS, Haute-Garonne (Reuters) - Jean-Marc Ayrault a inauguré mardi l‘usine d‘assemblage final du futur long courrier A350 près de Toulouse, apportant le soutien de la France à Airbus sur ce programme, pomme de discorde entre l‘avionneur européen et l‘Allemagne.

Dans la nouvelle usine Roger-Béteille de Colomiers, du nom du pionnier des bimoteurs long courriers, le Premier ministre a aussi renouvelé la confiance de la France à la direction actuelle d‘EADS, ébranlée ces derniers jours par l’échec du projet de fusion avec BAE Systems.

Berlin a suspendu un prêt de 600 millions d‘euros destiné à l‘A350, dont le coût est estimé à 15 milliards de dollars (11,5 milliards d‘euros), pour protester contre le non-respect d‘un accord sur la localisation de la production en Allemagne.

“Les Etats européens partenaires (...) jouent depuis toujours un rôle majeur dans le développement des grands projets aéronautiques”, a dit Jean-Marc Ayrault.

“C‘est bien sûr le cas pour l‘A350 et il est essentiel que leurs engagements soient intégralement tenus. La France pour sa part respectera les siens.”

Le président exécutif d‘Airbus Fabrice Brégier a rappelé de son côté qu‘il avait été décidé lors du lancement du programme en 2007 de n‘avoir qu‘une usine d‘assemblage pour l‘A350, pour une meilleure efficacité, et de l‘installer à Toulouse sans que cela soit contesté à l’époque.

Fabrice Brégier a cependant précisé que la suspension du prêt allemand n‘entraînerait pas de retard dans le programme.

Il a confirmé prévoir un premier vol de l‘A350 à l’été 2013 - peut-être même au salon du Bourget qui se tiendra près de Paris en juin - avant une entrée en service au second semestre 2014, soit un an de retard sur le programme initial.

“CHAUD AU COEUR”

Deux semaines seulement après l‘annonce de l’échec de la fusion EADS-BAE, qui aurait pu donner naissance au numéro un mondial de l‘aéronautique et de la défense, Jean-Marc Ayrault a aussi tenu à assurer de son soutien la direction d‘EADS, en particulier le président exécutif Tom Enders.

“J‘ai soutenu le groupe EADS. C‘est très important d‘adresser à cette occasion un message de confiance à tout le groupe EADS, pas seulement Airbus, et je pense que cette parole était attendue”, a-t-il dit à la presse, refusant d’évoquer l’échec de cette fusion estimée à 38 milliards d‘euros.

“On ne va pas revenir là-dessus, moi je suis toujours à regarder de l‘avant.”

Fabrice Brégier, successeur de Tom Enders à la tête d‘Airbus, a apprécié la marque de soutien du Premier ministre, jugeant qu‘elle faisait “chaud au coeur”. Il a reconnu une opposition avec l‘Allemagne sur la question du prêt pour le programme A350.

“À ma connaissance, nous avons toujours un débat avec l‘Allemagne, et uniquement avec elle”, a-t-il dit un peu plus tard lors d‘une conférence de presse en anglais.

“Mais j‘ai confiance dans le fait que nous surmonterons tout cela et que nous démontrerons que le programme A350 ne se limite pas à la chaîne d‘assemblage à Toulouse.”

DAVANTAGE D‘A350-1000 QU‘ATTENDU

Le long-courrier A350 marque une nouvelle phase dans la lutte d‘Airbus face à Boeing pour l‘emporter sur ce lucratif segment du marché aéronautique.

Lancé en réaction au 787 Dreamliner de Boeing, l‘A350 est le premier avion européen construit en matériaux composites, plus légers que l‘aluminium, permettant de réduire ainsi la consommation en kérosène. Trois versions différentes de l‘appareil pourront transporter entre 270 et 350 passagers.

Airbus et Boeing anticipent au total une demande de plus de 6.000 unités de ces long-courriers de taille intermédiaire dans les 20 prochaines années. Leur émergence permettra aux compagnies de proposer de nouveaux vols directs évitant les “hubs” surchargés.

Mais les deux rivaux sont confrontés à d’énormes défis liés à la construction de ces avions révolutionnaires plus coûteux à produire que les avions traditionnels. Ni l‘A350 ni le 787 ne devraient ainsi être bénéficiaires avant plusieurs années.

Depuis le lancement du programme, Airbus a engrangé 118 commandes de l‘A350-800, le plus petit modèle, 352 pour la version intermédiaire A350-900 et 88 pour la plus grande, l‘A350-1000. Fabrice Brégier a déclaré mardi espérer de nouvelles commandes d‘A350 d‘ici la fin de l‘année.

Lors du salon du Bourget en juin 2011, Airbus avait repoussé au second semestre 2017 la mise en service de l‘A350-1000 en raison de critiques des compagnies clientes.

Le président exécutif d‘Airbus a souligné que la difficulté pour Airbus serait davantage d‘augmenter les cadences de production de cette version que de lui trouver des clients et que ses ventes dépasseraient les attentes de l‘avionneur.

“On tablait sur moins de 50 avions par an quand on a démarré, mais je pense qu‘on peut faire beaucoup mieux que cela”, a-t-il ajouté.

Le 787 de Boeing est entré en service au Japon il y a un an après avoir subi des complications liées à la production, qui ont entraîné un retard de trois ans dans le programme.

La production à plein régime de l‘A350 va désormais démarrer pour de bon avant le vol inaugural de l’été prochain afin de monter progressivement les cadences à dix unités par mois fin 2018.

Avec Cyril Altmeyer, édité par Jean-Michel Bélot

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