17 octobre 2012 / 20:28 / il y a 5 ans

Chypre dégradé par S&P, discussions imminentes avec la troïka

<p>Standard &amp; Poor's a abaiss&eacute; sa note attach&eacute;e &agrave; la dette souveraine &agrave; long terme de Chypre, la faisant passer de "BB" &agrave; "B", l'agence de notation enfon&ccedil;ant le pays encore plus loin en cat&eacute;gorie sp&eacute;culative. /Photo d'archives/Brendan McDermid</p>

NICOSIE (Reuters) - Le ministre des Finances chypriote a déclaré mercredi s'attendre à entamer très prochainement des négociations avec la "troïka" en vue d'une aide financière, ce qui n'a pas empêché Standard & Poor's d'enfoncer encore davantage le pays en catégorie "junk" au nom de la lenteur de la conclusion d'un accord en la matière.

L'île méditerranéenne, l'un des plus petites économies de la zone euro, avait sollicité en juin une aide de l'Union européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international (FMI), les membres de la "troïka" afin de soutenir ses banques, affaiblies par leur exposition à la Grèce.

Le processus permettant de définir un plan de soutien n'a toutefois pas réellement démarré, le gouvernement rechignant de mettre en place une cure d'austérité susceptible d'être sanctionné par les électeurs lors d'un scrutin présidentiel programmé pour février 2013.

Selon S&P, qui a abaissé sa note de trois crans à "B" et maintenu une perspective négative, les échéances électorales contribuent à ce que l'agence de notation qualifie "d'inertie politique".

En attendant, poursuit S&P, l'Etat - exclu des marchés de capitaux internationaux depuis la mi-2011 - dépend grandement de banques en difficulté qu'il a été obligé de recapitaliser en l'absence du soutien du Mécanisme européen de stabilité (MES).

"Je suis sûr que nous allons aboutir à une conclusion positive de notre demande d'aide", a dit à des journalistes le ministre des Finances Vassos Shiarly.

Des responsables chypriotes ont dit que le gouvernement espérait un accord sur un plan d'aide d'ici la mi-novembre, faute de quoi certains disent que le pays d'un million d'habitants pourrait être confronté à une crise de liquidités dès le début du mois de décembre.

BESOINS PAS ENCORE CHIFFRES

Vassos Shiarly a déclaré que les besoins financiers de son pays n'avaient pas encore été chiffrés en raison de divergences entre le gouvernement et les bailleurs de fonds sur les besoins de recapitalisation des banques.

Prié par Reuters de préciser si les pourparlers avec la "troïka" débuteraient avant la fin du mois, il a répondu: "Ce mois-ci, et certainement cette semaine. Le temps est compté et il n'en reste pas beaucoup."

Certaines estimations des besoins financiers de Chypre dépassent 10 milliards d'euros, l'équivalent de 60% du produit intérieur brut (PIB) du pays.

Standard & Poor's a estimé à 15 milliards le plan de soutien pour le pays, qui courrait jusqu'en 2015.

Nicos Anastassiades, le dirigeant du principal parti d'opposition chypriote, le Rassemblement démocratique (droite), donné favori par les sondages pour l'élection présidentielle prévue en février, a par ailleurs annoncé mercredi qu'il était prêt à former un gouvernement d'union nationale en cas de victoire.

Evoquant les "problèmes de liquidité et structurels" auxquels est confronté Chypre, il a promis de mener une politique privilégiant l'investissement privé pour soutenir la croissance et l'emploi s'il accédait au pouvoir.

Standard & Poor's a abaissé sa note plus d'une semaine après que Moody's a fait de même, cette dernière évoquant la fragilité des banques chypriotes.

Selon un document transmis à la presse en début de mois, Chypre est prêt à faire plus d'économies que ce qui est demandé par ses créanciers internationaux, en échange d'un laps de temps plus long pour rembourser ses dettes.

Les créanciers internationaux préparant l'aide internationale ont demandé un total de 975 millions d'euros d'économies sur une période de quatre ans. Dans ce document contenant les contre-propositions du gouvernement, Nicosie préconise une période d'ajustement de cinq et 1,01 milliard d'économies.

Michele Kambas et Michael Winfrey, Marc Angrand et Benoît Van Overstraeten pour le service français

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