17 octobre 2012 / 16:33 / il y a 5 ans

Athènes et ses créanciers se rapprochent d'un accord

par Renee Maltezou

<p>Le Parlement grec &agrave; Ath&egrave;nes. Apr&egrave;s plusieurs mois de n&eacute;gociations souvent difficiles, la Gr&egrave;ce et la "tro&iuml;ka" de ses cr&eacute;anciers internationaux se sont mis d'accord sur l'essentiel des mesures d'aust&eacute;rit&eacute; et des r&eacute;formes &agrave; mettre en oeuvre par Ath&egrave;nes pour obtenir de nouveaux fonds et &eacute;viter la faillite. /Photo prise le 17 octobre 2012/REUTERS/Yorgos Karahalis</p>

ATHENES (Reuters) - Après plusieurs mois de négociations souvent difficiles, la Grèce et la “troïka” de ses créanciers internationaux se sont mis d‘accord sur l‘essentiel des mesures d‘austérité et des réformes à mettre en oeuvre par Athènes pour obtenir de nouveaux fonds et éviter la faillite.

“Les autorités et les délégués sont parvenus à un accord sur les principales mesures nécessaires à la relance des réformes et ont ouvert la voie à l‘achèvement de leur mission”, lit-on dans un communiqué de la “troïka” publié à la fin de sa visite à Athènes mercredi.

Athènes, qui sera à court de liquidités le mois prochain, attend avec impatience le déblocage d‘une tranche d‘aide de 31,5 milliards d‘euros dans le cadre de son plan de sauvetage international.

Pour ce faire, elle a besoin de montrer à la “troïka” constituée par le Fonds monétaire international (FMI), la Commission européenne (CE) et la Banque centrale européenne (BCE) qu‘elle est bien sur la voie des réformes promises, avec un plan d‘austérité de 11,5 milliards d‘euros et un programme de réformes tous azimuts.

Des discussions sur les questions toujours en suspens - principalement ce qui a trait aux réformes sociales et du droit du travail - vont continuer dans le but de parvenir à un accord définitif dans les prochains jours. Des questions financières seront également évoquées.

Le chef de la mission du FMI pour la Grèce, Poul Thomsen, et ses homologues représentant les autres créanciers de la Grèce devaient quitter Athènes mercredi pour rendre compte des progrès de leur mission aux chefs d‘Etat et de gouvernement de l‘Union européenne qui tiennent sommet jeudi et vendredi à Bruxelles.

Le chef du gouvernement a estimé que le pays allait bientôt obtenir les fonds souhaités et éviter ainsi une sortie de la zone euro.

“Je suis sûr que nous faisons tout ce qu‘il faut pour parvenir (à l‘accord) et l‘obtenir bientôt, de façon à aller vers un redressement”, a déclaré le Premier ministre grec, Antonis Samaras, en marge d‘une réunion des partis de la droite européenne à Bucarest.

Une fois le plan d‘austérité et de réformes totalement bouclé, la troïka FMI-CE-BCE doit présenter un rapport en bonne et due forme sur les progrès réalisés par la Grèce.

LIGNE ROUGE

Mardi, les deux parties ont résolu leurs différends sur l‘ampleur de la récession à attendre en Grèce l‘an prochain et sur les questions liées à la baisse des dépenses publiques dans le secteur de la santé, mais se sont retrouvés dans une impasse sur les réformes à mettre en place dans le domaine salarial.

L‘estimation finalement retenue est une contraction de 4,2% du produit intérieur brut (PIB) de la Grèce l‘an prochain - cela permet à son tour d’évaluer le niveau d‘endettement supportable par la Grèce. Athènes penchait pour une baisse de 3,8% et les représentants de la troïka pour un repli de 5%.

En matière de réformes du droit du travail, le rapprochement des positions apparaît plus difficile.

Fotis Kouvelis, le chef du parti Gauche démocratique, membre du gouvernement de coalition d‘Antonis Samaras, est contre les propositions de baisse des salaires dans le secteur public ou contre la suppression de l‘indexation automatique des salaires.

“C‘est notre ligne rouge et nous n‘allons pas céder là-dessus”, explique-t-on au sein du parti.

Fotis Kouvelis a à ses côtés l‘autre parti de la coalition au pouvoir, le Pasok du socialiste Evangélos Vénizélos. Les partis de gauche font valoir que la population ne peut pas se serrer davantage la ceinture.

La Grèce a prévu deux journées de protestations contre les nouvelles mesures d‘austérité mercredi et jeudi. Mercredi, plusieurs professions ont été appelées à débrayer dont les journalistes. Jeudi, le pays devrait être pratiquement à l‘arrêt en raison d‘un appel à la grève générale.

Avec Luiza Ilie et Radu Marinas à Bucarest; Mathilde Gardin et Danielle Rouquié pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse

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