17 octobre 2012 / 05:35 / dans 5 ans

Le gouvernement ira au secours de la banque de PSA

par Gilles Guillaume

<p>Fr&eacute;d&eacute;ric Saint-Geours, pr&eacute;sident du conseil de Banque PSA Finance. Un sauvetage de l'activit&eacute; bancaire du constructeur automobile est en n&eacute;gociation sous l'&eacute;gide du minist&egrave;re des Finances et du Tr&eacute;sor et avec les banques de la place, selon Le Figaro, qui pr&eacute;cise que les banques devraient s'engager &agrave; financer la filiale bancaire de PSA tandis que l'Etat apporterait sa garantie. /Photo d'archives/REUTERS/John Schults</p>

PARIS (Reuters) - Le gouvernement s‘est engagé mercredi à soutenir Banque PSA Finance, la filiale bancaire du groupe automobile PSA Peugeot Citroën confrontée à des problèmes de financement, tout en indiquant qu‘il ne pouvait y avoir de garantie d‘Etat sans contrepartie.

Banque PSA Finance (BPF), qui apporte des solutions de financement aux acheteurs ou aux concessionnaires de PSA, est en difficulté depuis l‘abaissement de la note crédit de sa maison mère fin juillet, car elle se finance auprès des banques et sur les marchés et n‘a pas d‘activité de dépôt.

Le groupe PSA, à la suite de fuites dans la presse, a fait savoir mercredi matin qu‘il étudiait plusieurs options pour aider sa filiale à trouver les financements nécessaires à son activité, un porte-parole précisant que “ni le principe, ni les modalités de ces solutions ne sont aujourd‘hui arrêtées”.

“Nous sommes en train de chercher des solutions qui permettront à cette banque de trouver les financements nécessaires”, a dit de son côté le ministre de l‘Economie Pierre Moscovici, lors d‘une conférence de presse. “Tout cela sera très prochainement finalisé.”

Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a ajouté qu’“il ne peut pas y avoir de garantie d‘Etat sans contrepartie”.

Selon Le Figaro, l’État devrait apporter sa garantie aux nouveaux emprunts de BPF pour un montant de l‘ordre de 4,0 milliards d‘euros.

Une négociation syndicats-direction-Etat sur le plan de restructuration de PSA - qui prévoit notamment 8.000 nouvelles suppressions d‘emplois en France et la fermeture de l‘usine d‘Aulnay-sous-Bois en 2014 - doit commencer le 25 octobre.

DIVERSIFIER LE FINANCEMENT

Le Figaro ajoute que les banques créancières de BPF devraient repousser les échéances de remboursement de la société sur l’équivalent de 4,0 milliards d‘euros de dettes, avant de s‘engager ensuite à lui apporter de nouveaux crédits, un montant de 1,5 milliard apporter d‘euros étant évoqué.

En Bourse, l‘action PSA prenait 2,9% à 5,96 euros à 15h00, après un plus haut à 6,09 euros en matinée. Le titre surperformait nettement l‘indice sectoriel européen de l‘automobile (+0,1%) et l‘indice SBF 120 (+0,27%).

Un porte-parole de PSA a indiqué que la dégradation de la note de crédit de PSA par les trois grandes agences de notation risquait d‘entraîner à son tour BPF en deçà de la catégorie investissement malgré sa “solidité intrinsèque” (ratio de solvabilité de 13,30% composé exclusivement de Core Tier One et plus de six mois de sécurité financière notamment).

Le 10 octobre, Moody’s a annoncé que Banque PSA Finance restait sous surveillance en vue d‘un éventuel déclassement, après la décision de l‘agence d‘abaisser de Ba2 à Ba3 la note du constructeur en raison de ses difficultés financières liées à la chute des ventes de voitures en Europe.

Moody’s avait déjà abaissé la note de PSA fin juillet, tout comme les agences Standard & Poor’s et Fitch.

PSA a engagé une diversification de ses sources de financement par la titrisation et des opérations auprès de la Banque centrale européenne. Mais les analystes soulignent que ces dernières sont entravées par le déclassement de la note crédit de la maison mère.

“Avec la dégradation de la note, la qualité de collatéral devient trop faible pour être posté auprès de la BCE”, explique-t-on de source bancaire.

“Une solution serait de réduire le montant des collatéraux en substituant le refinancement par de la dette bancaire. Sinon, il y a la garantie d‘Etat. Si l‘Etat est obligé de le faire, il le fera.”

CM-CIC ÉVOQUE UNE CESSION PARTIELLE

Analyste chez CM-CIC Securities, Florent Couvreur note pour sa part que “l‘utilisation de la titrisation ne devrait pas suffire” pour redresser la barre de BPF.

Parmi les options, CM-CIC Securities juge “fort possible” une vente d‘ici la fin de l‘année de 50% de BPF, qu‘il valorise au total à au moins deux milliards d‘euros.

Renault, a été en février le premier constructeur automobile français à lancer un livret d’épargne via son activité bancaire RCI Banque, ce qui permet à cette filiale d‘avoir une activité de dépôt. A l’époque, prié de dire si BPF pourrait lui emboîter le pas, Frédéric Saint-Geours, alors directeur de l‘activité chez PSA, avait répondu que ce n’était pas exclu mais pas non plus d‘actualité.

Dans le cadre de son dernier plan d’économies, PSA a déjà vendu depuis le début de l‘année les murs de son siège parisien et son activité de location Citer, et est sur le point de céder 75% de sa filiale logistique Gefco à un groupe russe.

Avec Jean-Baptiste Vey et Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Dominique Rodriguez

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