12 octobre 2012 / 10:13 / il y a 5 ans

L'Allemagne reste ferme envers la Grèce, malgré le FMI

par Antoni Slodkowski et Julien Toyer

<p>La directrice g&eacute;n&eacute;rale du Fonds mon&eacute;taire international Christine Lagarde et le ministre des Finances allemand Wolfgang Sch&auml;uble, lors de la r&eacute;union annuelle du FMI &agrave; Tokyo. L'Allemagne a camp&eacute; sur ses positions vendredi en r&eacute;affirmant qu'il &eacute;tait encore trop t&ocirc;t pour d&eacute;terminer si la Gr&egrave;ce avait besoin de davantage de temps pour atteindre ses objectifs de r&eacute;duction des d&eacute;ficits alors que le FMI semble dispos&eacute; &agrave; faire preuve d'indulgence. /Photo prise le 12 octobre 2012/REUTERS/Kim Kyung-Hoon</p>

TOKYO (Reuters) - L‘Allemagne a campé sur ses positions vendredi en réaffirmant qu‘il était encore trop tôt pour déterminer si la Grèce avait besoin de davantage de temps pour atteindre ses objectifs de réduction des déficits alors que le Fonds monétaire international (FMI) semble disposé à faire preuve d‘indulgence.

L’évolution de la crise de la zone euro reste au coeur des discussions qui animent la réunion annuelle du FMI à Tokyo, en dépit des efforts menés par les dirigeants européens pour ne pas concentrer les discussions uniquement sur ce sujet.

Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, a ainsi jugé jeudi qu‘il fallait laisser plus de temps à l‘Espagne et la Grèce, au centre de la crise de la zone euro, pour réduire leur déficit.

Assouplissant sa position, le FMI a estimé qu‘il était contre-productif de contraindre les pays lourdement endettés comme la Grèce de réduire trop rapidement leur déficit car cela affectait leur économie.

Cette nouvelle position, soutenue par les Etats-Unis, a été bien accueillie par ceux qui critiquaient depuis longtemps les politiques d‘austérité drastiques imposées par l‘institution.

“Cela fait un certain temps que nous expliquons que des mesures budgétaires draconiennes pouvaient être contre-productives”, a déclaré le ministre des Finances brésilien Guido Mantega.

Mais l‘Allemagne est pour sa part restée ferme et a jugé que revenir sur les engagements de réductions de déficits entamerait la crédibilité de l‘Europe.

Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble a par ailleurs critiqué la position de Christine Lagarde qui s‘est exprimée avant la publication d‘un rapport de la troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne et FMI) sur l’évolution de la situation de la Grèce, attendue dans les prochaines semaines.

“Nous ne devons pas nous prononcer avant d‘avoir eu ce rapport”, a-t-il estimé

“L‘Europe n‘est pas cause de tous les problèmes mondiaux”, a tenu à rappeler Wolfgang Schäuble, rappelant les difficultés rencontrées par les Etats-Unis en matière budgétaire.

PAS DE PRESSION SUR L‘ESPAGNE

Le ministre de l‘Economie espagnol Luis de Guindos a pour sa part déclaré qu‘il n‘y avait aucune résistance politique au sein de la zone euro à l‘idée d‘une demande d‘aide que pourrait formuler Madrid.

Prié de dire si le pays avait besoin d‘une clarification des positions de ses partenaires européens avant de prendre une décision sur une demande d‘aide, il a répondu: “Pas du tout”.

“Il n‘y a aucune pression, ni dans un sens ni dans un autre”, a ajouté Luis de Guindos, ajoutant que la décision de l‘Espagne au sujet d‘une aide ne dépendait pas des annonces des agences de notation.

Standard & Poor’s a annoncé mercredi avoir abaissé de deux crans la note souveraine de l‘Espagne, à “BBB-”, la ramenant ainsi au dernier niveau avant la catégorie spéculative, citant notamment une “aggravation de la récession qui limite les options du gouvernement”.

Moody’s doit annoncer d‘ici la fin du mois le résultat de son examen de la note espagnole qui, si elle était abaissée par l‘agence de notation, basculerait en “junk”.

Luis de Guindos a également dit que, si les prévisions économiques de novembre de la Commission européenne montrent une aggravation de la récession, l‘Espagne pourrait être amenée à revoir ses objectifs de réduction des déficits nominaux, tout en ne modifiant pas ses efforts structurels de baisse des déficits.

L‘inflexion de la position du FMI intervient trois jours après que l‘institution a abaissé ses prévisions de croissance mondiale pour la deuxième fois depuis avril, en soulignant qu‘un retard des Etats-Unis et de l‘Europe dans la résolution de leurs difficultés économiques risquerait de prolonger la morosité ambiante.

“Félicitations au FMI pour avoir eu le courage (de changer de position), cela veut dire s‘opposer à de puissants acteurs tout en admettant que sa propre analyse avait des défauts”, estime Paul Krugman, prix Nobel d’économie, sur son blog.

Le Japon, hôte de la réunion annuelle du FMI, a pour sa part revu vendredi à la baisse son évaluation de l’économie nippone pour le troisième mois consécutif en octobre.

Catherine Monin pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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