9 octobre 2012 / 08:23 / il y a 5 ans

L'Espagne et l'Eurogroupe pour des objectifs plus réalistes

par Robin Emmott

<p>Le Fonds mon&eacute;taire international estime que le d&eacute;ficit espagnol devrait atteindre 7% du PIB en 2012 puis 5,7% en 2013, &agrave; comparer &agrave; des objectifs de respectivement 6,3% et 4,5% convenus avec l'Union europ&eacute;enne. /Photo d'archives/REUTERS/Andrea Comas</p>

MADRID/LUXEMBOURG (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro estiment que les coupes budgétaires mises en oeuvre par l‘Espagne devraient prendre en compte la faiblesse de l’économie, a déclaré mardi le ministre de l‘Economie espagnol, ajoutant que Madrid s‘efforcerait de limiter la récession économique.

Selon le Fonds monétaire international, l‘Espagne manquera ses objectifs de déficit budgétaire en 2012 et 2013 et son endettement dépassera la barre des 90% du produit intérieur brut en raison de la recapitalisation du secteur bancaire.

“Il y a eu une appréciation positive (du budget 2013 de l‘Espagne par les ministres des Finances de la zone euro), de la politique économique de l‘Espagne et de la nécessité d‘effectuer des ajustements budgétaires en lien avec la situation économique du pays”, a dit Luis de Guindos à des journalistes à l‘occasion d‘une réunion des ministres des Finances de l‘Union européenne à Luxembourg.

Un haut responsable de la zone euro a déclaré à Reuters qu’étant donné la prévision de croissance, des doutes faisaient jour quant à la capacité de Madrid d‘atteindre ses objectifs budgétaires.

Lors d‘une réunion de l‘Eurogroupe, les ministres des Finances de la zone euro ont souligné que l‘Espagne prenait des mesures pour réformer son économie et se financer avec succès sur les marchés, ajoutant que le pays n‘avait pas besoin d‘un sauvetage, pour le moment du moins.

La plupart des investisseurs ont cependant parié sur une demande d‘aide de Madrid, démarche qui déclenchera le programme de rachats d‘obligations élaboré par la Banque centrale européenne (BCE), ce qui explique la bonne tenue des places boursières en septembre et la baisse des coûts de financement supportés par l‘Espagne.

POURSUITE DES RÉFORMES

Prié de dire si Madrid allait solliciter une aide internationale, Luis de Guindos a déclaré : “Pour le moment, le gouvernement espagnol va poursuivre les réformes, continuer de faire baisser les déficits publics et ensuite dissiper tous les doutes au sujet de l‘avenir de la zone euro.”

Dans un point sur la situation budgétaire de l‘Espagne, le FMI écrit que le déficit budgétaire devrait atteindre 7% du PIB en 2012 puis 5,7% en 2013, à comparer à des objectifs de respectivement 6,3% et 4,5% convenus avec l‘Union européenne.

L‘Espagne a remplacé la Grèce, le Portugal et l‘Irlande comme épicentre de la crise de la dette dans la zone euro après avoir manqué de loin son objectif de budget en 2011.

Le gouvernement espagnol a bâti son projet de budget 2013 sur une récession de 0,5%. Le FMI prévoit lui que l’économie espagnole, paralysée par l’éclatement de la bulle immobilière et le taux de chômage le plus élevé de l‘UE, se contractera de 1,3% en 2013 et de 1,5% cette année.

“Je respecte énormément les prévisions du FMI... mais elles ne sont pas gravées dans la pierre”, a déclaré Luis de Guindos.

“Tout ce je peux dire (au sujet des prévisions du FMI pour l‘Espagne) c‘est que nous allons essayer d’éviter qu‘elles ne se réalisent”, a déclaré Luis de Guindos, ajoutant que ses homologues de la zone euro n‘avaient pas réclamé davantage de coupes en vue de l‘atteinte des objectifs convenus avec l‘UE.

ALLER PLUS LOIN DANS L‘AUSTÉRITÉ

Le gouvernement s‘est engagé à redresser les finances publiques mais les difficultés financières des régions et la recapitalisation du secteur bancaire rendue nécessaire par l’éclatement de la bulle immobilière lui compliquent la tâche.

Madrid a avancé la semaine dernière une estimation de 7,4% pour le déficit en 2012, mais ce chiffre inclut des éléments ponctuels liés à la recapitalisation des banques que la Commission européenne a accepté de ne pas prendre en compte.

La CE publiera le 7 novembre ses prévisions économiques actualisées.

Le nouveau gouverneur de la Banque d‘Espagne Luis Maria Linde a prévenu la semaine dernière que le projet de budget 2013 s‘appuyait sur des prévisions trop optimistes et que le gouvernement, qui a déjà augmenté les impôts et réduit les coûts de dix milliards d‘euros, devrait envisager d‘aller plus loin dans l‘austérité pour atteindre ses objectifs de déficit budgétaire.

Le FMI s‘attend à ce que le ratio dette/PIB atteigne 90,7% en 2012 et 96,9% en 2013, et ajoute que le déficit budgétaire ne reviendra pas sous la barre des 3% du PIB avant 2017.

Ces prévisions prennent pour hypothèse l‘utilisation complète de la ligne de crédit de 100 milliards d‘euros que l‘Espagne a obtenue auprès de ses partenaires européens pour recapitaliser le secteur bancaire.

Madrid n‘entend puiser que 40 milliards d‘euros dans ce fonds de secours, ce qui d‘après le gouvernement porterait le niveau d‘endettement à 84,7% du PIB en 2012 puis 90,9% en 2013.

Avec la contribution de Julien Toyer, Mathilde Gardin et Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par Véronique Tison et Wilfrid Exbrayat

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