17 septembre 2012 / 08:04 / il y a 5 ans

Fermeture d'usines japonaises après les troubles en Chine

par Kazunori Takada

<p>MANIFESTATIONS ANTI-JAPONAISES EN CHINE</p>

SHANGHAI (Reuters) - Plusieurs grands groupes japonais ont fermé lundi leurs usines en Chine et conseillé à leurs employés expatriés de ne pas sortir, à la suite de violentes manifestations provoquées par une querelle autour d‘un archipel revendiqué par les deux pays.

De nombreuses écoles nippones, notamment à Pékin et Shanghai, ont également fermé leurs portes pour la semaine et la crainte s‘est installée au sein de la communauté des expatriés nippons après un week-end de violences antijaponaises dans plusieurs villes de Chine.

Des milliers de nationalistes chinois ont manifesté contre le Japon après l‘annonce par Tokyo du rachat à leur propriétaire privé d‘un groupe d’îles en mer de Chine orientale que les Chinois appellent Diaoyu et les Japonais Senkaku.

Des violences ont éclaté dans au moins cinq villes. Essentiellement dirigées contre les représentations diplomatiques japonaises, elles ont aussi visé des boutiques, des restaurants et des concessionnaires automobiles de marques nippones, comme Toyota et Honda, qui suspend sa production en Chine pour deux jours à partir de mardi.

Mazda a également annoncé l‘arrêt de la production à partir de mardi, pour quatre jours, dans son usine de Nankin, gérée conjointement avec Chongqing Changan Automobile et Ford.

“Je veux partir”, a confié un cadre de Nissan, qui suspend aussi sa production en Chine pour deux jours à partir de lundi. “Les manifestations près de chez moi étaient terrifiantes.”

Toyota a, en revanche, précisé que ses usines fonctionnaient normalement et que le groupe n‘avait pas demandé à ses employés japonais de quitter la Chine.

ANNULATIONS DE VOLS

Parmi les distributeurs, Fast Retailing a annoncé qu‘il fermerait mardi 19 de ses magasins Uniqlo, contre sept lundi. Seven & I a fermé 13 supermarchés et 198 supérettes et Aeon a demandé à ses employés japonais de ne pas se rendre en Chine en voyage d‘affaires.

Dans l’électronique, le groupe Panasonic a annoncé qu‘une de ses usines avait été victime d‘actes de “sabotage” de la part d‘employés chinois et que le site resterait fermé jusque mardi inclus. Sony a encouragé ses employés à éviter les voyages d‘affaires qui ne seraient pas essentiels. Selon la presse japonaise, le groupe Canon interrompra lundi et mardi la production dans trois de ses quatre usines en Chine.

La compagnie aérienne All Nippon Airways a signalé une hausse des annulations sur les liaisons entre les deux pays.

Sur le terrain, la police de Qingdao, l‘une des villes où des violences ont éclaté, a annoncé l‘arrestation d‘un certain nombre de personnes soupçonnées de “troubles à l‘ordre social”. La police de Canton dit avoir interpellé onze personnes.

La situation pourrait se tendre un peu plus car le Quotidien du peuple, organe du Parti communiste, rapporte qu‘un millier de bateaux de pêche chinois naviguent vers l‘archipel.

Tokyo a mis en garde ses ressortissants contre de probables nouvelles manifestations mardi, journée de commémoration en Chine de l‘invasion de la Mandchourie par le Japon en 1931.

Le Premier ministre japonais, Yoshihiro Noda, qui a rencontré lundi à Tokyo le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a exhorté les autorités chinoises à garantir la sécurité des ressortissants et des biens japonais.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a assuré que ce serait le cas. Il a toutefois jugé qu‘il revenait au Japon de modifier sa position pour apaiser ces tensions.

“Les conséquences profondément destructrices de l‘acquisition illégale des îles Diaoyu ne s‘interrompent pas et le Japon en porte la responsabilité”, a déclaré Hong Lei, porte-parole du ministère, demandant à Tokyo d‘adopter “une attitude et une approche correctes”.

PREMIER PARTENAIRE COMMERCIAL

Leon Panetta a déclaré que les Etats-Unis respecteraient leurs obligations aux termes du traité de sécurité les liant au Japon. Il a toutefois dit que Washington ne prendrait pas partie dans le contentieux territorial et a invité les deux voisins à la retenue.

Malgré leurs contentieux historiques et territoriaux, la Chine est le premier partenaire commercial du Japon. En 2011, leur commerce bilatéral a augmenté en valeur de 14,3% pour atteindre 345 milliards de dollars (263 milliards d‘euros), un record.

Dans son édition internationale, le Quotidien du peuple prévient que le Japon risque d’être confronté à une nouvelle “décennie perdue” de stagnation économique, et pourrait même “devoir se préparer à revenir vingt ans en arrière” si la Chine recourait à des sanctions économiques.

“La Chine est toujours extrêmement prudente quand il s‘agit de jouer la carte économique”, poursuit le journal dans un éditorial en première page. “Mais dans les luttes qui touchent à la souveraineté territoriale, si le Japon continue ses provocations, la Chine mènera bataille.”

La Chine estime que ses frontières maritimes sont définies par son plateau continental alors que le Japon juge que la séparation entre les zones économiques exclusives des deux pays est déterminée par la médiane entre leurs côtes respectives.

Avec Chris Buckley et Ben Blanchard à Pékin, Yoko Kubota, Antoni Slodowski et Linda Sieg à Tokyo, Jean-Stéphane Brosse, Bertrand Boucey et Julien Dury pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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