13 septembre 2012 / 16:53 / dans 5 ans

EADS chute en Bourse, les investisseurs déboussolés

PARIS (Reuters) - L‘action EADS a plongé jeudi pour la deuxième séance consécutive à la Bourse de Paris après l‘annonce d‘un projet de fusion du groupe européen d‘aéronautique et de défense avec le britannique BAE Systems.

<p>L'action EADS a plong&eacute; jeudi pour la deuxi&egrave;me s&eacute;ance cons&eacute;cutive &agrave; la Bourse de Paris apr&egrave;s l'annonce d'un projet de fusion du groupe europ&eacute;en d'a&eacute;ronautique et de d&eacute;fense avec BAE Systems. Le titre du conglom&eacute;rat europ&eacute;en a enregistr&eacute; la plus forte baisse du CAC 40 (-10,20% &agrave; 25,145 euros) et celui du groupe britannique a c&eacute;d&eacute; 7,29%. /Photo prise le 13 septembre 2012/REUTERS/Tobias Schwarz</p>

Le titre a clôturé en baisse de 10,20% à 25,145 euros, accusant de loin la plus forte baisse de l‘indice CAC 40 (-1,18%), dans des volumes très étoffés représentant 13 fois la moyenne des échanges quotidiens des trois derniers mois.

Mercredi, il avait déjà abandonné 5,63% après des fuites dans la presse sur le projet, officialisé à la clôture du marché par les deux parties.

En deux jours, EADS a ainsi perdu 15,2% et a vu s‘envoler 3,7 milliards d‘euros de capitalisation boursière, ramenée à 20,8 milliards d‘euros.

Son possible partenaire BAE, qui avait fait un bond de 10,62% mercredi, a perdu 7,29% jeudi. Les groupe Lagardère et Daimler, qui détiennent respectivement 7,5% et 15% d‘EADS et souhaitent les céder, ont pour leur part terminé en léger repli de 0,8% et 0,57%.

Le marché craint que l‘opération, qui pourrait potentiellement provoquer un chamboulement de grande ampleur du secteur européen de l‘aéronautique et de la défense, ne se heurte à des obstacles politiques et réglementaires.

S‘il perdure, le mauvais accueil en Bourse du projet, révélé au grand public avant qu‘il n‘ait été finalisé, pourrait encore compliquer la donne, en modifiant les valorisations qui ont servi de base aux discussions.

“Compte tenu de la complexité et du caractère sensible du point de vue de la sécurité de certains contrats de défense, il va sans doute s‘agir d‘un processus long et compliqué”, a estimé l‘agence Fitch, tout en jugeant l‘opération sensée d‘un point de vue industriel.

Citi et Deutsche Bank ont abaissé leurs recommandations, respectivement à neutre et conserver, tandis qu‘Espirito Santo Investment Bank a réitéré son conseil de vendre EADS et d‘acheter BAE.

Dans une note, Citi, qui a retiré EADS de sa liste de valeurs européennes préférées, estime “le moment opportun” pour dégrader le titre compte tenu de sa performance depuis le début de l‘année, du risque associé à la fusion potentielle avec BAE et de la remontée de l‘euro contre dollar.

L‘OPÉRATION A DU SENS INDUSTRIELLEMENT

Barclays, au contraire, conseille de surpondérer EADS.

La banque britannique relève, comme d‘autres intermédiaires, que selon les termes connus du projet de fusion -60% du capital de la nouvelle entité seraient détenus par EADS et 40% par BAE-, celui-ci implique un potentiel de hausse de 13% pour l‘action BAE et un potentiel de baisse de 7% pour celle d‘EADS.

Mais elle ajoute, s‘appuyant sur une information du Wall Street Journal qui cite des sources proches du dossier, que le marché devra revoir sa réaction initiale au regard des économies attendues de cette fusion par EADS (jusqu’à 850 millions d‘euros par an).

Barclays ajoute qu‘EADS devrait bénéficier d‘un rythme de production plus élevé des avions à forte marge et de la réduction des pertes sur le programme du superjumbo A380 et le programme A350XWB, ce qui devrait se traduire par un triplement du résultat opérationnel (Ebit) à moyen terme.

CM-CIC Securities reste à l‘achat mais juge que, si l‘opération a du “sens industriellement”, elle est “trop déséquilibrée financièrement” et plus attrayante pour les actionnaires de BAE que pour ceux d‘EADS.

Sur la base d‘un ratio valeur d‘entreprise/Ebit de 6,9 pour la nouvelle entité, cela donnerait un cours plancher de 364 pence pour BAE et de 27,6 euros pour EADS, soit les niveaux de clôture du 12 septembre.

Citi souligne pour sa part que le projet en discussion change la donne pour l‘action EADS.

Il explique que, sur la base des cours de clôture du 11 septembre (veille de l‘annonce des discussions), l‘entité qui serait formée avec BAE aurait une capitalisation boursière de 38 milliards d‘euros.

La valorisation induite serait alors de 377 pence par action BAE et de 27 euros par action EADS, selon Citi, qui voit un facteur favorable au titre du nouveau groupe: un rendement du dividende de l‘ordre de 5%, aligné sur celui de BAE.

Les intermédiaires relèvent tous que l‘opération répond à une volonté des dirigeants d‘EADS de rééquilibrer les activités en faveur de la défense pour réduire le poids de l‘aéronautique civile (Airbus).

Raoul Sachs, Blandine Hénault et Gwénaëlle Barzic, édité par Dominique Rodriguez

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