12 septembre 2012 / 07:58 / il y a 5 ans

Barroso prône une fédération d'Etats-nations en Europe

<p>L'Union europ&eacute;enne doit &eacute;voluer vers une f&eacute;d&eacute;ration d&eacute;mocratique et modifier ses trait&eacute;s fondateurs pour cr&eacute;er une v&eacute;ritable union mon&eacute;taire au sein de la zone euro, a d&eacute;clar&eacute; mercredi le pr&eacute;sident de la Commission europ&eacute;enne, Jos&eacute; Manuel Barroso, lors de son discours sur l'&eacute;tat de l'UE devant le Parlement europ&eacute;en &agrave; Strasbourg. /Photo prise le 12 septembre 2012/Vincent Kessler</p>

par Gilbert Reilhac

STRASBOURG (Reuters) - L'Union européenne doit évoluer vers une véritable union politique et modifier ses traités fondateurs pour devenir une fédération d'Etats-nations, a déclaré mercredi le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

Il s'est engagé devant les députés européens réunis à Strasbourg à présenter une "esquisse" de cette nouvelle architecture institutionnelle avant les prochaines élections européennes de 2014, lorsque son propre mandat expirera.

Avant cela, la Commission fera une série de propositions pour avancer dans cette direction dans le cadre du traité de Lisbonne entré en vigueur le 1er décembre 2009, dont celle, à l'automne, d'une Union économique et monétaire plus poussée, dotée d'institutions politiques renforcées.

"Nous devons progresser vers une fédération d'Etats-nations. C'est notre horizon politique", a dit José Manuel Barroso dans son discours sur l'état de l'Union.

"Il s'agit d'une union avec les Etats membres et non contre les Etats membres", a-t-il ajouté en réfutant l'idée d'un "super Etat" dénoncé par les eurosceptiques et les souverainistes.

Le projet devra être, selon lui, au coeur du scrutin de 2014 pour le renouvellement des membres du Parlement européen.

"Nous devons utiliser ces élections de 2014 pour ne pas permettre aux populistes d'imposer leur agenda négatif", a-t-il dit.

C'est au socialiste français Jacques Delors, président de la Commission européenne de 1985 à 1994, que l'on doit l'expression "fédération d'Etats-nations", une formule taillée sur mesure pour rallier les opinions des Etats membres, quelles que soient leurs traditions institutionnelles et les orientations politiques de leurs gouvernements.

UNE DEMANDE ALLEMANDE

La chancelière Angela Merkel plaide pour cette révision du traité de Lisbonne qui, selon elle, verrait in fine la Commission européenne devenir le gouvernement de l'Union avec un Parlement européen doté de pouvoirs importants pour la contrôler, le Conseil européen devenant le "Sénat" de l'Union.

Elle estime que c'est une conséquence inévitable des progrès réalisés sur la voie de l'Union économique et monétaire entrepris à l'occasion de la crise de l'euro, et notamment de la solidarité dont font preuve les Etats membres pour venir en aide aux pays en difficulté comme la Grèce ou l'Espagne.

François Hollande plaide quant à lui pour une "intégration solidaire" qui verrait chaque progrès vers la solidarité accompagné de pas vers plus d'intégration politique.

La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a souligné après l'intervention de José Manuel Barroso que le mot fédéralisme n'était pas "tabou" mais qu'elle n'avait "pas entendu le président de la République le prononcer".

"Ce qui est sûr, c'est (que) face aux difficultés de la zone euro, nous nous en sortirons avec davantage d'Europe, mieux d'Europe plutôt que moins d'Europe", a-t-il dit lors du compte rendu du Conseil des ministres. "Tout ce qui a été entrepris pour (la) réorienter (...) va dans les sens d'une plus forte intégration politique."

Une révision des traités serait une oeuvre de longue haleine, puisqu'il faudra convoquer une conférence intergouvernementale pour parvenir à un accord qui devra ensuite être ratifié par les parlements des Vingt-Sept, au risque de replonger l'Europe dans une longue période d'introspection institutionnelle.

TRAVAUX PRATIQUES

Certains pays, dont le Royaume-Uni, ne sont pas du tout prêts à transférer plus de pouvoirs à Bruxelles.

José Manuel Barroso a justifié la nécessité de passer aux travaux pratiques par les conséquences de la crise économique et budgétaire qui s'est muée en une "crise de confiance politique" entre les Etats membres mais aussi entre les institutions et les opinions publiques.

Aucun pays européen n'a les moyens de faire face seul aux enjeux actuels, a-t-il souligné, dans une critique à peine voilée des réticences de certains "grands" Etats comme l'Allemagne à faire oeuvre de solidarité vis-à-vis de pays comme la Grèce, empêtrés dans leurs difficultés financières.

"Au XXIe siècle, même les pays européens les plus grands risquent d'apparaître comme des nains face à des pays comme la Chine", a dit José Manuel Barroso.

Parmi les projets déjà sur la table pour renforcer la cohésion économique de l'UE, il a estimé que la future Union bancaire devrait permettre à la Banque centrale européenne d'assumer la supervision de toutes les banques de l'Union, et pas seulement des plus importantes comme le souhaite l'Allemagne.

Il a également assuré que la Commission européenne "se battrait" pour obtenir des compétences en matière fiscale et donc parvenir à une union fiscale au sein des 27.

José Manuel Barroso a également annoncé une initiative de la Commission concernant le développement de partis politiques au niveau européen et souhaité qu'ils jouent un rôle lors des prochaines élections européennes.

"Les responsables de ces partis pourraient présenter leur candidature à la présidence de la Commission européenne en 2014", a-t-il suggéré.

Edité par Yves Clarisse

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