5 septembre 2012 / 15:37 / dans 5 ans

La BCE renoncerait à son statut de créancier privilégié

<p>La Banque centrale europ&eacute;enne est pr&ecirc;te &agrave; renoncer &agrave; son statut de cr&eacute;ancier privil&eacute;gi&eacute; dans le cadre du nouveau programme de rachats d'obligations qu'elle doit annoncer jeudi au terme de sa r&eacute;union mensuelle, selon des sources proches de l'institution. /Photo d'archives/REUTERS/Alex Domanski</p>

FRANCFORT (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) est prête à renoncer à son statut de créancier privilégié dans le cadre du nouveau programme de rachats d‘obligations qu‘elle doit annoncer jeudi au terme de sa réunion mensuelle, a-t-on appris mercredi de sources proches de l‘institution.

Il est cependant peu probable que la BCE annonce que le montant de ses achats d‘obligations sera illimité ou qu‘elle se fixe des objectifs - même confidentiels - en termes de rendements ou de montants dépensés.

Le Conseil des gouverneurs devrait être étroitement associé au jour le jour aux décisions en matière de montants consacrés à ce programme, a déclaré l‘une des sources.

La BCE a annoncé en août qu‘elle achèterait des obligations espagnoles et italiennes afin d‘endiguer l‘envolée des coûts d‘emprunt de ces pays, à condition toutefois que Madrid et Rome demandent au préalable le soutien du fonds d‘aide de la zone euro et se conforment à des conditions strictes.

Le président de la BCE Mario Draghi devrait dévoiler jeudi les modalités détaillées de ce plan très attendu par les marchés financiers.

“Il y a un problème si les banques centrales insistent sur le statut de créancier privilégié, parce que plus le secteur public interviendra sur le marché obligataire, moins le secteur privé y trouvera son intérêt”, a dit l‘une des deux sources qui ont toutes les deux eu accès aux documents préparatoires de la réunion.

“C‘est pourquoi la BCE va accepter le ‘pari passu’”, a ajouté cette source en référence au fait que la BCE serait traitée sur un pied d’égalité avec les créanciers privés en cas de défaut.

L‘une des sources a ajouté que la réunion de jeudi serait dominée par le nouveau plan d‘achat de dettes et qu‘il n‘y aurait donc “pas le temps de discuter des taux d‘intérêt”. “Il n‘y en aura que pour le plan obligataire”, a-t-elle ajouté.

L‘autre source a ajouté ne pas s‘attendre à une baisse des taux.

PEU DE DÉTAILS, PAS D‘OBJECTIFS

Selon les sources, Mario Draghi ne devrait pas entrer jeudi dans le détail des procédures de rachat, ni annoncer d‘objectifs précis de taux d‘intérêt ou de montants maximums de rachats.

Il est plus probable qu‘il réaffirme sa position du 2 août dernier, lorsqu‘il a déclaré que la banque centrale ne savait pas si les achats seraient limités ou illimités.

Le Conseil des gouverneurs veut disposer d‘une marge de manoeuvre pour être en mesure de décider au cas par cas, a expliqué l‘une des sources. L‘autre a déclaré que le Conseil surveillerait très attentivement l’évolution du programme d‘achats et qu‘il pourrait organiser des téléconférences quotidiennes en cas de besoin.

Cette approche signifie qu‘il n‘y aura pas de limites prédéfinies de rendement, d’écart de rendement ou de volume d‘achats, pas même en interne, a souligné la source.

Interrogée sur la possibilité que la BCE consacre d‘emblée des sommes très importantes à ce programme pour tenter de créer un choc sur les marchés, l‘une des sources a répondu que ce type d‘action ne correspondait pas au mode de fonctionnement de l‘institution.

Les sources ont ajouté que la BCE chercherait à neutraliser (stériliser) ses nouveaux achats d‘obligations d‘Etat mais l‘une d‘elles a ajouté que cette mesure n’était qu‘une option envisagée.

La BCE a jusqu’à présent neutralisé tous ses rachats d‘obligations souveraines afin d‘en limiter les effets inflationnistes, en offrant aux banques la possibilité de déposer auprès d‘elle un montant constamment égal à celui des obligations d‘Etat qu‘elle détient.

Si elle ne neutralisait pas ses achats, la BCE ouvrirait la porte à une forme d’“assouplissement quantitatif” ou à des rachats fermes d‘actifs, une politique encore plus accommodante que les Etats-Unis, le Japon, et la Grande-Bretagne utilisent déjà mais à laquelle s‘oppose l‘Allemagne.

La Bundesbank, la banque centrale nationale allemande, a déjà manifesté son opposition au nouveau plan de rachats d‘actifs, estimant que cela briserait le tabou du financement direct des Etats.

Ilona Wissenbach, Nicolas Delame et Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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