30 août 2012 / 14:02 / dans 5 ans

François Hollande appelle la BCE à agir pour resserrer les taux

MADRID (Reuters) - François Hollande a implicitement appelé jeudi la Banque centrale européenne à intervenir pour resserrer les écarts de taux d‘intérêt trop importants entre pays de la zone euro, estimant que cela entrait dans le mandat de l‘institution.

<p>S'exprimant &agrave; Madrid lors d'une conf&eacute;rence de presse commune avec le pr&eacute;sident du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, Fran&ccedil;ois Hollande a d&eacute;clar&eacute; jeudi que des &eacute;carts de taux d'int&eacute;r&ecirc;t trop importants entre pays de la zone euro pour refinancer la dette souveraine pouvaient justifier une intervention de la Banque centrale europ&eacute;enne (BCE) pour y rem&eacute;dier. /Photo prise le 30 ao&ucirc;t 2012/REUTERS/Juan Medina</p>

Le président de la BCE, Mario Draghi, prépare depuis plusieurs semaines les esprits à une telle intervention qui suscite par avance d‘importantes critiques en Allemagne, notamment de la part de la Bundesbank.

La BCE doit parfois recourir à des “mesures exceptionnelles” pour assurer le succès de sa politique monétaire mais elle agira dans les limites de son mandat pour assurer la stabilité des prix, a-t-il déclaré dans une interview publiée mercredi par l‘hebdomadaire allemand Die Zeit.

Préserver la stabilité des prix “requiert parfois d‘aller au-delà des solutions monétaires habituelles”, lorsque les marchés financiers “sont fragmentés ou tombent sous l‘influence de peurs irrationnelles”, a-t-il ajouté.

La BCE met la dernière main à un nouveau programme de rachat d‘obligations visant à abaisser les coûts d‘emprunt de l‘Espagne et de l‘Italie et Mario Draghi devrait en dire plus à ce sujet à l‘occasion de la réunion de politique monétaire de l‘institut de Francfort le 6 septembre prochain.

Le président de la Bunbesbank, Jans Weidmann, a estimé à plusieurs reprises qu‘un tel programme risquait d’être contraire aux missions dévolues à la BCE et Angela Merkel ne s‘est pas clairement prononcée sur ce point.

“Une telle politique est à mes yeux proche du financement public par la planche à billets”, a-t-il dit au Spiegel. “Dans les démocraties, ce sont les parlements et pas les banques centrales qui décident d‘un tel partage des risques.”

Pour François Hollande, qui a rencontré jeudi à Madrid le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy pour débattre des moyens de sortie de crise de la zone euro, le mandat de la BCE permet bien de telles interventions.

INTERVENTION AU NOM DE LA POLITIQUE MONÉTAIRE

Le président français a déclaré qu‘il revenait à la BCE de décider par elle-même de ses moyens d‘action éventuelle dans le cadre des décisions prises lors du Conseil européen de fin juin pour apaiser les tensions dans la zone euro.

Mais il a fait valoir que, avec la stabilité des prix, une autre mission de la banque centrale était la politique monétaire et que, “quand nous constatons des écarts de taux d‘intérêt d‘une telle ampleur sans justification économique, ça peut être une justification pour une intervention au nom des objectifs de la politique monétaire.”

“Ceux qui sont les plus attachés à l‘indépendance de la banque centrale européenne devraient respecter les mêmes principes que nous appliquons aujourd‘hui”, a-t-il encore dit à l‘adresse des responsables allemands.

Mariano Rajoy, dont le pays emprunte à des taux très élevés malgré les réformes mises en place pour résorber les déficits et doper la compétitivité de son économie, a lui aussi insisté sur les risques induits par la disparité des taux.

“Avec cette fragmentation des marchés, il est très difficile d‘avoir une union monétaire”, a-t-il dit lors de la conférence de presse commune avec le président français.

François Hollande a estimé que la zone euro pouvait sortir de la crise et a réclamé des “décisions durables” lors du Conseil européen du 19 octobre.

“Je considère que c‘est à cette date, dans ce cadre (...) que nous aurons à prendre les décisions qui concernent la zone euro et je veux dire des décisions durables. Ça fait trop longtemps que nous reportons un certain nombre de choix et que nous laissons le doute s‘installer”, a dit le président.

Le chef de l‘Etat a répété qu‘il avait “la conviction” que les Grecs étaient engagés dans un processus de redressement de leurs finances publiques “et qu‘il veulent faire la démonstration de (leur) crédibilité”.

Si le rapport de la troïka (Commission européenne, FMI et Banque centrale européenne) devait le confirmer, “nous devons lors du Conseil européen du mois d‘octobre permettre la poursuite de l‘application du programme” d‘aide à Athènes, a-t-il indiqué.

Yann Le Guernigou et Yves Clarisse

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