27 juillet 2012 / 12:52 / dans 5 ans

L'économie marque le pas, la Fed attendue au tournant

<p>L'&eacute;conomie am&eacute;ricaine a encore ralenti au deuxi&egrave;me trimestre, comme le laissaient pr&eacute;sager de nombreux indicateurs publi&eacute;s ces derni&egrave;res semaines, les consommateurs &eacute;tant de plus en plus nombreux &agrave; r&eacute;fr&eacute;ner leurs d&eacute;penses, ce qui pourrait inciter la R&eacute;serve f&eacute;d&eacute;rale &agrave; injecter davantage de fonds. /Photo d'archives/REUTERS/Seth Wenig</p>

par Lucia Mutikani

WASHINGTON (Reuters) - L’économie américaine a encore ralenti au deuxième trimestre, les consommateurs, son principal moteur, étant de plus en plus nombreux à réfréner leurs dépenses, ce qui pourrait inciter la Réserve fédérale à prendre de nouvelles mesures pour soutenir l‘activité.

Le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 1,5% en rythme annuel sur la période avril-juin, a annoncé vendredi le département du Commerce. Un chiffre conforme aux attentes et le plus faible depuis le troisième trimestre 2011.

La croissance du premier trimestre a toutefois été révisée en hausse à 2,0% contre 1,9% annoncé en première estimation.

“L’économie peine à garder de l‘altitude”, a commenté Robert Dye, chef économiste chez Comerica à Dallas.

Ce ralentissement risque de donner de nouveaux arguments aux opposants du président Barack Obama, qui sollicitera en novembre un nouveau mandat de quatre ans à la Maison blanche.

Une étude d‘opinion réalisée pour CBS News et le New York Times publiée la semaine dernière a montré que seuls 39% des personnes interrogés approuvaient la politique de Barack Obama tandis que 55% la désapprouvaient. En avril, la proportion était de 44% contre 48%.

Pour la Maison blanche, cependant, les chiffres publiés vendredi montrent que l’économie va dans la bonne direction, même si elle admet que la croissance reste insuffisante pour améliorer la situation sur le front de l‘emploi.

“Nous sommes toujours en train de nous sortir de la très profonde ornière creusée par la Grande Récession et l’économie suscite bien sûr encore une grande anxiété dans le pays”, a déclaré Jay Carney, le porte-parole de la présidence.

La confirmation par les chiffres du PIB du ralentissement de l‘activité ces derniers mois contribue à nourrir les espoirs de voir la Réserve fédérale s‘engager dans un nouveau cycle d’“assouplissement quantitatif” (QE3).

LE CONSOMMATEUR EST ANXIEUX

Après avoir réduit ses taux d‘intérêt pratiquement à zéro, la banque centrale a racheté pour 2.300 milliards de dollars de dettes au cours de deux cycles successifs de QE ces dernières années afin de soutenir le crédit et l‘activité.

Elle réunit la semaine prochaine un comité de politique monétaire (FOMC) au terme duquel aucune annonce spectaculaire n‘est attendue mais de nombreux économistes pensent que la Fed devrait passer à l‘action lors de la réunion suivante, les 12 et 13 septembre.

La perte de vitesse de la machine économique américaine est en partie imputable à la crise de la dette en zone euro, dont les effets se propagent à l’économie mondiale du fait d‘un ralentissement de la demande en provenance du Vieux Continent.

A cela s‘ajoutent les craintes que provoque un plan de réduction de dépenses et de hausses d‘impôts qui doit être mis en application début 2013.

Les derniers indicateurs en date, de l‘emploi à l‘industrie manufacturière, montrent en outre que l‘espoir d‘un rebond au troisième trimestre est mince.

C‘est essentiellement parce que les Américains diminuent leurs dépenses que l’économie dans son ensemble marque le pas. Alors que la consommation des ménages assure à elle seule les deux tiers environ de l‘activité économique du pays, la crainte du chômage dissuade de nombreux ménages de procéder à des achats qu‘ils préfèrent reporter, dans l‘automobile notamment.

Le taux de chômage, qui avait culminé à 10% fin 2009, a interrompu en mai une baisse régulière amorcée fin 2011 pour remonter ces deux derniers mois à 8,2% de la population active.

Les dépenses des consommateurs n‘ont augmenté que de 1,5% sur le trimestre, bien moins que la hausse de 2,4% enregistrée sur la période précédente.

Les créations d‘emploi, qui évoluent actuellement au rythme de 100.000 environ par mois, sont insuffisantes pour soutenir la croissance et la consommation.

Nicolas Delame pour le service français, édité par Marc Angrand

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