10 juillet 2012 / 05:15 / il y a 5 ans

L'Eurogroupe accorde un délai supplémentaire à Madrid

<p>Le ministre de l'Economie espagnol Luis de Guindos (&agrave; gauche) et le pr&eacute;sident de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker &agrave; Bruxelles. Les ministres des Finances de la zone euro r&eacute;unis lundi soir ont accept&eacute; d'accorder &agrave; l'Espagne un d&eacute;lai suppl&eacute;mentaire d'un an pour atteindre ses objectifs de d&eacute;ficit en &eacute;change de nouvelles coupes budg&eacute;taires. /Photo prise le 9 juillet 2012/Fran&ccedil;ois Lenoir</p>

par Robin Emmott et Francesca Landini

BRUXELLES (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe) réunis lundi soir à Bruxelles ont accepté d'accorder à l'Espagne une année supplémentaire pour atteindre ses objectifs de déficit en échange de nouvelles coupes budgétaires.

Au terme d'une réunion marathon de neuf heures, ils ont également défini les modalités de l'aide promise au secteur bancaire espagnol de manière à éviter que Madrid ne nécessite un plan d'aide plus vaste pour renflouer ses finances publiques, ce qui pèserait d'autant plus sur le fonds de sauvetage de la zone euro et étranglerait davantage la croissance de la région.

"L'Eurogroupe soutient la recommandation récemment adoptée par la Commission de prolonger d'un an la date butoir pour la correction du déficit excessif de l'Espagne, à 2014 (au lieu de 2013)", indique le communiqué de l'Eurogroupe.

Le montant définitif de l'aide aux banques espagnoles, fragilisées par la crise immobilière et de la récession, n'a pas été fixé, mais l'Union européenne a convenu d'une enveloppe maximale de 100 milliards d'euros, dont 30 milliards pourraient être disponibles d'ici la fin du mois en cas de besoin urgent.

Un accord définitif sur le prêt accordé à Madrid sera conclu autour du 20 juillet, a annoncé le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, lors d'une conférence de presse.

Les ministres des Finances se sont également accordés sur la mise en place d'une autorité de surveillance bancaire européenne l'année prochaine, à la suite de quoi les banques espagnoles pourraient être directement recapitalisées par les fonds de sauvetage de la région (FESF et MES) sans qu'une garantie de l'Etat soit nécessaire.

Mais l'Eurogroupe n'a pas semblé avancer sur la question de l'utilisation des fonds de sauvetage pour stabiliser le marché obligataire et faire baisser les coûts de financement de l'Espagne et de l'Italie.

La succession du Premier ministre luxembourgeois à la tête de l'Eurogroupe était aussi également au menu. Les ministres des Finances ont accepté de renommer le Luxembourgeois pour un nouveau mandat de deux ans et demi à la tête de l'Eurogroupe, mais il pourrait en fait quitter sa fonction à la fin de l'année ou au début 2013.

DISCUSSION AVEC LE MINISTRE GREC DES FINANCES

Les ministres ont par ailleurs nommé Yves Mersch, le président de la banque centrale du Luxembourg, au directoire de la BCE. Le siège de l'Espagnol Jose Manuel Gonzalez-Paramo était vacant depuis l'arrivée à terme de son mandat en mai.

Ils ont enfin choisi de placer l'Allemand Klaus Regling, qui dirige déjà le FESF, à la tête du Mécanisme européen de stabilité (MES) qui doit entrer en vigueur ce mois-ci.

La réunion Ecofin (ministres des Finances de l'UE) de ce mardi devrait officiellement assouplir les objectifs de réduction du déficit budgétaire de l'Espagne. Pour l'heure, Madrid a dû passer des mesures d'austérité qui ont surtout pour effet d'exacerber la récession.

Le ministre de l'Economie espagnol Luis de Guindos a présenté à ses homologues européens un projet de réduction des dépenses et de hausse des impôts représentant un montant de 30 milliards d'euros sur plusieurs années. Le programme lui-même doit être rendu public mercredi.

Selon une source proche du gouvernement espagnol, dix milliards d'euros de coupes dans les dépenses sont programmées cette année. D'après cette source, le programme prévoit aussi une hausse de la TVA, une réduction des remboursements de la Sécurité sociale, une diminution des allocations chômage et une refonte de la grille de calcul des retraites.

En échange, la Commission européenne doit proposer en retour d'assouplir les objectifs de réduction du déficit à 6,3% du PIB cette année, 4,5% en 2013 et 2,8% en 2014. Les ministres devraient accepter que ces nouveaux objectifs deviennent contraignants, ont dit deux hauts fonctionnaires à Reuters.

L'objectif initial pour 2012 était 4,4%, puis 3% en 2013. Le président du gouvernement Mariano Rajoy l'avait modifié de son propre chef à 5,8% en mars avant d'accepter 5,3% finalement pour cette année.

L'Eurogroupe a également eu une première discussion avec le nouveau ministre grec des Finances Yannis Stournaras, mais n'a pas décidé de modifier le programme d'austérité imposé au pays en échange de son plan d'aide.

Jean-Claude Juncker a cependant assuré que des mesures seraient prises pour éviter que le remboursement par Athènes d'une échéance de dette en août ne plonge le pays en faillite.

"Nous trouverons des solutions pour août. Il n'y a aucune raison de s'inquiéter", a-t-il dit sans plus de précisions.

Natalie Huet, Wilfrid Exbrayat et Benjamin Massot pour le service français

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