11 juin 2012 / 11:15 / dans 5 ans

Les caisses d'épargne espagnoles, 1res bénéficiaires de l'aide

<p>D&eacute;j&agrave; soutenues par l'Etat, sept anciennes caisses d'&eacute;pargne, dont Bankia, devraient &ecirc;tre les premi&egrave;res b&eacute;n&eacute;ficiaires du plan de sauvetage europ&eacute;en m&ecirc;me si toutes les banques espagnoles, &agrave; l'exception des plus grandes, pourraient se bousculer pour y recourir. /Photo prise le 30 mai 2012/REUTERS/Sergio Perez</p>

par Sonya Dowsett

MADRID (Reuters) - Déjà soutenues par l‘Etat, sept anciennes caisses d’épargne devraient être les premières bénéficiaires du plan de sauvetage européen même si toutes les banques espagnoles, à l‘exception des plus grandes, pourraient se bousculer pour y recourir.

Les ministres des Finances de la zone euro ont convenu samedi de prêter jusqu’à 100 milliards d‘euros à l‘Espagne afin de lui permettre de renflouer ses banques.

Cette aide sera supervisée par une troïka composée du Fonds monétaire international (FMI), de l‘Eurogroupe et de la Banque centrale européenne (BCE), comme les plans de sauvetage accordés à la Grèce, à l‘Irlande et au Portugal, a précisé lundi le commissaire européen à la Concurrence, Joaquin Almunia.

Sa mise en oeuvre sera conditionnée à l‘existence de plans de restructuration des banques qui en formuleront la demande, a-t-il ajouté.

Cela devrait notamment être le cas des “cajas” - les caisses d’épargne - les plus en difficulté, qui représentent environ 22% du système bancaire espagnol et qui ont été sévèrement affectées par l‘explosion de la bulle immobilière en 2008.

L‘Espagne compte une dizaine de cajas, quatre fois moins qu‘il y a deux ans, quand le gouvernement leur a imposé un programme de rapprochement. Selon un rapport du FMI publié vendredi, elles restent les plus exposées aux créances douteuses.

Le FMI n‘a pas cité de nom mais sept cajas ont déjà bénéficié d‘une aide de l‘Etat espagnol pour absorber leurs pertes et supporter le coût des opérations de fusion.

Il s‘agit de Catalunya Caixa; Unnim - qui fait désormais partie de BBVA; Espana-Duero - qui a fusionné avec Unicaja; NovaCaixaGalicia; Bankia; Banco Mare Nostrum; et Banca Civica - qui appartient à CaixaBank.

<p>D&eacute;j&agrave; soutenues par l'Etat, sept anciennes caisses d'&eacute;pargne, dont Bankia, devraient &ecirc;tre les premi&egrave;res b&eacute;n&eacute;ficiaires du plan de sauvetage europ&eacute;en m&ecirc;me si toutes les banques espagnoles, &agrave; l'exception des plus grandes, pourraient se bousculer pour y recourir. /Photo prise le 11 juin 2012/REUTERS/Paul Hanna</p>

PROJETS PHARAONIQUES

Les établissements les plus en difficulté sont Bankia, nationalisée le mois dernier au prix d‘un plan de recapitalisation de 23,5 milliards d‘euros, et deux banques de taille moyenne - NovaCaixaGalicia et CatalunyaCaixa.

Ces deux dernières sont le produit du rapprochement de caisses d’épargne des régions autonomes de Galice et Catalogne. L‘Etat les a nationalisées l‘an dernier quand il est devenu évident qu‘elles ne pourraient pas assumer seules leurs pertes.

Selon une source politique qui a participé à une séance parlementaire à huis clos, la Banque d‘Espagne a évalué à neuf milliards d‘euros la somme dont aurait besoin ces deux cajas pour mener à bien les dernières augmentations de capital exigées par le gouvernement pour couvrir leurs créances immobilières douteuses.

Banco de Valencia, un établissement plus petit, est également sur la liste des banques potentiellement concernées par l‘aide européenne, après avoir été elle aussi reprise par le gouvernement, qui entend la revendre avec des garanties contre des futures pertes.

Comme CAM et Bancaja, deux autres caisses d’épargne de la région de Valence qui ont fusionné au sein de Bankia, Banco de Valencia a multiplié les prêts non viables à des promoteurs immobiliers qui construisaient des villages de vacances sur la côte méditerranéenne.

La crise actuelle est le résultat d‘une longue dérive pour les cajas, fondées au début du XIXe siècle, souvent par l‘Eglise catholique, pour soutenir les paysans espagnols affectés par la campagne napoléonienne en leur consentant des prêts à faible taux d‘intérêt le temps que leurs récoltes s‘améliorent.

Les caisses d’épargne sont plus tard passées sous le contrôle des gouvernements des régions autonomes, qui ont placé des politiciens à leur tête et les ont poussées à financer des projets immobiliers pharaoniques, en particulier dans la région de Valence.

Tangi Salaün pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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