9 juin 2012 / 07:23 / dans 5 ans

Les banques espagnoles auraient besoin d'au moins 40 milliards

WASHINGTON (Reuters) - L‘Espagne a besoin d‘injecter au moins 40 milliards d‘euros de capital supplémentaire dans plusieurs de ses banques pour leur permettre de résister dans un environnement économique difficile, estime le Fonds monétaire international dans son rapport publié vendredi.

<p>L'Espagne a besoin d'injecter au moins 40 milliards d'euros de capital suppl&eacute;mentaire dans plusieurs de ses banques pour leur permettre de r&eacute;sister dans un environnement &eacute;conomique difficile, selon un rapport du Fonds mon&eacute;taire international publi&eacute; vendredi. /Photo d'archives/REUTERS/Sukree Sukplang</p>

Les tests de résistance (“stress tests”) que le FMI a fait subir aux banques ne tiennent pas compte des fonds propres supplémentaires qui seraient nécessaires pour couvrir les coûts de restructuration et les pertes sur prêts.

Selon un responsable du FMI, un tel matelas devrait être en principe de 1,5 à deux fois plus gros pour convaincre les marchés que l‘Espagne est suffisamment bien dotée pour amortir les chocs.

Dans ce cas, cela mettrait le montant du capital requis pour stabiliser le système bancaire espagnol à 80 milliards d‘euros. Le FMI n‘a toutefois pas donné de chiffre dans son rapport.

L‘agence de notation Fitch, qui a abaissé jeudi la note souveraine de l‘Espagne de trois crans, estime pour sa part que la recapitalisation des banques espagnoles pourrait se situer entre 60 et 100 milliards d‘euros, l’équivalent de 6% à 9% du produit intérieur brut.

L‘Espagne devrait demander officiellement ce week-end à ses partenaires européens de l‘aider à renflouer ses banques pour éviter une nouvelle escalade de la crise, devenant ainsi le quatrième pays de la zone euro à solliciter un soutien extérieur après l‘Irlande, le Portugal et la Grèce, a-t-on appris vendredi de plusieurs sources.

Mais le gouvernement a fait savoir qu‘il avait besoin d‘au moins une estimation préliminaire sur le montant des capitaux requis par les banques avant de prendre une décision.

LE COEUR DU SYSTÈME RÉSISTANT

C‘est pourquoi le rapport du FMI, qui devait être publié lundi à l‘origine, est considéré comme très important pour aider l‘Espagne à formuler sa requête.

Selon des responsables de l‘UE, les ministres des Finances des 17 pays de la zone euro pourraient tenir une téléconférence samedi pour débattre d‘une éventuelle demande d‘aide espagnole. L‘Eurogroupe devrait publier un communiqué à l‘issue de cette téléconférence qui doit avoir lieu avant midi (10h00 GMT).

Un accord sur l‘Espagne est jugé nécessaire avant les élections législatives grecques du 17 juin, qui pourraient provoquer de nouvelles turbulences sur les marchés et aboutir à la sortie de la Grèce de la zone euro.

Le FMI précise avoir travaillé en étroite collaboration avec la Banque d‘Espagne dans l‘examen des bilans des banques nécessaire pour calculer son estimation.

<p>LES CR&Eacute;DITS &Agrave; RISQUES DES BANQUES ESPAGNOLES</p>

Les deux principales banques du pays, Santander et BAVA, diversifiées à l‘international, sont gérées de façon prudente et sont capables de d’être bénéficiaires, même dans un contexte difficile, souligne le FMI dans son rapport.

“Si le coeur du système semble résistant, des vulnérabilités demeurent dans certains secteurs”, souligne le FMI.

Ces faiblesses sont concentrées sur un groupe de banques commerciales qui ne sont pas diversifiées à l‘international et sur d‘anciennes caisses d’épargne de taille modeste qui se sont transformées en banques commerciales, précise le FMI.

MIEUX VAUX SUR-ESTIMER

Pour réaliser ses tests, le FMI a pris comme hypothèse une contraction économique de 4,1% cette année pour l‘Espagne et de 1,6% en 2013, un taux de chômage monté à 26% de la population active fin 2013 et une baisse supplémentaire de 24% des prix immobiliers.

Il a ensuite calculé les sommes dont auraient besoin les banques pour se mettre en conformité avec le ratio de solvabilité préconisé par les accords dits de Bâle III pour les fonds propres “durs” rapportés aux engagements, soit 7%.

Le conseil d‘administration du FMI, qui note “l’évolution rapide de la situation en Espagne et dans la zone euro” demande aux autorités “d‘agir rapidement et de n’épargner aucun effort pour rétablir la confiance dans le système financier et préserver la stabilité financière.”

L‘Espagne est à même de résoudre progressivement ses problèmes bancaires, estime pour sa part le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble dans un entretien à la presse allemande.

Ceyla Pazarbasioglu, adjointe au directeur des Marchés monétaire et de capitaux du FMI, a précisé que le FMI était favorable à l’évaluation encore plus détaillés des besoins en capitaux demandée par l‘Espagne à deux cabinets d‘audit extérieurs qui devraient être prête, pour l‘une le 21 juin, et pour l‘autre, plus détaillée, le 31 juillet.

“La mise en oeuvre complète des réformes ainsi que l’établissement d‘un filet de sécurité public crédible sont très importants pour préserver la stabilité financière”, déclare-t-elle dans un communiqué.

“Par la suite, il sera très important de communiquer clairement la stratégie en matière de fourniture d‘un filet de sécurité crédible en cas de manque de capital, filet dont l‘expérience montre qu‘il vaut mieux le surestimer que le sous-estimer”, a-t-elle ajouté.

Stella Dawson; Marc Angrand, Julien Dury et Danielle Rouquié pour le service français

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