24 mai 2012 / 18:44 / il y a 5 ans

Airbus fait remonter à dix ans les fissures de l'A380

<p>Les efforts entrepris il y a plus de dix ans par Airbus pour r&eacute;duire le poids de son tr&egrave;s gros porteur A380 sont &agrave; l'origine des fissures r&eacute;cemment d&eacute;tect&eacute;es sur l'appareil, explique le constructeur, une erreur qui pourrait lui co&ucirc;ter pr&egrave;s de 500 millions d'euros au total. /Photo prise le 17 janvier 2012/Morris Mac Matzen</p>

par Tim Hepher

TOULOUSE (Reuters) - Les efforts entrepris il y a plus de dix ans par Airbus pour réduire le poids de son très gros porteur A380 sont à l'origine des fissures récemment détectées sur l'appareil, explique le constructeur, une erreur qui pourrait lui coûter près de 500 millions d'euros au total.

La filiale du groupe européen EADS a révélé en janvier l'existence de ces fissures, ce qui a déclenché une inspection systématique de l'ensemble de la flotte mondiale d'A380, sans remettre en cause la capacité de l'appareil à voler.

Le président exécutif d'Airbus, Tom Enders, a reconnu que ces fissures, repérées dans les ailes à la jonction entre des composants en métal et d'autres en matériaux composites, illustraient la difficulté de repousser les limites techniques dans un secteur ultra-concurrentiel.

"Il est certains qu'au moment de la conception il y a dix ans, c'était une innovation. Nous pensions qu'alléger les ailes avec un hybride de nervures en fibres de carbone et de nervures de métal était une idée formidable. C'était censé permettre une réduction de poids importante, et ça a été le cas dans une certaine mesure", a-t-il dit à un groupe de journalistes spécialisés.

L'A380 a été conçu au début des années 2000 et à l'époque, les ingénieurs du groupe n'étaient pas en mesure de dire comment l'assemblage de composants métalliques et composites réagirait à des températures extrêmes.

"Nous étions persuadés à l'époque que nous maîtrisions la technologie, que nous sélectionnions les bons matériaux, que nous comprenions leur propriétés et l'interface entre les fibres de carbone et le métal", a dit Tom Enders.

"Nous avons découvert de manière brutale que nous ne savions pas tout ce que nous aurions dû savoir avant de prendre cette décision."

EADS a annoncé la semaine dernière avoir provisionné 158 millions d'euros dans ses comptes pour couvrir les coûts de réparation des fissures sur les 71 appareils en service à fin mars. Cela représente 263 millions en y ajoutant estimation déjà annoncée de 105 millions, ou 3,7 millions d'euros par avion.

Mais des chiffres communiqués par le groupe ces derniers jours lors de points d'information technique suggèrent que la facture définitive pourrait approcher 450 millions d'euros.

Tom Williams, vice-président exécutif du groupe, a en effet estimé à 120 le nombre d'A380 nécessitant des réparations avant qu'une solution définitive soit mise en oeuvre, soit en 2014.

Ceci implique un coût supplémentaire de 181 millions sur la base des chiffres déjà connus.

Marc Angrand pour le service français, édité par Danielle Rouquié

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