22 mai 2012 / 21:43 / il y a 6 ans

La décision sur l'Opel Astra complique le mécano GM-PSA

par Laurence Frost

<p>La d&eacute;cision de General Motors de ne plus produire en Allemagne son deuxi&egrave;me mod&egrave;le le plus vendu en Europe pourrait compliquer le m&eacute;cano industriel sur lequel PSA Peugeot Citro&euml;n et GM travaillent dans le cadre de leur alliance, estiment syndicats et analystes. /Photo d'archives/REUTERS/Kai Pfaffenbach</p>

PARIS (Reuters) - La décision de General Motors de ne plus produire en Allemagne son deuxième modèle le plus vendu en Europe pourrait compliquer le mécano industriel sur lequel PSA Peugeot Citroën et GM travaillent dans le cadre de leur alliance, estiment syndicats et analystes.

Le constructeur américain a annoncé jeudi dernier avoir décidé de concentrer l‘assemblage de l‘Opel Astra en Grande-Bretagne et en Pologne à partir de 2015. La production de cette voiture de taille moyenne cessera dans l‘usine historique de Rüsselsheim et augmentera en revanche à Ellesmere Port, sur le sol britannique.

Si les analystes jugent cette décision sensée d‘un point de vue économique, ils notent qu‘elle renvoie à nouveau les deux constructeurs dos à dos pour ce qui est de réduire leurs capacités -voire de fermer des usines- dans les deux pays où leur dispositif industriel est de loin le plus développé: l‘Allemagne et la France.

“La décision de GM souligne la volonté actuelle de prendre des décisions difficiles, quitte à aboutir à davantage de confrontation entre les deux partenaires sur leurs marchés nationaux”, commente Michael Tyndall, analyste chez Barclays Capital.

GM et PSA assurent que leur alliance n‘a aucun impact sur leur production actuelle, mais les syndicats craignent que les projets futurs envisagés en commun ne créent des doublons douloureux pour l‘emploi. Dans un secteur confronté à des surcapacités chroniques en Europe, deux sites sont sur la sellette: Bochum en Allemagne, côté GM, et Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) côté PSA.

Ce dernier insiste sur le fait que le site d‘Aulnay produira toujours des Citroën C3 en 2014 mais refuse de s‘engager au-delà. L’été dernier, un document interne sur l‘hypothèse d‘une fermeture de l‘usine avait fuité. La direction avait répondu que ce document était caduc mais refuse toujours d’évoquer un nouveau modèle pour prendre la relève de la petite Citroën.

DEUX SITES D‘ORES ET DÉJÀ PÉRENNISÉS

Toute décision en la matière sera suivie de très près par le nouveau gouvernement socialiste en France ainsi que par Berlin, en raison des répercussions sociales et politiques d‘une fermeture d‘usine automobile.

Les syndicats doivent rencontrer la direction de PSA la semaine prochaine à l‘occasion d‘un comité central d‘entreprise extraordinaire. Le management de GM fera de même à l‘occasion du conseil d‘administration du groupe programmé le 28 juin.

Dans le cadre de leur alliance, PSA et General Motors peuvent espérer produire des modèles de leurs marques respectives sur une seule et même plate-forme, en utilisant l‘expertise de PSA dans les petites voitures et celle de GM dans les plus grands modèles.

Le directeur de l‘usine PSA de Rennes, Jean-Luc Perrard, a d‘ailleurs annoncé au début du mois dans Ouest France que la remplaçante de la grande Citroën C5, produite à seulement 66.000 exemplaires l‘an dernier, serait produite dans une usine GM.

Si le partage des rôles se dessine clairement dans les petites et les grandes voitures, le segment des voitures moyennes de type Opel Astra, Citroën C4 ou Peugeot 308 fait l‘objet de toutes les attentions. Des sources proches du dossier ont indiqué qu‘en échange du segment supérieur, l‘usine de Rennes pourrait récupérer le monospace Opel Zafira.

Mais le départ d‘Allemagne de l‘Astra rend plus difficile le transfert de la production d‘autres modèles Opel, cette fois vers l‘Hexagone.

“La décision sur l‘Astra nous inquiète”, résume Xavier Lellasseux, représentant CFDT chez PSA. “Dans l‘ensemble nous sommes sceptiques sur l‘impact qu‘aura l‘alliance sur l‘emploi.”

Contrairement à leurs collègues de Bochum, l‘usine allemande qui produit actuellement la Zafira, les salariés de Rüsselsheim ont obtenu l‘assurance de GM que leur usine a un avenir au sein du groupe. Le site espère récupérer désormais le monospace d‘Opel.

Dans ce climat, les autorités britanniques ont assuré mardi ne pas avoir offert de traitement particulier à GM pour le convaincre de venir construire la prochaine génération de l‘Astra sur son sol.

“Soyons clair, rien de ‘spécial’ n‘a été offert à GM”, a déclaré un porte-parole du département britannique des Entreprises dans un communiqué transmis par courrier électronique. “Nous avons simplement souligné l‘excellent environnement économique qu‘offre le Royaume-Uni à toutes les entreprises.”

Avec Gilles Guillaume, Jan Schwartz et Rhys Jones, édité par Natalie Huet

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