15 mai 2012 / 14:48 / il y a 6 ans

Risque de nouvelles suppressions de postes dans les banques

par Christian Plumb

PARIS (Reuters) - Les banques françaises pourraient à nouveau être amenées à supprimer des milliers de postes pour faire face à une croissance économique au point mort dans la zone euro et se préparer à un nouveau tour de vis réglementaire, le président François Hollande souhaitant réformer le système bancaire dans l‘Hexagone.

Déjà contraintes de réduire la taille de leur bilan en raison de la crise de la dette dans la zone euro, BNP Paribas, Crédit agricole et Société générale ont déjà lancé fin 2011 et début 2012 des plans de suppressions de postes, principalement dans la banque de financement et d‘investissement (BFI) et dans le crédit à la consommation.

Déjà plus de 6.000 postes sont en passe d’être supprimés dans le secteur en France.

“Ils ont attendu jusqu’à l’élection (présidentielle) parce qu‘ils ne voulaient pas s‘aliéner leurs amis au sein de l‘UMP”, commente Stéphane Rambosson, associé gérant au sein du cabinet de chasseurs de têtes Veni Partners. “La plupart de ces dirigeants sont relativement proches de (Nicolas) Sarkozy et ils n‘ont pas voulu avoir un effet négatif sur sa campagne.”

Les banques ne sont pas les seuls grands groupes français menacés par des vagues de licenciements après la période électorale, qui s‘achèvera après le deuxième tour des législatives le 17 juin. Les syndicats d‘Air France-KLM, notamment, redoutent des réductions d‘effectifs au sein de la compagnie aérienne dont l‘objectif est de dégager deux milliards d‘euros d’économies d‘ici fin 2014 pour ramener la dette à 4,5 milliards d‘euros.

D‘autres secteurs comme l‘automobile, confrontée à des surcapacités, et les opérateurs télécoms bousculés par l‘arrivée de Free Mobile sont eux aussi menacés. Et les syndicats de Carrefour disent aussi redouter des réductions d‘effectifs pouvant toucher entre 3.000 et 5.000 emplois.

LICENCIEMENTS “RÉGLEMENTAIRES”

Dans l‘entourage de François Hollande, on indique d‘ores et déjà que le nouveau gouvernement s‘efforcera de pénaliser et de renchérir les coûts des licenciements qualifiés de “boursiers”.

“Nous mettrons en place des dispositions qui renchériront les licenciements dits de caractère boursier, pour au fond, si ce n‘est les interdire, en tout cas les rendre extrêmement onéreux”, déclarait ainsi jeudi Michel Sapin, pressenti pour devenir ministre de l‘Economie.

Michel Sapin réagissait à l‘annonce de General Motors, qui envisage de fermer son usine de Strasbourg.

“Plus de 6.000 postes ont été supprimés dans le secteur bancaire français dans l‘indifférence la plus totale”, peste le dirigeant d‘une grande banque française sous couvert d‘anonymat.

“Et ce ne sont pas des ‘prop traders’ qui sont partis mais des banquiers chargés de financer l’économie”, poursuit-il, préférant parler de licenciements “réglementaires” plutôt que de licenciements “boursiers”.

Alors que l’économie française a affiché au premier trimestre une croissance nulle, ce sont désormais les activités de banque de détail qui pourraient être touchées par les suppressions d‘emplois et non plus uniquement la BFI.

L‘IMPÉRATIF DE RÉDUCTION DES COÛTS

Début mai, Jean-Laurent Bonnafé, directeur général de BNP Paribas, a déclaré à Reuters que la banque n‘envisageait pas d‘autres réductions d‘effectifs après les 1.400 suppressions de postes annoncées en fin d‘année dernière dans la BFI.

“Pour le moment, elles ne savent pas exactement où elles vont. C‘est pourquoi la première vague de licenciements n’était probablement pas suffisante”, estime Christophe Nijdam, analyste chez Alphavalue.

De leur côté, le Crédit agricole a prévu de supprimer 1.750 postes dans sa BFI et la Société générale près de 1.600.

De nouveaux dégraissages sont d‘autant plus redoutés que les suppressions de postes annoncées paraissent limitées en comparaison des licenciements annoncés ailleurs en Europe.

La banque britannique HSBC a prévu de supprimer quelque 30.000 postes d‘ici fin 2013. En Italie, Unicredit veut en supprimer plus de 6.000.

“Il y a eu une première vague de licenciements qui a touché les activités en France et à l’étranger, mais cela ne sera pas suffisant”, souligne un consultant travaillant pour les banques françaises, qui a souhaité garder l‘anonymat.

“Nous anticipons quelque chose destiné à réduire les coûts de 7% à 10%, soit un à 1,5 milliard d‘euros d’économies par banque. Ce seront des plans de réductions de coûts qui toucheront tout le monde, tous les secteurs et toutes les fonctions”, ajoute-t-il.

Les banques devraient néanmoins privilégier les mesures de non-remplacement des départs, à la retraite notamment, plutôt que les licenciements secs.

Avec Matthieu Protard, Gilles Guillaume et Elizabeth Pineau, édité par Dominique Rodriguez

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