10 mai 2012 / 12:08 / dans 6 ans

L'Espagne reprend Bankia pour stabiliser son secteur financier

par Fiona Ortiz

<p>L'Espagne a pris mercredi le contr&ocirc;le de Bankia, quatri&egrave;me banque du pays, esp&eacute;rant ainsi dissiper les doutes sur sa capacit&eacute; &agrave; agir pour assainir un secteur financier plomb&eacute; depuis quatre ans par l'effondrement du secteur immobilier du pays. /Photo prise le 9 mai 2012/REUTERS/Paul Hanna</p>

MADRID (Reuters) - L‘Espagne a pris mercredi soir le contrôle de Bankia, quatrième banque du pays, espérant ainsi rassurer les marchés et stabiliser un secteur financier rendu fragile par la crise immobilière.

Le gouvernement de centre-droit de Mariano Rajoy a assuré que le secteur bancaire du pays était hors de danger et a promis de dévoiler vendredi de nouvelles mesures pour renforcer les établissements de crédit en difficulté.

Le secteur financier espagnol, qui a déjà fait l‘objet de trois plans de redressement successifs, reste très affaibli par l’éclatement de la bulle immobilière en 2008, qui a légué aux banques du pays quelque 184 milliards d‘euros d‘actifs toxiques, y compris des immeubles de logements saisis en hypothèque et restés entièrement vides.

Bankia, qui détient environ 10% des dépôts bancaires de l‘Espagne, est de loin la plus importante des huit banques secourues par l‘Etat au cours des dernières années. Elle-même est née en 2010 du rapprochement de plusieurs caisses d’épargne (“cajas”) fragilisées ordonné par Madrid en vue de leur survie commune.

“Bankia est une entité solvable qui poursuit ses opérations absolument normalement et dont les clients et dépositaires n‘ont aucunement à s‘inquiéter”, a déclaré la Banque d‘Espagne dans un communiqué.

Vers 14h00 GMT, l‘action Bankia perdait 3,71% après être tombée à un plus bas historique de 2,05 euros. Elle a chuté de près de 16% depuis les premières rumeurs de son sauvetage lundi.

Sur le marché obligataire, la prime de risque sur la dette espagnole, mesurée par l’écart de rendement (“spread”) entre les obligations à dix ans du pays et celles du papier allemand de même échéance, se resserrait légèrement mais restait proche de ses plus hauts de six mois.

TÂTONNEMENTS

L‘Etat espagnol a pris le contrôle de la maison-mère de Bankia, BFA, via la conversion en actions d‘un prêt de 4,5 milliards d‘euros accordé précédemment au groupe financier. Il obtient ainsi 45% de Bankia, mais il devrait la fusionner avec BFA afin de les contrôler toutes deux.

<p>L'Espagne a pris mercredi le contr&ocirc;le de Bankia, quatri&egrave;me banque du pays, esp&eacute;rant ainsi dissiper les doutes sur sa capacit&eacute; &agrave; agir pour assainir un secteur financier plomb&eacute; depuis quatre ans par l'effondrement du secteur immobilier du pays. /Photo prise le 10 mai 2012/REUTERS/Paul Hanna</p>

Madrid devrait également accorder à Bankia une aide supplémentaire pouvant aller jusqu’à 10 milliards d‘euros afin de lui permettre d’éponger ses créances douteuses.

Mais certains commentateurs s‘inquiètent des tâtonnements de l‘Etat au cours des derniers mois face au secteur bancaire.

“Ils ne savent pas ce qu‘ils font... Ceci n‘a en rien aidé à restaurer la confiance en l‘Espagne”, estime Robert Tornabell, professeur de finance à l’école de commerce ESADE.

Un éditorial du journal El Mundo, traditionnellement proche des idées du Parti populaire (PP) au pouvoir, déplore que Bankia soit tombée aux mains de l‘Etat “parce que personne n‘a reconnu à temps la réalité de sa situation financière”.

L‘exposition de Bankia aux actifs immobiliers douteux s’élève à quelque 32 milliards d‘euros.

Alors que l‘Espagne entame sa deuxième récession en trois ans et accuse un taux de chômage de 24%, les défauts de paiement pourraient encore augmenter et fragiliser davantage les banques.

Celles-ci n‘arrivent déjà pas à se défaire d‘un gigantesque portefeuille de saisies immobilières. Les ventes de logements ont reculé en mars pour le treizième mois d‘affilée, selon des chiffres officiels publiés jeudi.

Les prix des logements ont chuté d‘environ 22% depuis l’éclatement du marché immobilier en 2008 et de nombreux experts estiment que la contraction pourrait s‘accentuer.

Selon des sources financières proches des négociations, le gouvernement espagnol demandera vendredi aux banques de provisionner 35 milliards d‘euros supplémentaires sur leurs prêts immobiliers, en plus des 54 milliards d‘euros qu‘elles sont censées provisionner cette année, signe qu‘elles pourraient nécessiter d‘autres injections de fonds publics pour y arriver.

Le gouvernement devrait également annoncer la création d‘une structure de défaisance appelée à reprendre aux banques leurs actifs immobiliers les plus risqués.

Natalie Huet pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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