19 avril 2012 / 11:24 / dans 6 ans

Les résultats de l'adjudication espagnole jugés mitigés

par Paul Day

<p>L'Espagne a plac&eacute; jeudi pour 2,5 milliards d'euros de dette souveraine -soit autant qu'escompt&eacute;- mais au prix de co&ucirc;ts d'emprunt &agrave; dix ans en hausse, signe que le pays doit encore rassurer les investisseurs sur sa capacit&eacute; &agrave; juguler son d&eacute;ficit budg&eacute;taire. /Photo prise le 19 avril 2012/EUTERS/Sergio Perez</p>

MADRID (Reuters) - L‘Espagne a placé jeudi pour 2,5 milliards d‘euros de dette souveraine -soit autant qu‘escompté- mais au prix de coûts d‘emprunt à dix ans en hausse, signe que le pays doit encore rassurer les investisseurs sur sa capacité à juguler son déficit budgétaire.

Le Trésor espagnol a désormais couvert la moitié de son programme de financement pour l‘année, bénéficiant des liquidités injectées dans le système financier par la Banque centrale européenne (BCE) lors de ses deux opérations de refinancement à long terme (“LTRO”) en décembre et en février.

Le Trésor espagnol a adjugé 1,12 milliard d‘euros de dette à deux ans et 1,42 milliard d‘euros de dette à dix ans à des ratios de couverture en hausse, respectivement à 3,3 et 2,4 contre 2,0 et 2,2 lors de précédentes adjudications de ce type.

Le rendement du papier à deux ans est ressorti en baisse, à 3,463% contre 3,495% lors d‘une adjudication en octobre, et celui du dix ans en hausse, à 5,743% contre 5,403% en janvier.

Les Bourses européennes comme la monnaie unique ont réduit leurs gains quelques minutes après les résultats de l‘adjudication, les investisseurs jugeant ceux-ci mitigés, avant de retrouver des couleurs à la suite d‘une émission de dette française conforme aux attentes.

“Les ratios de couverture tant pour le deux ans que le dix ans sont plutôt bons, mais les rendements sont clairement élevés”, résume Nick Stamenkovic, stratège obligataire pour Ria Capital Markets.

“Le vrai problème de l‘Espagne reste un problème de situation budgétaire et de croissance. Jusqu’à ce qu‘on ait des signes que le gouvernement est bien en train de mettre en oeuvre son programme de consolidation budgétaire à moyen terme, ainsi que des signes de vie de l’économie espagnole, les investisseurs s‘inquièteront de la trajectoire du ratio dette sur PIB (produit intérieur brut) à moyen terme”, souligne-t-il.

ESSOUFFLEMENT

Sur le marché secondaire, le rendement des obligations espagnoles à dix ans a grimpé autour de 5,88% contre 5,79% avant l‘adjudication. Il était repassé au-dessus de 6% lundi, les investisseurs s‘inquiétant des difficultés budgétaires du pays.

Le Fonds monétaire international (FMI) a dit mercredi s‘attendre à ce que l‘Espagne manque ses objectifs de déficit définis sous la surveillance de l‘Union européenne en 2012 et en 2013. Les prêts douteux des banques espagnoles ont par ailleurs atteint en février leur plus haut niveau depuis octobre 1994, illustrant la fragilité du secteur financier du pays.

Les banques espagnoles, de fait exclues du marché obligataire primaire en raison de leurs actifs immobiliers toxiques, ont utilisé une large part des prêts de la BCE pour acheter de la dette souveraine émise par Madrid.

Dans le même temps, les investisseurs étrangers boudent de plus en plus la dette espagnole: les investisseurs résidant hors du pays ont réduit leur portefeuille de dette souveraine espagnole à 42% en février, contre 50% deux mois plus tôt.

Avec la moitié de son programme de financement 2012 déjà couvert, le Trésor espagnol peut à présent se permettre d’émettre de la dette à un rythme moins soutenu si ses coûts d‘emprunt demeurent élevés.

“Le Trésor peut se permettre de lever le pied (...) mais l‘Espagne reste malmenée et enfermée dans une boucle de rétroaction négative”, commente Jo Tomkins, stratège pour 4Cast.

“Les banques domestiques ont sans aucun doute joué un rôle clé dans le succès de l’émission d‘aujourd‘hui, mais nous avons constaté des signes croissants d‘essoufflement post-LTRO, et c‘est quelque chose qu‘il faudra surveiller attentivement dans les semaines et les mois à venir.”

Natalie Huet pour le service français, édité par Jean-Michel Bélot

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