30 mars 2012 / 16:48 / il y a 5 ans

Madrid dévoile un budget draconien dans un contexte tendu

<p>Cristobal Montoro, ministre du Budget espagnol, Soraya Saenz de Santamaria, vice-pr&eacute;sidente et porte-parole du gouvernement et Jos&eacute; Manuel Soria, ministre de l'Industrie, du Commerce et du Tourisme (de gauche &agrave; droite), lors d'une conf&eacute;rence de presse &agrave; Madrid. Le gouvernement espagnol a pr&eacute;sent&eacute; vendredi un projet de budget draconien pour 2012 dans l'espoir de r&eacute;duire son d&eacute;ficit budg&eacute;taire et d'apaiser les march&eacute;s obligataires. /Photo prise le 30 mars 2012/Andrea Comas</p>

par Andrés González et Julien Toyer

MADRID (Reuters) - Le gouvernement espagnol a présenté vendredi un projet de budget draconien pour 2012 dans l'espoir de réduire son déficit budgétaire et d'apaiser les marchés obligataires.

L'effort d'assainissement budgétaire annoncé par Madrid prévoit de réduire le déficit du gouvernement central de 27 milliards d'euros pour le reste de l'année en cours, ce qui représente 2,5% du produit intérieur brut (PIB).

Ce chiffre inclut des hausses d'impôts et des coupes dans les dépenses -pour un montant total de 15 milliards d'euros- déjà dévoilées fin décembre.

Les ministères devront réduire leurs dépenses de près de 17% et les traitements des fonctionnaires seront gelés en 2012.

Ce budget "très sévère", selon les termes employés mardi par le président du gouvernement, Mariano Rajoy, a été dévoilé au lendemain d'une vaste grève générale contre l'austérité qui a paralysé une partie du pays et dégénéré à Madrid et Barcelone.

L'Espagne serait à nouveau entrée en récession au premier trimestre et affiche le taux de chômage le plus élevé de l'Union européenne, avec 23%.

Dans ce contexte tendu, le gouvernement est pris entre le risque de plonger encore plus le pays dans la récession et celui de voir le coût de sa dette s'envoler s'il ne maîtrise pas les comptes publics.

"Tout le monde connaît le problème difficile auquel le pays est confronté, et qui réclame des efforts spécifiques de consolidation budgétaire et de réformes structurelles pour la croissance et la création d'emplois", a déclaré la vice-présidente du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria, à la sortie du conseil des ministres.

"UN PAQUET AUTODESTRUCTEUR"

Le cabinet conservateur, arrivé au pouvoir en novembre fort de la plus large majorité au Congrès des députés depuis trente ans, a déjà fait adopter des réformes du code du travail et du secteur bancaire dans le but de réduire le coût de l'emploi salarié et améliorer la compétitivité.

Mariano Rajoy a obtenu le mois dernier une concession de la Commission européenne, qui a accepté de ramener l'objectif de déficit public pour cette année à 5,3% du produit intérieur brut (PIB) contre 4,4% auparavant.

Mais l'Espagne, dont le déficit a atteint 8,5% du PIB l'an dernier, est désormais sous surveillance des marchés -comme l'illustrent les tensions sur le rendement de sa dette à long terme- et doit toujours revenir sur le seuil des 3% du PIB en 2013.

Le gouvernement compte ramener le déficit du gouvernement central à 3,5% du PIB cette année, celui des régions à 1,5% et celui des autres collectivités locales à 0,3%, a annoncé le ministre du Budget, Cristobal Montoro. Les comptes de la Sécurité sociale seront équilibrés cette année, a-t-il ajouté.

Les régions ont annoncé un déficit de 2,9% du PIB en 2011, qu'il leur faudra réduire d'environ 15 milliards d'euros cette année si elles veulent atteindre l'objectif fixé par Madrid.

Le gouvernement n'a guère donné d'autre détail sur son projet de budget qu'il présentera mardi devant le parlement, mais certains économistes s'inquiètent de ces mesures d'austérité qui risquent de plomber encore la croissance et par contrecoup remettre en cause les objectifs de baisse du déficit.

"L'Espagne est sur une pente très, très glissante désormais (...) Le risque pays spécifique refait surface, l'Espagne est confrontée à des problèmes structurels et il faudra des années et des années pour les résoudre. Ce paquet fiscal est autodestructeur", estime Nicola Spiro, du cabinet de consultants spécialisé dans les risques souverains Spiro Sovereign Consulting.

Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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