26 mars 2012 / 16:03 / dans 6 ans

Le chômage poursuit sa hausse à un mois de la présidentielle

par Jean-Baptiste Vey

<p>HAUSSE DU CH&Ocirc;MAGE EN FRANCE</p>

PARIS (Reuters) - Le chômage a augmenté en février pour le dixième mois consécutif et devrait poursuivre sa hausse jusqu’à l’été, un phénomène qui pourrait peser lourd dans le choix des Français appelés à choisir leur futur président le 6 mai prochain.

Le nombre de demandeurs d‘emploi a atteint le mois dernier son plus haut niveau depuis octobre 1999. Et le pire est peut-être à venir, estiment les spécialistes.

“Aucune bonne nouvelle n‘est à espérer sur le front du chômage cette année”, déclare Alexandre Mirlicourtois, directeur des études du cabinet économique Xerfi, dans une analyse intitulée “le risque d‘embrasement” diffusée jeudi dernier.

On comptait près de 2,9 millions de demandeurs d‘emploi fin février en métropole dans la catégorie A, la plus regardée, et près de 4,3 millions dans les trois catégories principales.

Toutes catégories confondues, “la barre des 5 millions sera franchie en juin ou juillet et le pire est à venir”, ajoute Alexandre Mirlicourtois, car les perspectives des entreprises sont mauvaises dans l‘ensemble des secteurs.

Les entreprises risqueraient ainsi non seulement de ne plus embaucher mais d‘ajuster leurs effectifs en se séparant désormais de personnes en contrat à durée indéterminée.

L‘Insee a annoncé jeudi que le taux de chômage pourrait atteindre 9,7% en métropole fin juin et 10,1% sur la totalité du territoire, contre 9,4% et 9,8% fin 2011.

L‘Unedic, qui gère l‘assurance chômage, estimait fin janvier que le nombre de chômeurs indemnisés augmenterait d‘environ 140.000 cette année, soit plus du double qu‘en 2011.

CROISSANCE MOLLE ET CANDIDATS DISCRETS

En cause, une croissance économique qui tourne au ralenti. Même si le gouvernement vient de remonter sa prévision à 0,7% pour 2012, ce niveau reste insuffisant pour créer de l‘emploi.

Cette publication du nombre de demandeurs d‘emploi est la dernière d‘ici le premier tour de l’élection présidentielle, le 22 avril, les chiffres de mars étant prévus pour le 26 avril, soit entre les deux tours.

L‘emploi, qui figure en tête des préoccupations des Français, s‘est pour l‘instant fait discret dans la campagne.

Face à la hausse continue du chômage, Nicolas Sarkozy présente régulièrement la situation française comme meilleure que celle de ses voisins. Les statistiques montrent au contraire que la situation de la France est la plus mauvaise des pays de la zone euro qui lui sont comparables (Allemagne, Italie, Pays-Bas, Belgique et Autriche), à l‘exception de l‘Espagne.

“Les chiffres de ce soir manifesteront une amélioration de la situation avec une baisse tendancielle de l‘augmentation du nombre de chômeurs”, a dit le président lundi sur France Info.

Le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon, a immédiatement ironisé. “Il y a surtout une baisse tendancielle de la crédibilité de Nicolas Sarkozy”, a-t-il dit. “Le chômage, c‘est le naufrage de ce quinquennat.”

SARKOZY VEUT PASSER EN FORCE

Nicolas Sarkozy a présenté plusieurs mesures spectaculaires pour inverser la tendance, dont la “TVA sociale”, votée en février, qui vise à accroître la compétitivité des entreprises en baissant leurs charges sociales.

Le président-candidat menace également de court-circuiter les syndicats et les organisations patronales dans leur domaine de prédilection.

Il souhaite un référendum pour éventuellement obliger les chômeurs à accepter le premier travail disponible pour lequel ils auraient été auparavant formés.

Et il a menacé les partenaires sociaux d‘imposer par la loi la possibilité de conclure dans les entreprises des accords dérogatoires sur la durée du travail et les salaires, s‘ils ne le permettaient pas eux-mêmes.

Favori des sondages, François Hollande compte quant à lui sur une batterie de mesures publiques et sur le soutien des entreprises, au premier rang desquelles les petites et moyennes.

L‘Etat prendra directement sa part en mettant fin aux suppressions de postes de fonctionnaires, et en créant 150.000 “emplois d‘avenir”, une remise au goût du jour des “emplois jeunes” du gouvernement Jospin, qui profiterait en priorité aux zones les plus défavorisées.

Pour insérer les jeunes dans l‘emploi tout en y maintenant les plus âgés, il prévoit de créer un “contrat de génération”, qui lierait un jeune embauché en contrat à durée indéterminée et un “senior” jusqu’à son départ en retraite, l‘entreprise bénéficiant en échange d‘une exonération de charges.

Il compte aussi consacrer un milliard d‘euros à la “sécurisation des parcours professionnels”, en améliorant la formation professionnelle et en renforçant Pôle Emploi.

Les aides aux entreprises seraient en partie augmentées et réorientées vers celles qui exportent ou investissent.

Pour dissuader les licenciements, le candidat socialiste compte renchérir le coût des licenciements collectifs pour les entreprises qui versent des dividendes ou rachètent leurs actions.

Edité par Yves Clarisse

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