19 mars 2012 / 17:13 / dans 6 ans

Possibles représailles de Pékin sur les terres rares

par Tom Miles et Doug Palmer

<p>Alors que les Etats-Unis, le Japon et l'Union europ&eacute;enne ont d&eacute;cid&eacute; de saisir l'Organisation mondiale du commerce (OMC) sur la limitation par la Chine de ses exportations de terres rares (des m&eacute;taux aux propri&eacute;t&eacute;s &eacute;lectromagn&eacute;tiques utilis&eacute;s notamment dans les t&eacute;l&eacute;phones portables), des experts estiment que P&eacute;kin pourrait lancer des repr&eacute;sailles contre la triade. /Photo d'archives/REUTERS/Yuriko Nakao</p>

GENEVE/WASHINGTON (Reuters) - La décision sans précédent des Etats-Unis, du Japon et de l‘Union européenne de saisir l‘Organisation mondiale du commerce (OMC) sur la limitation par la Chine de ses exportations de terres rares risque d‘exposer la triade à des représailles.

Cette plainte coordonnée, la première déposée par trois des quatre principales puissances commerciales mondiales à l‘encontre de la quatrième, illustre les tensions suscitées par les ambitions de Pékin.

La Chine produit environ 97% des terres rares, qui désignent 17 métaux aux propriétés électromagnétiques très recherchés dans les technologies de pointe, des voitures hybrides et électriques aux armements électroniques en passant par les téléphones portables et les tablettes.

Les exportations chinoises de terres rares se sont effondrées précisément au moment où la demande a explosé, font valoir les détracteurs de Pékin, estimant disposer d‘un dossier très solide.

“Nous nous sommes rencontrés une demi-douzaine de fois avec les pays qui nous ont rejoints. Je ne parle pas de rencontres à la va-vite. Il s‘agissait de rencontres sur trois ou quatre jours pour examiner les aspects juridiques”, a déclaré un représentant des autorités américaines.

“Des milliers de pages de documents rédigés en chinois ont dû être identifiés, traduits et analysés”, a-t-il ajouté.

Certains analystes soulignent toutefois que la Chine est une cible de choix pour des responsables politiques, surtout en période électorale.

“Je pense qu‘en période électorale (en France et aux Etats-Unis), les attaques contre la Chine sont en vogue. D‘où le dépôt de plainte (à l‘OMC)”, a déclaré Jonathan Fenby, chargé de la Chine au sein du cabinet de consultants spécialisés sur les pays émergents Trusted Sources.

LE MODÈLE HITACHI

“La Chine est une cible évidente et facile, et il est intéressant de voir qu‘aux Etats-Unis les Républicains, traditionnellement favorables au libre-échange, s‘en sont pris à la Chine”, a-t-il ajouté, soulignant que Pékin pourrait riposter.

Dans ce cas, s‘est-il interrogé, “quelle est l‘importance du marché chinois pour les firmes occidentales, et quel est l‘impact pour des entreprises qui comptent sur la Chine pour assembler leurs produits, comme Apple ?”

Dans un autre conflit commercial, celui de la taxe carbone que l‘Union européenne veut imposer sur les vols à destination ou en partance d‘Europe, Airbus a déclaré que Pékin - qui s‘y oppose - avait bloqué des achats d‘appareils pour une valeur de 12 milliards de dollars.

La plainte au sujet des terres rares intervient alors que la Chine a été déboutée en appel fin janvier devant une juridiction de l‘OMC dans un dossier concernant des restrictions sur ses exportations d‘autres matières premières moins sensibles comme la bauxite, le charbon, le magnésium, le manganèse et le zinc.

La décision de l‘OMC avait alors été qualifiée de “sans équivoque” par le représentant américain au Commerce Ron Kirk, qui avait dit espérer que la Chine ferait machine arrière sur les terres rares et prendrait des mesures avant que le dossier n‘arrive devant une juridiction de l‘OMC.

La durée des procédures devant l‘OMC laissera le temps à Pékin de capitaliser sur sa position de quasi-monopole, une stratégie qui n‘est pas sans rappeler celle de groupes nippons dans la phase de décollage économique du Japon, souligne David Abraham, un analyste indépendant spécialisé dans les matières premières, basé à Djakarta.

“Le contrôle des exportations et la position monopolistique dans les terres rares sont à la base de la stratégie de Pékin pour bâtir des entreprises de taille mondiale, créatrices d‘emplois”, a-t-il dit.

“Dans un sens, Pékin prend exemple pour ses grandes entreprises nationales sur des groupes comme Hitachi, qui après avoir été dans le secteur minier, s‘est transformé en un géant de l’électronique et des infrastructures.”

Marc Joanny pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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